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DANS UNE INTERVIEW A RFI ET FRANCE 24, Fatshi est formel: » Ils ne prendront pas Goma, parce qu’il y aura une réplique de notre part. «
A quelques jours du go de la campagne électorale, le président Félix Tshisekedi a accordé une interview à RFI et France 24 hier jeudi 16 novembre courant. Bien des sujets d’actualité brûlante ont été abordés. Il s’agit notamment du processus électoral, de la guerre dans l’Est du pays, le dossier du journaliste Stanis Bujakera…
Félix Tshisekedi a été très clair quant à la position de Kinshasa face au Rwanda. Il affirme n’exclure aucun scenario, y compris donc de la guerre directe contre Kagame qui est le problème principal dans cette situation déplorable. Quant à la menace qui pèse sur Goma face à la reprise des combats entre les FARDC et la coalition M23/RDF, le Commandant suprême a usé d’un ton tout menaçant : » Ils ne prendront pas Goma, retenez-le. Ils ne prendront pas Goma. Parce qu’il y aura une réplique de notre part » Lire l’intégralité de l’interview ci-dessous. Kléber KUNGU
Monsieur le Président, les élections sont bientôt. Elles sont prévues le 20 décembre. On a entendu beaucoup de rumeurs sur un possible glissement est-ce que ce scrutin se tiendra bien le 20 décembre en temps et en heure ça c’est la première question. Et deuxièmement est-ce que le financement est là ? On a entendu le président de la Commission électorale dire qu’il manquait 3 millions de dollars.
Oui bon, je crois que c’est plutôt à lui qu’il faut poser la question ; mais à ce stade, nous le gouvernement, nous nous n’avons encore reçu aucune indication selon laquelle il n’y aurait pas de d’élection. Donc, tout porte à croire que ça va se passer le 20 et j’en veux pour preuve encore sa dernière déclaration lorsque tous les candidats ont répondu à l’invitation de de la Céni pour signer le code de bonne conduite et avoir à faire les derniers réglages. On va dire pour ces élections donc jusque- là il y a pas de de problème. Maintenant ce qui reste à faire évidemment les 300 millions il faut pas penser qu’ils viendront du coup. Donc c’est étalé jusque à la période électorale et en ce moment ce que je sais c’est que le gouvernement est attelé à des discussions en tout cas avec la Ceni pour trouver les voies et moyens d’y parvenir mais il y a pas d’inquiétude de ce côté-là nous trouvons la solution alors la campagne pour ces élections présidentielle et législatives ; ben elle débute ce dimanche matin.
Oui on sait qu’il y a de nombreuses interrogations monsieur le Président sur la fiabilité du fichier électoral. L’opposition dit qu’il pourrait y avoir plusieurs millions d’électeurs fictifs. Est-ce que le scrutin pourra se dérouler sereinement. On sait notamment qu’il n’y a pas eu d’audit indépendant de ce fichier
Dans quel but inventerait-on des électeurs fictifs ? Dans quel but je ne comprends pas très très bien quelle est la revendication de l’opposition. Pour moi c’est un débat d’opposants. Des gens qui ne sont sûrement pas prêts à aller aux élections parce qu’à plusieurs reprises ils ont demandé le report de ces élections ils ont demandé un dialogue, alors qu’il n’y a pas de crise politique que je sache dans le pays et je ne comprends pas très bien quelle est la revendication dans ce sens de l’opposition. Et en plus, la Ceni a fait organiser un audit du fichier avec des personnalités venues de tout de tout bord ; des personnalités crédibles dont la réputation n’est pas à remettre mettre en cause, la probité n’est pas à remettre en cause.
Il y a la question des électeurs de l’Est et notamment du Nord Kivu. Le 20 octobre en Conseil des ministres, vous avez appelé le gouvernement et la Ceni à tout mettre en œuvre pour que tous les Congolais puissent voter compte tenu de ce que vous avez appelé la libération progressive des territoires de Masisi et de Rutshuru au Nord Kivu mais depuis les rebelles du M23 ont repris du terrain. Est-ce que cela veut dire que le vote ne pourra pas se tenir dans ces deux territoires ?
