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DE RETOUR A KINSHASA : La CTM restitue sa participation au 20ème Festival International de théâtre et de marionnettes de Ryazan en Russie
Les artistes congolais de la Compagnie Théâtre de Marconte (CTM) ont restitué, hier jeudi 25 septembre, à la Ndaku ya la vie est belle, les acquis de leur participation au 20? Festival international de théâtre et de marionnettes de Ryazan, en Russie. Cette rencontre, marquée par un hommage à l'artiste Charlie Bakoma, disparu récemment, a mis en lumière la marionnette comme symbole d'identité culturelle et levier de coopération internationale.
Pour Sunda Masampu Ngonde alias S. Konde, responsable de la CTM et nouvellement élu délégué de l'Afrique centrale et conseiller international de l'Unima (Union internationale de la marionnette), les arts de la marionnette sont porteurs de sens et de mémoire.
" La marionnette, c'est l'identité d'un pays, chaque peuple a la sienne. Nos ancêtres s'en servaient pour garder l'image des disparus et implorer leur grâce. Malheureusement, certaines pratiques culturelles ont été diabolisées par les Eglises de réveil ", a-t-il expliqué.
Rappelant l'héritage des années 1980 avec la compagnie Themaz et ses personnages populaires comme Maître Tshamala et Madame Malbine, l'artiste a insisté sur la nécessité de réhabiliter et valoriser cet art.
L'ECHANGE ET LA COOPERATION
La participation au projet international "Mille Étoiles" et aux représentations de Petit Chaperon rouge a offert à la CTM l'occasion de renforcer la visibilité du théâtre congolais et de tisser des partenariats durables.
" S'adapter n'était pas facile, puisqu'ils s'exprimaient en russe et en anglais, alors que nous, c'était en français et lingala ", a confié l'artiste Chardy Masanuna, compagnon de scène de S. Konde.
Un accord de coopération culturelle a également été signé entre l'Unima RDC et l'Unima Russie, ainsi qu'entre la CTM et le Centre du Théâtre et des Marionnettes de Ryazan.
" Ce ne sont pas des accords politiques, mais culturels, et ils ne sont pas cachés ", a précisé S. Konde.
Le metteur en scène et scénographe Don Diegue Makaka, du haut de ses 42 ans de carrière, a mis l'accent sur l'importance du renouvellement : " Je n'ai pas l'habitude de beaucoup parler, je préfère que le travail parle à ma place. Mon combat reste le développement du conte-marionnette, encore trop absent de la scène congolaise".
" CESSONS DE NEGLIGER NOTRE CULTURE "
La CTM a annoncé la présentation du spectacle "Kuakudila Kua Mukulakaja" (L'hospitalité du vieillard), le vendredi 26 septembre, au Centre Culturel Mikanda de Nd'jili. Cette pièce, déjà primée à Ryazan, illustre la volonté des artistes de conjuguer tradition et innovation dans la création.
Les artistes ont enfin plaidé pour une meilleure reconnaissance institutionnelle de la marionnette en RDC, suggérant notamment la création d'une Cité des Marionnettes.
" La culture est notre mère nourricière. Nous devons cesser de négliger la nôtre pour valoriser celle des étrangers ", a conclu S. Konde, appelant à faire de la culture un pilier du développement national.
Tricya MUSANSI