Dernière minute
Société
« Avant okangisa nga ennemi, kobosana te; que nasala 9 mois na libumu nasolola na mutu te ! ». La traduction en français de cette phrase en lingala est : « Avant de faire de moi ton ennemi, n'oublie pas que j'ai passé 9 mois dans le ventre sans parler à personne ! » Pour plus de précisions, nous…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
La nouvelle immatriculation congolaise, présentée comme un outil de modernisation et de sécurisation des recettes, concentre désormais deux interrogations majeures : son coût pour l'usager et le…
Étranger
L'année 2026 marque le 50e anniversaire du décès du Premier ministre Zhou Enlai. En tant qu'éminent homme d'État et diplomate de la Chine nouvelle, le Premier ministre Zhou a accordé à l'Afrique…
Nation
* Le deuil commande le silence. L'enquête, elle, commande la vérité.
Alors que l'enquête se poursuit pour établir les circonstances et les causes du crash aérien qui a endeuillé la…
Crash de Kenge : l'éclairage de l'ancien ministre des TP, Kimbembe Mazunga
* Le deuil commande le silence. L'enquête, elle, commande la vérité.
Alors que l'enquête se poursuit pour établir les circonstances et les causes du crash aérien qui a endeuillé la République, l'ancien ministre des Travaux publics Kimbembe Mazunga revient sur l'histoire de la piste de Kenge. Son témoignage, publié dans Le Phare, décrit une infrastructure dont l'évolution et l'emprise ont profondément changé au fil des années. Sans préjuger des conclusions des enquêteurs, il soulève la question plus large de la préservation des infrastructures aéronautiques publiques.
Le drame de Kenge continue de hanter les esprits. Vendredi 25 septembre, un appareil de Tracep Congo Aviation, de retour d'une mission à Kikwit, s'est écrasé dans la province du Kwango.
Le lieutenant-général Joseph Mutombo, premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Lucien-René Likulia, Auditeur général des FARDC, ainsi que plusieurs membres de leur délégation ont péri dans l'accident.
Au lendemain de cette tragédie nationale, les regards restent tournés vers les enquêteurs. Ils devront déterminer, sur la base des éléments techniques et factuels disponibles, ce qui s'est réellement passé avant le crash.
Dans ce contexte, le témoignage de Kimbembe Mazunga, ancien ministre des Travaux publics, apporte un éclairage particulier sur l'histoire de l'aérodrome de Kenge.
UNE PISTE DE 900 MÈTRES DE LONGUEUR
Kimbembe Mazunga raconte s'être rendu à Kenge en 2002, alors qu'il était membre du gouvernement, accompagné du professeur Théophile Mbemba.
À cette époque, explique-t-il, la mission portait notamment sur les travaux d'aménagement de l'aérodrome. La piste mesurait alors environ 900 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur.
L'ancien ministre se souvient d'une infrastructure appelée à jouer un rôle dans le développement de Kenge et, plus largement, dans l'essor de ce territoire.
Mais dès cette époque, des réserves existaient. Selon son récit, le pilote présent lors de la mission avait attiré l'attention sur la portance de la piste, estimant que toutes les garanties d'une bonne assise n'étaient pas encore réunies.
Kimbembe Mazunga affirme avoir ensuite suivi l'évolution du site. Après une visite effectuée en sa qualité de ministre des Travaux publics, des instructions auraient été données afin que les travaux soient poursuivis et que la piste soit correctement aménagée.
Quelques mois plus tard, lors d'un nouveau passage à Kenge, il dit avoir constaté une situation différente : une partie de l'ouvrage aurait été fortement dégradée, notamment sous l'effet de l'érosion.
Son témoignage rapporte également que l'emprise de l'aérodrome aurait progressivement été morcelée et transformée en parcelles destinées à l'habitation.
C'est cette transformation de l'espace initialement réservé à l'infrastructure qui constitue aujourd'hui l'un des principaux points soulevés par l'ancien ministre.
« LA PISTE AVAIT ÉTÉ MAINTENUE EN SERVICE »
Kimbembe Mazunga évoque par ailleurs des informations selon lesquelles la piste aurait continué à être utilisée, y compris dans certaines circonstances nocturnes.
Des appareils, notamment ceux de missionnaires, auraient ainsi continué à y atterrir. Faute d'équipements modernes, des équipes au sol auraient utilisé des feux rudimentaires pour baliser la piste et faciliter les opérations.
Mais l'ancien ministre rapporte que cette communication aurait ensuite été interrompue.
Il laisse ainsi apparaître une interrogation de fond sur le statut réel et les conditions d'utilisation de cette infrastructure au fil du temps.
PAS DE CONCLUSION AVANT LES ENQUÊTEURS
Le témoignage de Kimbembe Mazunga intervient toutefois dans un contexte où la plus grande prudence s'impose.
Rien, dans les éléments rapportés, ne permet à ce stade d'établir un lien de causalité entre l'état de l'aérodrome et le crash du 25 septembre. Seule l'enquête peut déterminer les circonstances exactes de l'accident, en examinant notamment l'appareil, les conditions de vol, les données techniques, les conditions météorologiques, les procédures suivies et l'ensemble des éléments recueillis sur le site.
Le gouvernement a d'ailleurs décrété trois jours de deuil national, avec mise en berne des drapeaux jusqu'à l'inhumation des victimes. Le certificat de transporteur aérien de Tracep Congo Aviation a également été suspendu, avec immobilisation de ses appareils pendant la durée des investigations, selon les éléments rapportés par Congo Profond.
KENGE, ENTRE DEUIL ET DEVOIR DE VÉRITÉ
Au-delà de l'émotion, le drame pose donc une question essentielle : celle de la capacité de l'État à préserver, entretenir et protéger dans la durée les infrastructures publiques stratégiques.
L'histoire racontée par Kimbembe Mazunga ne constitue pas une conclusion sur le crash. Elle remet simplement sur la table l'histoire d'une piste, son évolution et les transformations de son environnement.
À Kenge, la République pleure ses morts. Les enquêteurs, eux, doivent désormais établir les faits.
Le deuil commande le silence. L'enquête, elle, commande la vérité.
JA