Malheureusement pour Rutshuru et pour le Masisi, je ne crois pas que ça pourra se faire, mais qu’à cela ne tienne, nous allons continuer nos efforts pour libérer ces localités, ramener nos compatriotes dans leurs localités d’origine et imposer cette paix, mais en même temps il y a le processus électoral qu’il faut continuer et amener à terme.
26 candidats pour la présidentielle sur la ligne de départ on verra combien seront à l’arrivée alors que c’est une élection à un tour donc est-ce que la dispersion des candidatures de l’opposition fait de vous le favori logique de ce scrutin ?
Je reste serein, modeste. Moi, c’est ce qui se passe à l’opposition n’est pas mon problème. Nous vivons dans un pays où il y a une vitalité démocratique certaine et tant mieux j’allais dire pour la démocratie. Ceux qu’ils font dans l’opposition, c’est leur problème…
Mais vous vous sentez favori, bien sûr ?
Oui, sinon je n’aurais pas demandé à rempiler. Je crois que j’ai fait du bon travail. C’est vrai que beaucoup de choses restent encore à faire, mais le Congo revient de loin, ça, il faut le reconnaître. Tous ceux qui viennent aujourd’hui après 5 ans de ma présidence presque 5 ans me le disent très clairement, euh les choses ont vraiment évolué dans mon sens et même les paramètres en international le prouvent. Je fais ici allusion par exemple aux Agen de notification qui nous sont maintenant attribués la note de triple B par exemple. Donc c’est pour vous dire que les choses évoluent dans le bon sens. Elles ne demandent qu’à être consolidées…
Vous défendez votre bilan devant nous. Vous l’avez fait devant le Parlement, mais certains de vos opposants évidemment ne sont pas d’accord. Moïse Katumbi, par exemple. C’est le rôle de l’opposition, oui mais peut-être que les critiques peuvent être fondés par exemple Moïse Katumbi parle de coupures d’électricité incessantes, Martin Fayulu, Denis Mukwege dénonce la corruption des élites du pays.
Est-ce que c’est de la pure opposition ou est-ce que malgré tout oui il y a des coupures d’électricité oui il y a de la corruption mais les coupures d’électricité, c’est pas nouveau. Ce que nous ne nous faisons, c’est d’essayer de juguler justement ces coupures intempestives et nous le faisons en renforçant les capacités du barrage d’Inga, de Zongo II. Je viens d’ailleurs d’inaugurer une centrale électrique là maintenant qui va desservir une une dizaine de communes dans Kinshasa et ça fait des millions de consommateurs qui vont pouvoir être des clients qui vont pouvoir être accordés maintenant au réseau électrique. Donc nous nous essayons de juguler cela. lorsque moi je suis arrivé à la tête de ce pays, il y n’a avait que 9 % des ménages, on va dire de la population qui avait accès à l’électricité. Aujourd’hui, nous tournons autour de 20 % et l’objectif, c’est d’aller encore beaucoup plus loin. Donc eux ils peuvent parler d’accord, Moïse Katumbi, non. Il a été gouverneur de la province du Katanga à l’époque. Elle n’était pas encore divisée en quatre morceaux mais qu’est-ce qu’il en a fait ? Je parlais d’ailleurs récemment de l’aéroport international de Goma qui est en train d’être construit qui est déjà d’ailleurs terminé à Kolwezi. Il a été gouverneur pendant 9 ans. Il n’a même pas pensé à construire un aéroport international dans la capitale mondiale du cobalt. Aujourd’hui des gens des investisseurs pourront venir de partout sans devoir passer par Lubumbashi et chercher des petits cercueils volants pour arriver à Kolwezi ils vont venir directement avec leur jet privé ou leur avion régulier directement sur Kowezi. J’ai des tas d’exemples comme ça qui peuvent démontrer que je n’ai aucune leçon à recevoir de Moïse Katumbi alors.
