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Délabrement du tronçon Cité Verte-Gare de Kimwenza : Le sanctuaire des Bonobo bientôt inaccessible
Dans quelques jours, si aucune intervention urgente n’est faite pour réhabiliter le tronçon routier qui va de la Cité Verte à la station de pompage de la Regideso de Lukaya et au sanctuaire des Bonobo, dans la commune de Mont Ngafula, aucun véhicule ne pourra atteindre ces trois sites. Cette route est d’une importance capitale tant elle facilite l’ évacuation des produits agricoles venant de la province du Kongo Central et des maraîchers qui cultivent dans le périmètre des sites susmentionnés. Sur le prolongement de cette route, il y a également un célèbre lieu touristique du nom de lac de Ma Vallée.
Malgré l’importance de cette voie routière, comme nous venons de le démontrer, son délabrement progressif ne préoccupe nullement les autorités locales et urbaines. Aujourd’hui, nous sommes arrivés au point où le tronçon est devenu presqu’impraticable. Le délabrement avait commencé par un petit trou au niveau de l’entrée de la paroisse Ste Rita où les caniveaux de deux côtés de la route sont totalement bouchés. À la moindre pluie, les eaux se déversent sur la chaussée et l’eau étant la pire ennemie de macadam, celui-ci a commencé à s’éroder peu à peu jusqu’au désastre actuel. Plus loin sur la même voie, avant le célèbre bar Petit Panier, la route est pratiquement coupée à deux. Si les taxis et taxi bus osent franchir ce qui ressemble au Rubicon, c’est tout simplement par humanisme, car ils détruisent les amortisseurs de leurs véhicules.
Ce qui paraît incompréhensible dans cette situation est le fait que le Bourgmestre de la Commune de Mont Ngafula vit dans le quartier et traverse chaque jour le « lac » qui s’est formé à l’entrée de la paroisse Ste Rita, un endroit que ni les motos ni les véhicules de type kètche ne peuvent franchir. La question que d’aucuns dans le coin ne cessent de se poser est celle de savoir si le patron de la commune fait un plaidoyer auprès de sa hiérarchie pour la réhabilitation de cet important tronçon.
En outre, il sied d’indiquer que cette route facilite la jonction entre la Cité Verte et la rotarde qui se construit actuellement de Mitendi à Ndjili Brasserie. Si cette route est bien entretenue, les automobilistes en provenance de Matadi Kibala, de la Cité Maman Mobutu et de la Cité Verte, en partance vers la Tshangu, peuvent bien éviter le bourbier du rond-point Ngaba et atteindre leur destination sans beaucoup de sacrifices.
Par ailleurs, les riverains de cette voie ne cessent de s’interroger sur l’autorité ou la structure habilitée à exécuter les travaux de sa réhabilitation. La route est en pleine commune de Mont Ngafula, bien que située dans sa partie péri urbaine, revêtant ainsi le statut de route de desserte agricole. Est-ce à la municipalité, à l’ Hôtel de ville ou au ministère national des Infrastructures qu’incombe la responsabilité de remettre ce tronçon routier à son état normal ? La question vaut son pesant d’or étant donné que si les responsabilités ne sont pas clairement définies, l’imbroglio va s’installer et la route risque de disparaître au grand dam de la Regideso, des exploitants de trois sites touristiques et surtout des populations environnantes.
Cette malheureuse situation met à nu l’absence de l’autorité de l’Etat à tous les niveaux du pouvoir dans notre pays. Dans le cas d’espèce, il est établi que les vendeurs qui exercent leur petit commerce le long de cette route, sont à la base de bouchage des caniveaux qui longent cette voie. En y jetant leurs ordures et autres détritus, ils provoquent les conséquences que la population déplore. Pourtant, à plusieurs reprises, l’autorité urbaine a interdit l’occupation de la voie publique pour la vente des divers produits. Faute de suivi, cette mesure n’a jamais été exécutée. Les inciviques n’ont jamais été sanctionnés. Le spectacle donne l’impression que nous nous trouvons dans une jungle. Il n’est donc pas étonnant que nous vivions pareille bouillabaisse.
Concernant l’état actuel de cette route, le moment est venu d’entamer les travaux avec la formule de Haute intensité de la main-d’œuvre (HIMO) pour éviter le pire. En matière de routes, Kinshasa ne mérite pas d’être appelé ville. À moins que Daniel Bumba, le gouverneur, mette en exécution sa devise Kinshasa ezo bonga (Kinshasa va se métamorphoser). Mais cette transformation tarde à voir le jour.
Muke MUKE