Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
À la tribune du Forum diplomatique d’Antalya 2026, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a livré une intervention dense et structurée, au croisement des enjeux…
Nation
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
DIMANCHE 16 FEVRIER 1991-DIMANCHE 16 FEVRIER 2025 : Les martyrs de la démocratie oubliés, aucune manifestation en leur mémoire
Hier dimanche 16 février a coïncidé avec le 35ème anniversaire des martyrs de la démocratie. Contre toute attente, aucune manifestation n'a été organisée pour commémorer ce triste et grand événement qui, qu'on le veuille ou pas, a marqué d'une pierre indélébile l'histoire politique de la République démocratique du Congo.
Ce dimanche-là, de toutes les paroisses catholiques de l'archidiocèse de Kinshasa, des millions de chrétiens avaient envahi les rues et avenues de la capitale, croix, bibles et rameaux en mains. Leur revendication était la reprise de la Conférence nationale souveraine (CNS) ,dont les travaux venaient d'être suspendus quelques mois auparavant par le gouvernement du MPR, parti-État.
À cette occasion, le Premier ministre feu Nguz Karl-I-Bond et son ministre de la Défense Honoré Ngbanda ont déployé toute une armada pour réprimer les chrétiens, qui n'avaient même pas une arme blanche à la main. Le bilan de victimes de cette barbarie n'a jamais été connu. Toutefois, l'on sait que plusieurs manifestants avaient perdu la vie et d'autres avaient subi des préjudices ayant laissé des cicatrices indélébiles sur leurs corps.
A la suite de cette manifestation de protestation de grande envergure jamais connue auparavant au pays, le dictateur Mobutu s'était vu contraint de rouvrir les travaux de ce forum historique qui avait réuni près de 1800 participants venus de toutes les couches sociales et de toutes les provinces du pays.
La poursuite des assises a permis l'élection d'Étienne Tshisekedi aux fonctions de Premier ministre. Porté par l'Union sacrée de l'opposition radicale et alliés (Usor et alliés), celui-ci avait battu à plate couture le candidat de la mouvance présidentielle mobutiste, Thomas Kanza.
Une indifférence incompréhensible
Tous ceux qui avaient combattu la dictature de la IIème République sont sidérés de l'indifférence totale constatée hier à Kinshasa. Pourtant l'occasion était propice pour commémorer le massacre des chrétiens en ce moment où plusieurs Congolais connaissent les affres de la guerre nous imposée par Kagame et ses supplétifs du M23, dans l'Est du pays.
Étant donné la dernière mesure du gouverneur de la ville, Daniel Bumba, interdisant les manifestations publiques dans la capitale, les offices religieux auraient dû être organisés pour prier en mémoire des victimes du 16 février 1991. Malheureusement, rien de tel n'a été fait. La mémoire de ces compatriotes, tombés pour la cause nationale, n'a pas été honorée au grand dam des défenseurs de la démocratie et des membres de leurs familles.
Cette situation ne peut pas se justifier par les messages de certains inciviques qui ont appelé à l'attaque de certaines églises catholiques et protestantes pour protester contre l'initiative de paix de la Cenco-ECC . Face à ces menaces, le gouvernement national ainsi que l'Hôtel de ville ont assuré la population sur les mesures prises pour sécuriser les paroisses. Aucun incident n'a été enregistré hier sur toute la ville. Si les prières avaient été organisées en mémoire de la journée du 16 février, les choses se seraient déroulées normalement.
En tout état de cause, les Congolais ne peuvent pas ranger dans les oubliettes le souvenir de ces martyrs. De même que la date du 4 janvier 1959 a été immortalisée, de même celle du 16 février 1991 devrait l'être. Il en sera également de la date où la RDC vaincra le M23-RDF. Ce jour-là sera inscrit dans la mémoire collective messe plus de 30 ans d'insécurité où des millions de victimes innocentes ont péri à cause de la barbarie d'un voisin sanguinaire.
Par ailleurs, il sied de féliciter les autorités qui ont vivement condamné les inciviques qui ont appelé à la violence contre les chrétiens catholiques qui se sont rendus hier à la messe. Hier, tout comme aujourd'hui et demain, la RDC a grandement besoin de l'union de ses fils et filles, toutes tendances religieuses et politiques confondues. L'heure n'est pas à la division mais à la cohésion nationale. Un royaume divisé à l'intérieur va à sa destruction, dit une sentence. Il faut que les ennemis de la RDC sentent que les citoyens de ce pays sont habités par un attachement sans nom à leur patrie. Ainsi seront-ils découragés dans leur aventure de balkanisation.
Muke MUKE