Il y a une affaire qui défraie la chronique, c’est celle du correspondant Jeune Afrique, Stanis Bujakera. Il est détenu depuis 2 mois en prison. Il est accusé de diffusion de fausses informations. Il risque 10 ans de prison, alors il est accusé d’être à l’origine d’un rapport interne de l’ANR, donc les services secrets, mettant en cause les renseignements militaires dans le meurtre au mois de juillet de Chérubin Okende qui est un proche de Moïse Katumbi. Le journaliste l’association Reporters sans frontières nie toute manipulation. Monsieur le Président, pourquoi tant d’acharnement contre un simple journaliste.
Je ne suis ni à l’origine de son arrestation ni tirer les ficelles pour qu’on enfonce Stanis Bujakera. Je ne peux pas intervenir, je n’interviendrai que peut-être plus tard s’il est condamné ou quoi pour une amnistie grâce ou que sais-je, mais à ce stade, je n’ai rien à dire. Je suis le premier à être peiné par ce qui lui arrive mais j’ai en même temps aussi besoin de savoir ce qui s’est passé parce que je sais qu’en ce qui concerne Chérubin, le malheureux Chérubin Okende ni mon régime ni un de mes proches, qui qu’il soit, n’est de près ni de loin, lié. Je n’avais aucun intérêt à donner la mort à ce compatriote parce que d’abord, remarquez, il était le porte-parole d’Ensemble, mais il n’a jamais pris la parole il ne gênait en rien le régime et quand bien même il y en a qui gênent plus que ça qui profèrent des injures des menaces. Qu’est-ce qui leur arrive et pourquoi on s’en prendrait à Chérubin le pauvre ? Pourquoi chercherais-je à lui ôter la vie ? Ca n’a pas de sens. Donc pour moi, c’était aussi une curiosité. Je voulais aussi savoir pourquoi on a voulu faussement attribuer au service de renseignement la responsabilité de la mort de Cherubin. Donc, ça ve dire ce journaliste est responsable. Ca veut dire le journaliste, on peut l’avoir manipulé en lui faisant croire que c’est une information de première main et ensuite on désoriente les enquêteurs. C’est peut-être ça. C’était peut-être ça le but alors.
Il y a un mois, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutierrez, son envoyé spécial dans la Région ont parlé devant le Conseil de sécurité des Nations Unies et ils disent craindre une guerre directe entre le Rwanda et la RDC …
Oui mais à cause de qui ? Les craintes sont là d’accord d’une guerre directe, à qui la faute ? Donc nous, nous sommes en guerre. mais moi je n’exclus aucun scénario. Nous sommes les victimes donc on n’a pas regardé dans notre direction. Il faut regarder dans la direction de ceux qui sont coupables de cette agression, de cette situation. Mains nous disons après avoir appelé plusieurs fois la communauté internationale à intervenir par des sanctions contre le Rwanda, si celle-là tarde à venir, nous allons nous protéger nous-mêmes ; nous allons utiliser nos propres moyens pour nous défendre, défendre nos populations, y compris les armes.
A votre avis, comment est-ce qu’on pourrait faire autrement que par les armes ? Combien de soldats rwandais d’après vos informations sont sur le sol congolais ?
Des milliers. Ouais, ils sont là par milliers.
Oui, est-ce que Paul Kagamé pour vous est le véritable chef du M23 ?
Bien sûr. D’abord le M23, c’est une coquille vide. Ce sont les RDF qui se battent. Nous en avons les preuves parce qu’aujourd’hui avec les armes que nous avons, la technologie que nous avons, nous les voyons, nous avons des images je ne parle pas en l’air. Je parle sur base de faits avérés. Les images sont là et de leurs cadavres et même lorsqu’ils s’amoncellent pour porter leurs attaques, nous avons tout. Ce n’est pas que nous. L’Onu, les Nations unies, ils ont aussi les mêmes images. N’oubliez pas que la mission de la Monusco est encore à l’estdu pays,
A Goma, début octobre, des milices patriotiques congolaises les fameux Wazalendo soutenus par votre armée ont reconquis une partie de Msisi, notamment autour de Kitchanga, mais depuis, le M23 a repris le terrain perdu. Il menace à nouveau les localités, les villes de Sake et bien sûr de Goma. C’est donc un échec ?

