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Crise dans l’Est : les États-Unis appellent Kigali à retirer ses systèmes de missiles sol-air et ses militaires de la RDC
Les États-Unis ’ont de nouveau dénoncé l’appui militaire du Rwanda au M23, un mouvement rebelle opérant dans l’est de la RDC. Dans une déclaration du 17 février, Washington a condamné les récentes incursions du M23 dans la localité de Sake dans le territoire de Masisi dans la province du Nord-Kivu.
Selon un communiqué consulté par le journal Forum des As, Washington affirme que les récentes incursions du M23, qui est sous sanctions de l’ONU, dans la ville de Sake ont accru les risques pour des millions de personnes déjà exposées à des violations des droits de l’homme, notamment des déplacements forcés, des privations et des attaques.
«Cette escalade a accru le risque pour des millions de personnes déjà exposées à des violations des droits humains, notamment au déplacement, aux privations et aux attaques. Nous appelons le M23 à cesser immédiatement les hostilités et à se retirer de ses positions actuelles autour de Sake et Goma, conformément aux processus de Luanda et de Nairobi», déplorent les USA.
LES USA EXHORTENT LE RWANDA À RETIRER SES TROUPES ET ARMEMENTS
Les USA ordonnent au Rwanda de retirer immédiatement tous ses militaires présents en sol congolais. Ils demandent également le retrait des systèmes de missiles sol-air rwandais, qui menaceraient l’ONU, les forces de maintien de la paix et les vols commerciaux dans l’Est de la RDC.
Selon les États-Unis, ces missiles représentent une menace pour la vie des civils, les forces de l’ONU, les troupes régionales de la SADC, les acteurs humanitaires et les vols commerciaux dans l’est de la RDC.
«Les États-Unis condamnent le soutien du Rwanda au groupe armé M23 et appellent le Rwanda à retirer immédiatement tout le personnel des Forces de défense rwandaises de la RDC et à retirer ses systèmes de missiles sol-air, qui menacent la vie des civils, des Nations Unies et des autres forces de maintien de la paix régionales, acteurs humanitaires et vols commerciaux dans l’est de la RDC», rapporte le document.
ACCUSATION CONCORDANTE AVEC UN RAPPORT CONFIDENTIEL DE L’ONU
Ces accusations sont étayées par un rapport confidentiel de l’ONU cité par l’AFP, qui fait état du tir d’un missile sol-air par des combattants du M23 opérant à bord d’un véhicule blindé rwandais contre un drone onusien. Les renseignements militaires français auraient confirmé la nationalité rwandaise de ce véhicule. La MONUSCO souligne par ailleurs la détention par le M23 d’armes antiaériennes sophistiquées dont ne disposent pas d’autres groupes armés locaux.
«De nombreux types d’armes ont été utilisés par les M23 et l’armée rwandaise contre des appareils volants et qu’ils sont également en possession de canons antiaériens et de systèmes portatifs de défense aérienne de type Manpads. Les nouveaux moyens antiaériens utilisés par le M23 et l’armée rwandaise constituent une menace à haut risque pour tous les aéronefs du gouvernement de la RDC et de la Monusco dans la région», rapporte la même source.
Ces nouvelles révélations renforcent les soupçons quant au soutien militaire apporté par le Rwanda au M23, qui lui permettrait de constituer une force de combat moderne, selon les propres termes du Secrétaire général de l’ONU en septembre 2022. Les États-Unis exigent la fin immédiate de cette ingérence rwandaise qui alimente le conflit dans l’Est de la RDC.
«La vérité, c’est que le M23 aujourd’hui est une armée moderne, avec des équipements lourds qui sont plus perfectionnés que les équipements de la Monusco», avait-il affirmé.
UNE ATTAQUE CONTRE l’AÉROPORT DE GOMA
Bien avant cela, les autorités militaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont accusé ce week-end l’armée rwandaise d’avoir mené une attaque à la bombe contre l’aéroport international de Goma situé dans le Nord-Kivu.
Selon le lieutenant-colonel Ndjike Kaiko Guillaume, porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, deux bombes ont été larguées aux environs de 2 heures du matin dans la nuit de vendredi à samedi depuis des drones décollant du Rwanda. Leur cible était des avions militaires congolais stationnés à l’aéroport, mais ils ont finalement endommagé des appareils civils.
Les autorités congolaises affirment que ces frappes sont une réponse de Kigali aux récents bombardements menés par l’aviation congolaise contre les positions du mouvement rebelle M23 dans la région du Masisi. Ce groupe armé est considéré par Kinshasa comme une extension de l’armée rwandaise sur le sol congolais.
Ces accusations raviveraient les tensions entre les deux pays, alors que la RDC et une partie de la communauté internationale accusent le Rwanda de soutenir activement le M23 qui contrôle de facto certaines zones de l’est de la RDC. Kigali a toujours démenti toute implication.
Cette attaque contre l’un des principaux aéroports du pays risque de dégrader davantage la situation sécuritaire volatile dans l’est de la RDC, où des groupes armés se disputent le contrôle des ressources naturelles depuis plus de 25 ans. Christian-Timothée MAMPUYA