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COMME CELLE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE : La gratuité de la maternité a un coût !
Gratuité de l’enseignement hier, gratuité de la maternité et des soins des nouveau-nés aujourd’hui. Le président Félix Tshisekedi n’arrête de gratifier ses compatriotes de dons. Depuis début septembre, les foyers congolais, en tout cas ceux en capacité de procréer, peuvent se réjouir car ils peuvent bénéficier désormais de la gratuité de la maternité et des soins sanitaires pour les nouveau-nés. Donc, désormais les femmes pourront accoucher gratuitement et les nouveau-nés seront pris en charge par l’Etat pendant les 28 jours après leur naissance. Mais savons-nous que tout ce programme fort ambitieux a un coût ? Décryptage.
L’officialisation de la gratuité des accouchements dans le cadre de la mise en œuvre de la couverture santé universelle demeure à ce jour une première en République démocratique du Congo. Donc, à première vue, la gratuité de la maternité reste une très bonne mesure dans un pays où les soins de santé sont difficilement accessibles. Une mesure qui, du reste, a été saluée par la plupart des femmes. C’est un moment important dans la lutte contre la mortalité maternelle et la mortalité infantile. Mais cela a un coût.
Voilà qui nous pousse à nous poser quelques questions à même de nous aider à scruter cette gratuité dont vont bénéficier nos sœurs, nos femmes ou nos mamans lorsqu’elles vont donner la vie à un autre être.
UNE AVANCEE VERS LA COUVERTURE SANTE UNIVERSELLE
Gratuité de la maternité, vous avez dit. Donc, des accouchements gratuits signifiant une avancée vers une couverture santé universelle, une des priorités de Félix Tshisekedi.. -C’est pour quelle maternité dans nos hôpitaux publics où tout se monnaie et que, dans la plupart de ces lieux où nos mamans donnent naissance les accouchées insolvables sont prises en otages, comme des prisonnières ? Alors que le prix d’un accouchement varie entre 10 et 20 dollars pour une naissance sans complications et 150 dollars pour une césarienne.
Aujourd’hui que l’Etat vient de proclamer cette gratuité, il y a lieu de nous demander tout même les garanties qu’il donne à nos femmes. Est-ce à dire que désormais elles ne débourseront plus un seul rond pour donner la vie à autrui ? Accoucher est loin d’être le seul et simple acte d’aller à la maternité et accoucher. Il y a plus que cet acte. Avant, il y a aussi et plus important que cela, les consultations prénatales (CPN) dont l’importance pour le reste du processus n’est plus à démontrer. Car, il suffit de les négliger pour que l’accouchement devienne problématique voire soit compromis.
En outre, il faut également prendre en compte les consultations postnatales. Qu’il s’agisse des unes ou des autres, il n’y a rien qui ne se fait gratis. Au finish, il y a un coût que quelqu’un doit payer.
QU’EST-CE QUI EST GRATUIT ?
Il y a lieu donc que le Gouvernement qui vient de prendre une mesure salutaire en fasse un bon suivi pour éviter qu’elle ne soit sabotée d’une façon ou d’une autre par ceux qui sont sensés les appliquer.
C’est un secret de Polichinelle que tous les agents sanitaires, de l’infirmier au médecin en passant par la sage-femme, vivent de ce que l’Etat propriétaire des institutions hospitalières ou autres centres de santé donne. Quand on est malade, il est bien connu que ce n’est pas l’hôpital qui donnera au malade les médicaments dont il a besoin pour se soigner. Le patient a l’obligation, malgré lui, de mettre la main à la poche. Tout s’achète. Question : alors qu’est-ce qui est gratuit ?
On parle de 200 millions de dollars américains d’investissement annuel qui seront alloués à ce programme dont 41,70 millions Usd pour la ville de Kinshasa prise comme pilote.
Il est prévu que cette gratuité prenne également en compte les soins de santé des nouveau-nés que l’Etat doit prendre en charge pendant les 28 jours après leur naissance. A tout prendre, il appert que la question fondamentale est de créer de bonnes conditions de croissance pour nos enfants auxquels nous donnons naissance. Ici, l’on peut se poser également quelques questions. Qui s’occupe de nos enfants ? De ces enfants dont la paternité est attribuée à la rue devenant ainsi des enfants de la rue ? Qui les encadre ? Peut-on dire que les enfants qui naissent dans ce pays bénéficient d’une politique d’encadrement ?
LES MËMES CONSEQUENCES QUE LA GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT ?
Il ne faudra pas que la gratuité de la maternité subisse les mêmes conséquences que la gratuité de l’enseignement de base. En effet, en raison du nombre important d’enfants mis sur le bord de la route par les multiples raisons et que la gratuité de l’enseignement a charriés en les remettant sur le cursus scolaire, les salles de classe ont explosé avec des effectifs pléthoriques. Conséquence, sans infrastructures préalablement apprêtées pour accueillir ce trop-plein, le niveau d’enseignement a pâti.
Parallèlement, nous craignons de vivre le même scénario avec un grand nombre d’enfants sous les bras que la gratuité de la maternité nous aura donnés, mais pour lesquels nous serons incapables d’encadrer. Oui, nous avons besoin de beaucoup d’hôpitaux bien équipés, dotés de bonnes maternités, assurant des services adéquats à nos mamans qui y accoucheront avec joie car rassurées de survivre.
Voilà pourquoi il est important de chiffrer ce programme fort ambitieux. Car il ne faudra pas encore en donner le go avant de réfléchir sur sa mise en œuvre.
Dans tous les cas, à quoi sert cette gratuité de la maternité ? Est-ce pour avoir beaucoup d’êtres à nourrir, à scolariser, à faire soigner ? Mais qu’avons-nous fait de ceux que nous avons déjà avant la gratuité de la maternité et que nous élevons avec peine ?
Au moins 320 centres de santé et 50 hôpitaux généraux de référence sont concernés dans ce programme. Il va concerner pour un premier temps Kinshasa avant de l’étendre aux 13 provinces d’ici la fin de l’année 2023. Kléber KUNGU