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CRISE SECURITAIRE DANS L’EST : Une mission conjointe Cenco-ECC
* Recevant hier les deux délégations, leUne délégation conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) a été reçue hier lundi à Doha, par le ministre d’État au ministère des Affaires étrangères du Qatar, Dr Mohammed bin Abdulaziz bin Saleh Al-Khulaifi.
Personne n’attendait voir ces émissaires religieux fouler si rapidement le sol de Doha. Pourtant ! Invités du gouvernement qatari, ces hommes de l'Eglise étaient là, porteurs d’une mission aussi délicate qu’ambitieuse : donner une impulsion spirituelle et morale aux pourparlers de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Une rencontre soigneusement orchestrée,
A en croire une photo publiée sur les réseaux sociaux, cette rencontre, soigneusement orchestrée, s’est tenue à huis-clos dans une salle parée de dorures orientales. Face aux hommes de l'Eglise, Dr Mohammed bin Abdulaziz bin Saleh Al-Khulaifi, Ministre d’État au ministère des Affaires étrangères du Qatar avec la sobriété caractéristique des diplomates du Golfe.
Peu après cette rencontre, un communiqué de presse officiel est venu confirmer l’essentiel. Les discussions ont porté sur les voies diplomatiques pour apaiser le différend qui envenime depuis des années les relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
Initiatives de paix
Doha a réaffirmé le soutien ferme du Qatar aux initiatives visant à instaurer une paix durable en RDC. Il a rappelé la position constante de son pays en faveur du règlement des différends par la voie du dialogue, du respect des principes du droit international et des solutions pacifiques.
«Son Excellence a réaffirmé, lors de l’entretien, le soutien de l’État du Qatar aux efforts déployés par la République démocratique du Congo pour instaurer la paix, ainsi que la position constante du Qatar en faveur du règlement des conflits par le dialogue et les moyens pacifiques, dans le respect des principes du droit international, de manière à promouvoir la stabilité et à renforcer la paix et la sécurité internationales».
Pacte social
La présence de la CENCO et de l’ECC à Doha n’est pas anodine. À travers leur projet «Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble», ces deux confessions religieuses entendent peser sur les dynamiques régionales en apportant une voie différente, celle du dialogue communautaire et de la réconciliation sociale, loin des logiques purement politiques et militaires.
Une source proche de la délégation religieuse a confié à ACTUALITE.CD que «leur présence vise aussi à mobiliser la Communauté internationale autour d’une approche inclusive de paix, qui tienne compte de la voix des peuples, pas seulement des gouvernements ou des groupes armés».
Trois jours après la signature de l'accord des principes
Le déplacement de la mission conjointe Cenco-ECC pour Doha intervient trois jours seulement après signature d’une «déclaration de principes» entre Kigali et Kinshasa sous le regard vigilant du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Cette démarche diplomatique est censée ouvrir la voie à un accord de paix durable.
On rappelle que Kinshasa et Kigali ont signé, le vendredi 25 avril, une "Déclaration de principes" visant à jeter les bases d'un accord de paix et de coopération économique. Paraphé sous l'égide des Etats-Unis, ce texte engage les deux pays à respecter leurs souverainetés mutuelles, à sécuriser les chaînes d'approvisionnement en minerais stratégique et à faciliter le retour des populations déplacées. Reste à savoir si cet engagement suffira finalement, à apaiser les craintes dans une région minée par plusieurs décennies de conflits. Trêve de pessimisme!
S'agissant de la démarche de la Cenco-Ecc, il y a donc lieu de relever qu'elle est diversement jugée au sein de la classe politique congolaise.
Du côté du pouvoir, l’initiative est accueillie avec froideur. L’administration Félix Tshisekedi, tout en affirmant son attachement à la paix, estime que les confessions religieuses n’ont pas vocation à s’immiscer dans les affaires de haute diplomatie, préférant s’en remettre aux processus régionaux et internationaux déjà engagés.
Cependant, l’opposition et plusieurs organisations internationales, voient cette initiative d’un bon œil, la considérant comme une tentative courageuse de sortie royale de crise, d’une impasse militarisée et d’injecter une dose d’humanité dans un processus souvent pris en otage par des intérêts politiques et géostratégiques.
Alors que les discussions entre les délégués gouvernementaux et ceux de l’AFC/M23 continuent à Doha, la voix de la CENCO et de l’ECC se veut un rappel aux principes fondamentaux de justice, de respect de la vie humaine et de coexistence pacifique.
Pour l’heure rien n’est joué. Mais une chose est sûre dans ce conflit qui ronge la région des Grands Lacs, même les voix silencieuses peuvent désormais peser lourd.
Christian-Timothée MAMPUYA
ministère des Affaires étrangères qatari réaffirme son soutien aux efforts de paix en RDC.