Aller au contenu principal
Accueil
Navigation principale
  • Accueil
  • A la une
  • Caricature
  • Culture
  • Enjeux de l’heure
  • Etranger
  • Forum éco
  • Nation
  • Société
  • Sport
Accueil
Navigation principale
  • Accueil
  • A la une
  • Caricature
  • Culture
  • Enjeux de l’heure
  • Etranger
  • Forum éco
  • Nation
  • Société
  • Sport

Dernière minute

Sport : Fecofa : Shabani Nonda se retire de la course à la présidence
Etranger : Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain
Etranger : L'Allemagne salue les réformes menées sous le Leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Son rôle en faveur de la stabilité régionale
Etranger : Sahara marocain : L'Allemagne réaffirme la centralité d’autonomie sous souveraineté marocaine et compte agir conformément à cette position sur les plans diplomatique et économique
Nation : PAR SON AMBASSADEUR EN RDC, Le Japon offre un bâtiment scolaire, deux ateliers, deux bureaux administratifs, des mobiliers et des équipements techniques à la FNFPC
Profile picture for user David Babombua
Soumis par David Babombua le mar 02/12/2025 - 04:42
mwabilu
Nation

A l'occasion de la fête du 1er mai Christelle Muabilu, DG ai /OCC adresse ses vœux à Félix Tshisekedi, à Judith Suminwa , a Julien Paluku

30 avril, 2026
ryjr
Nation

La réhabilitation de la voie ferrée de l’Onatra s'impose pour réduire les accidents mortels sur la route Kinshasa-Matadi

30 avril, 2026
erheh
Culture

Alesh dément formellement son renvoi et la révocation de son visa américain

30 avril, 2026
Shabani
Nation

Assemblée nationale : Gary Sakata sauve le fauteuil du VPM Jacquemain Shabani

30 avril, 2026
A la une
ben

L’ECC, la CENI et les acteurs politiques s’accordent pour des réformes électorales inclusives

logo

Forum des As du jeudi 30 avril 2026 : Téléchargez le journal en PDF

Société

Power

A CAUSE DE LA DECOUVERTE DE SILDENAFIL DANS SES SUBSTANCES : La boisson aphrodisiaque " Power Plus " interdite, son usine fermée

29 avril, 2026

La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…

herd

Éducation : la gratuité de l’enseignement menacée par un financement insuffisant

29 avril, 2026
fsbfb

" Tika kolandela vie nanga, makambu nayo nakipaka te!!"

29 avril, 2026
Cidoc photo de famille

Changement climatique : le Cidoc lance un projet d’appui pour des agriculteurs de la périphérie de Kinshasa

28 avril, 2026
Orphelins AED

La Chorale Miséricorde divine offre des vivres et non vivres aux orphelins de l'AED BBS à Kintambo

28 avril, 2026

Culture

gf

Corée du sud : le Festival international du film de Jeonju ouvre ses portes ce soir, avec 237 films au programme

30 avril, 2026
erheh

Alesh dément formellement son renvoi et la révocation de son visa américain

30 avril, 2026
ehedh

L’UE soutient des projets culturels en Afrique subsaharienne

30 avril, 2026
Couverture ouvrage Justiciabilité

Réédition de l'ouvrage "La justiciabilité des lois de révision constitutionnelle en droit congolais en RDC"

28 avril, 2026
Wemba cloture

Les trois jours d'hommages à Papa Wemba clôturés au Grand Tambour à Kinshasa

28 avril, 2026
Papa Wemba

Côte d’Ivoire : Anoumabo immortalise Papa Wemba avec le baptême d’une rue en son nom

27 avril, 2026

Réédition de l'ouvrage "La justiciabilité des lois de révision constitutionnelle en droit congolais en RDC"

28 avril, 2026

Les trois jours d'hommages à Papa Wemba clôturés au Grand Tambour à Kinshasa

28 avril, 2026

Côte d’Ivoire : Anoumabo immortalise Papa Wemba avec le baptême d’une rue en son nom

27 avril, 2026

Forum éco

dfnf

Ituri : quatorze personnes arrêtées pour l'exploitation illicite des minerais à Djugu

29 avril, 2026
dsb

La Miba : une mort programmée ?