Ils ne prendront pas Goma, retenez-le. Ils ne prendront pas Goma…
Pourquoi ?
Mais parce qu’il y aura une réplique de notre part. Il ne reprend pas quand même. Il y a eu un échec ? Non. Oui, mais des Wazalendo, c’est normal. Les Wazalendo,. ce sont des patriotes, des civils au départ, des gens qui ont décidé de défendre corps et âme les intérêts de leur communauté parce qu’en leur temps il n’avaient pas confiance en l’armée. Ils ne pensaient pas que l’armée était capable de les protéger, donc ils ont pris leur courage à deux mains et se sont engagés dans ce combat c’est même héroïque là où les FARDC peuvent les soutenir s’ils sont dans leur giron, l’ordre est donné pour que celles-ci les soutiennent, mais je ne m’en cache pas parce que ce n’est pas un crime qu’ils commettent ; ils défendent leur patrie et avec raison et courage, mais ce sont des héros, pas des criminels comme le M23 et les RDF du Rwanda.
Alors, pour tenter de retourner la situation en votre faveur, vous avez aussi eu recours à des compagnies de sécurité occidentale, une Française Agemira, une Roumaine, Congo Protection. On n’est pas sûr bien sûr ; c’est pour renforcer les capacités ?
Ce sont des experts. Attention, ce sont des experts qui sont eux-mêmes soit qui ont eux-mêmes de carrière de forces spéciales de commande, etc. et dont la mission est de renforcer les capacités des forces de défense en situation réelle sur le terrain en se battant bien sûr. Mais ils doivent être combien à nos côtés. Donc ils sont combien monsieur, 900 par -là, un bon millier peut-être. Alors, quand il y a des sociétés de sécurité étrangères ou que ce soit qui viennent qui se battent, sont nombreuses, on appelle ça des mercenaires. Quand vous appelez se battre, qu’est-ce que vous appelez se battre, parce que quand je vous dis qu’ils sont en situation réelle, ils sont sur le terrain, ils coachent. Est-ce qu’un coach de football joue avec son équipe et pourtant il est sur le terrain il voit ses joueurs jouer. Il est là, les joueurs sont là en train de jouer et lui coach. Ce sont des coaches, voilà ; pas des mercenaires, non ce ne sont pas des mercenaires.
Vous avez aussi remis en état de marche une flotte d’avions et d’hélicoptères, d’avions de chasse et d’hélicoptères armés, bien sûr vous attendez trois drones chinois. Est-ce que vous comptez sur ces nouveaux moyens, ces renforts pour être bien renseigné, peut-être obtenir une victoire de prestige avant le rendez-vous électoral du 20 décembre ?
D’abord nous ne les attendons pas, ils sont déjà là, les drones ils sont là depuis quelques temps des drones d’attaque bien sûr, mais qu’est-ce qu’il y a de mal là.
Est-ce que vous comptez sur ces nouveaux moyens pour avoir une victoire militaire de prestige avant le 20 décembre ?
Je crois que je vous ai dit non. Je ne joue pas avec ça, moi je ne fais pas de politique politicienne, pas du tout. Moi je défends les intérêts de mon pays et de mon peuple et je les défends avant, pendant ou après les élections. Je vous ai dit que pour Rutshuru, pour le Masisi, c’était mort pour les élections. En ce moment, je l’avale avec difficulté, mais je l’avale, mais cela ne va pas nous pousser à baisser les bras. Donc l’urgence s’impose, nos populations sont dans des conditions Inacceptables, il faut les ramener chez elles et donc même pendant le processus électoral, les efforts pour les ramener vont continuer. Vous voyez donc que ce n’est pas lié du tout à un résultat quelconque qu’il faudrait avoir avant le 20 décembre.
Monsieur le Président, merci de nous avoir reçus à Kinshasa.