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Course à la présidence à l'Assemblée nationale: Déo Bizibu recadre Crispin Mbindule
À la veille du scrutin pour la présidence de l'Assemblée nationale, le ton est monté d'un cran au sein de la majorité. L'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi) a tenu à réaffirmer sa ligne officielle, après la déclaration du député national Crispin Mbindule, qui a confirmé le maintien de sa candidature à ce poste stratégique.
Dans une mise au point sans détour, Déo Bizibu, secrétaire général adjoint de l'UDPS chargé des Questions politiques et administratives, a invité l'honorable Mbindule à se "raviser". Il a tenu à rappeler que le parti n'a jamais validé ni présenté sa candidature, que ce soit au niveau de l'Assemblée nationale ou au sein de la plateforme Union sacrée de la Nation.
"L'UDPS/Tshisekedi est signataire de la Charte de l'Union sacrée, et les décisions issues de cette plateforme engagent pleinement le parti", a martelé Bizibu, soulignant la discipline et la cohérence qui doivent caractériser les cadres de la formation présidentielle.
Le cadre du parti présidentiel a, par ailleurs, insisté sur le fait que la désignation de l'honorable Aimé Boji Sangara comme unique candidat de l'Union sacrée à la présidence de la Chambre basse émane directement de la Haute Autorité politique de référence, le Président Félix Antoine Tshisekedi, également Chef de l'État et président du parti.
"Cette décision ne saurait être contestée par un cadre ou un membre loyal du parti", a-t-il conclu, mettant ainsi un terme aux spéculations.
Cap sur le chef des pétitionnaires
L'intervention de Déo Bizibu a sonné comme un rappel à l'ordre, mais aussi comme un signal politique fort à l'endroit d'un député dont la posture étonne jusque dans les rangs de sa propre famille politique.
Connu pour avoir été le chef de file des pétitionnaires qui avaient réclamé le départ du président sortant Vital Kamerhe, Crispin Mbindule se retrouve aujourd'hui dans une position délicate, presque paradoxale au sein de la majorité qu'il disait défendre.
Ce député frondeur, souvent décrit comme un électron libre, semble s'enfoncer dans ce que certains observateurs qualifient déjà d'un "trou noir politique rempli d'épines", où son avenir institutionnel pourrait se jouer à contre-temps des équilibres internes.
En s'opposant à la ligne tracée par la direction de l'UDPS et la Haute Autorité de l'Union sacrée, Mbindule prend le risque d'un isolement politique dans un contexte où la discipline de coalition est perçue comme un gage de stabilité.
L'UNION SACREE RESSERRE LES RANGS
À la veille du vote, la sortie de Déo Bizibu apparaît comme une mise au point stratégique visant à préserver la cohésion et à éviter toute dispersion des voix au sein du bloc présidentiel.
Le choix d'Aimé Boji, réputé modéré et expérimenté, est perçu comme celui de la continuité institutionnelle et du consensus, valeurs chères au Chef de l'État.
L'épisode Mbindule, bien qu'anecdotique sur le plan arithmétique, traduit une réalité politique plus profonde: celle d'un parti au pouvoir qui veut maintenir une ligne claire, sans tolérer de dissidence ouverte au moment où les enjeux de gouvernance parlementaire exigent unité et discipline.
Entre loyauté et ambition personnelle, Crispin Mbindule se trouve désormais à la croisée des chemins. Le parti, lui, a déjà choisi sa route : celle de la cohérence, de la discipline et du respect de la hiérarchie.
Jérémie ASOKO