29 avril, 2026
fbb

CREATION DE LA BRIGADE MINIERE : L'IGM rétropédale

29 avril, 2026
Siège BCC

La Banque centrale met le curseur sur des paiements bancarisés et digitalisés

29 avril, 2026
rhth

Le Gouvernement et la BCC rassurent : "Le mois d'avril s'exécute sans aucun retard dans le paiement des fonctionnaires"

29 avril, 2026
rzhrh

Smig en RDC : entre justice sociale et menace de chômage massif

23 avril, 2026
éditorial
Les proches de Fatshi tombent un à un : à qui sera le prochain tour ? 19 juin, 2025 Un malaise subtil mais perceptible s'installe dans les couloirs du pouvoir à Kinshasa. Récemment, les personnalités de confiance qui ont entouré le président Félix Tshisekedi semblent disparaître de la scène les unes après les autres. La question que personne n'ose vraiment éviter se pose aujourd'hu…

Caricature

2222

Sakozy

26 septembre, 2025
Kamerhe out

Démission de Kamerhe

24 septembre, 2025
kotambola

Génocost Onu

22 septembre, 2025
Kamerhe et Sama

Kamerhe et Sama

15 septembre, 2025
Kamerhe crise

Crise à l'Assemblée nationale

12 septembre, 2025
défaite des Léopards

La défaite des Léopards

10 septembre, 2025

Sport

Yyh

Fecofa : Shabani Nonda se retire de la course à la présidence

ugbi:k

EUFKIN LUKUNGA DIVISION I, New US Kintambo virtuellement champion, Vélodrome se prépare à vibrer au rythme du titre

dfb

34ÈME JOURNÉE DE L’EPFKIN, Ami Sport dicte sa loi à Afedick (2-1), Enoch Kola s'illustre par une retournée acrobatique

Enjeux de l’heure

Lihau.jpg

Fonction publique : Jean-Pierre Lihau en quête de légitimation avant le remaniement

30 avril, 2026

Derrière les allures d’un simple communiqué de clarification, la récente sortie du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ressemble davantage à une opération…

Lihau.jpg

Fonction publique : Jean-Pierre Lihau en quête de légitimation avant le remaniement

30 avril, 2026

Sondage Echos d'opinion : les 10 ministres plébiscités pour leurs actions conformes à la vision du Président Tshisekedi

28 avril, 2026
Sokimo

La relance de la Sokimo au cœur d'une nouvelle dynamique entre autorités et direction

28 avril, 2026

Étranger

b

Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain

2 mai, 2026

Montréal - Le Canada "reconnaît le plan d’autonomie" proposé par le Maroc "comme base pour une solution mutuellement acceptable" au différend régional autour du Sahara marocain.

Cette…

b

Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain

2 mai, 2026
gyk

L'Allemagne salue les réformes menées sous le Leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Son rôle en faveur de la stabilité régionale

2 mai, 2026
dfhdf

Sahara marocain : L'Allemagne réaffirme la centralité d’autonomie sous souveraineté marocaine et compte agir conformément à cette position sur les plans diplomatique et économique

2 mai, 2026

Nation

Cjfnf

PAR SON AMBASSADEUR EN RDC, Le Japon offre un bâtiment scolaire, deux ateliers, deux bureaux administratifs, des mobiliers et des équipements techniques à la FNFPC

1 mai, 2026

Le Japon a offert  à la Fédération nationale des femmes protestantes du Congo (FNFPC) de l'Eglise du Christ au Congo) un bâtiment scolaire de plain-pied, deux ateliers, deux bureaux  …

Cjfnf

PAR SON AMBASSADEUR EN RDC, Le Japon offre un bâtiment scolaire, deux ateliers, deux bureaux administratifs, des mobiliers et des équipements techniques à la FNFPC

1 mai, 2026
sesanga

Référendum: Delly Sesanga dénonce une “marche noire contre la démocratie” et alerte sur une dérive constitutionnelle

1 mai, 2026
Rurjfj

Sanctions américaines contre Joseph Kabila : Jacquemain Shabani parle d’une « conséquence logique »

1 mai, 2026
Prof Matumweni
Nation
Mardi 2 décembre 2025 - 04:42

Centenaire de Lumumba, que retenir ? La promotion de la laïcité, une des causes de sa chute

A la recherche des causes de la chute et de la passion de Lumumba, nous avons déjà vu que le paramètre fondamental était l’image construite de sa personne. Cette image est double : la première est liée à son ethnicité en tant qu’homme noir. Cette image résulte de l’architecture philosophique, religieuse et politique datant de plusieurs siècles, d’où la recherche de ses antécédents macrohistoriques, développée dans des précédents épisodes.

La seconde source de l’image est liée aux faits contemporains et particulièrement aux interactions qui se tissent entre lui et ses compatriotes politiciens d’une part et des puissances étrangères de l’autre.

Les uns  et les autres ont manipulé son image de manière à justifier auprès de l’opinion les différentes exactions qu’ils allaient lui faire subir.

Le procédé à l’œuvre dans la manipulation de l’image, autrement dit de la réputation, a été décrit dans l’approche développée par Mathieu Jacotot. Il fonctionne essentiellement de manière oppositive, attribuant à l’adversaire des connotations négatives afin de justifier l’action à mener contre lui.

Le même procédé a été utilisé, et très largement, par les adversaires  de Lumumba. Il s’agit en très grande partie de la construction de la fama par imputation : des actes, des prises de positions sont attribuées à Lumumba ; l’histoire a montré par la suite qu’elles étaient pour la plupart sans fondement. En consultant la littérature lumumbienne, on peut identifier trois thématiques qui relèvent de ce procédé d’imputation, autour desquelles ses adversaires vont manipuler son image : la première est le couple «laïcité/laïcisme», associé au thème de l’« athéisme» ; la deuxième, la violence ; enfin, la troisième est le communisme.

Dans cet épisode, nous nous intéressons à la laïcité.

Ø    Laïcité vs laïcisme

Tout part de l’énoncé de son programme de gouvernement déposé à la Chambre. Lumumba écrivit notamment : «Le gouvernement s’engage à assurer […] les grandes libertés humaines, en tout premier lieu la liberté de religion. Le gouvernement empêchera par tous les moyens qu’une religion, quelle qu’elle soit, soit imposée directement ou indirectement notamment par la voie de l’enseignement. A cet effet, il proclame la séparation absolue entre l’Etat et les Eglises. La République du Congo sera un Etat laïc, démocratique gouverné par le peuple pour le peuple»1.

Le catholicisme était sans aucun doute la religion visée par cette prise de position. L’Eglise catholique, en effet, gérait l’enseignement depuis la convention de 1906 entre le Saint-Siège et l’État indépendant du Congo, convention qui consacrait le dépôt par l’État de la mission pédagogique entre ses mains. Ce monopole fut brisé en 1954, lorsque le ministre Auguste Buisseret introduisit l’école laïque ; une année plus tard, étaient créés des athénées et des écoles normales officielles, dont la conséquence fut la métropolisation des programmes d’enseignement : les écoles laïques, peu soucieuses d’adapter l’enseignement aux spécificités sociologiques, notamment linguistiques, adoptèrent les programmes belges, aussi bien pour l’athénée royal (réservé aux Européens) que pour l’athénée ‘interracial’ (ouvert aux Européens et aux non-Européens).

L’attrait de Lumumba pour la laïcité remonterait à ces années-là, lorsque le ministre Buisseret prôna l’enseignement laïc. Lumumba le soutint sans réserve, alors qu’il jouissait du soutien des Frères maristes et des pères de Scheut. Il refusa de signer les lettres de protestation des milieux catholiques contre la politique du ministre et inscrivit ses enfants à Stanleyville dans un athénée créé justement en application de cette politique. Selon Omasombo et Verhaegen, Lumumba « n’est pas conscient au début de l’impact, en pleine ‘’guerre scolaire’’, de son choix entre monde laïque, libéral et missions catholiques. »2 Sans doute a-t-il simplement minimisé cet impact, car, à en croire les deux auteurs, le comité de l’AÉS (Association des Evolués de Stanleyville) dont il était le président l’a révoqué lors de son assemblée du 17 février 1956 pour, entre autres griefs, son engagement en faveur de l’enseignement laïc ; il aurait dû lire cet événement comme une alerte.

La laïcité préconisée par Lumumba énerva particulièrement le prélat catholique. Joseph Malula3, évêque de Léopoldville, la qualifia de «matérialisme athée». Il rejeta purement et simplement le programme du gouvernement : «Le laïcisme, déclara-t-il, est un attentat à la vie religieuse du peuple bantou dont la vie privée, familiale et publique est tout entière imprégnée de sens religieux. Je fais un appel solennel  (…) pour repousser le matérialisme athée comme le pire des esclavages»4.

Malula a dû, en la circonstance, user d’une double contrebande de sens, imposant du reste avec succès aux esprits des connotations fausses, mensongères ; le dessein manipulatoire y apparaît très clairement. La première manipulation du sens à laquelle il se livre peut être démontée par une analyse socio-anthropologique. Joseph Malula prétend en effet défendre la thèse d’une très forte religiosité du muntu. Le fait est-il avéré ? 

Voyons plutôt ce qu’en pense Elikia Mbokolo, observateur averti de l’histoire, de l’anthropologie et de la sociologie des peuples du Congo notamment. Mbokolo fustige d’abord «Le poids des théories et des fausses évidences véhiculées par les missionnaires chrétiens et aujourd’hui réappropriées par tant d’Africains comme des vérités indiscutables [qui] a jusqu’à ce jour en quelque sorte rendu impensable, blasphématoire, voire dangereuse pour qui oserait la poser, la question de l’athéisme dans les sociétés africaines. (…) [Pourtant] J’ai le sentiment qu’au cours des années 1950, l’athéisme faisait bien partie de l’espace spirituel et social du Congo. 5» Il livre ensuite sa propre expérience : élevé de deux à quinze ans par sa grand-mère maternelle et par son époux devenu aveugle, il ne l’a jamais vue ou entendue parler de «dieu» ou faire une prière à «dieu», tout comme beaucoup de ses parentes et amies. 

Et dans les cercles des jeunes diplômés des écoles missionnaires notamment, la théologie catholique et ses saints faisaient ricaner les jeunes, qui en parlaient « comme des ‘’affaires de Blancs’’, inventées pour tromper les Noirs… » De telle sorte que l’arrivée des écoles laïques fut applaudie par la population, et certaines parmi ces écoles ont dû refuser du monde. Elikia Mbokolo estime qu’il faille avoir le courage de «poser cette question de l’athéisme et mener sur le terrain les nécessaires recherches pour y parvenir. [Car] Pourquoi l’Afrique serait-elle le seul continent qui n’ait pas connu d’athéisme ? C’est en se posant la question et en mettant en œuvre les procédures de recherche d’y répondre qu’on découvrira que, dans ce domaine comme dans les autres, il n’y a pas d’’’exception africaine’’, ni congolaise».

D’où alors Malula tenait-il que le muntu était obligatoirement religieux, c’est-à-dire croyant et en l’occurrence en un «dieu» catholique, c’est-à-dire occidental ? Cette position radicale mais non fondée trahit simplement une réalité, que Robert Cornevin explique en déclarant que de fait, «au Congo, le catholicisme fut la véritable religion d’Etat».

Le second acte de «contrebande du sens» de la part du prélat a consisté à substituer à dessein au concept usité par le gouvernement, à savoir la «laïcité», celui de «laïcisme», lequel a pourtant un contenu différent, voire opposé au premier terme ; ce choix lexical délibéré n’était pas innocent et il fait entrer de plain-pied dans le procédé de la «fama» décrit par Jacotot à partir des célèbres diatribes de Cicéron contre Catilina et ses partisans. Le « laïcisme » est en effet chargé de connotations plutôt négatives. Il se définit, selon MATANE, comme « un courant d’idées (une philosophie liée souvent à l’athéisme) [qui] vise à protéger activement la vie publique de toute ingérence religieuse »8. Il désigne une «doctrine qui vise à lutter pour l’élimination de toute référence religieuse dans l’espace public, voire la suppression de toute croyance religieuse. » Son objectif est par conséquent de « réduire la vie religieuse à la seule et unique sphère privée, hors de toute manifestation sociale et publique ». 

Monseigneur Habert, du diocèse de Sées en France, abonde dans le même sens et semble répondre à Joseph Malula avec soixante années d’écart lorsqu’il affirme : «La laïcité est le principe selon lequel un Etat ne peut et ne doit favoriser aucun culte. 9 » Suivant ce principe, consacré en France par l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, Mgr Habert affirme que «la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. (…) Elle s’engage en retour à garantir la liberté de conscience et le libre exercice du culte. On le voit bien, la laïcité n’est pas la disparition de la religion de l’espace public comme certains voudraient le faire croire. Il ne faut jamais confondre la laïcité qui est une forme possible de l’organisation de l’Etat, avec le laïcisme qui est un projet militant. »

La séparation des Eglises et de l’Etat, est considérée comme la «clé de voûte de la laïcité en France». 

Dans le Congo de 1960, si les relations entre l’Eglise et le gouvernement de Lumumba étaient, à ce point, exécrables, le pic fut cependant atteint lorsque le Premier ministre adhéra à la proposition de son ministre de l’Education (Pierre Mulele) de nationaliser l’université de Lovanium lors d’un Conseil des ministres élargi le 16 août 1960. «Je proposai au parlement, dira plus tard Lumumba, la nationalisation de l’université de Lovanium, la laïcisation de l’enseignement m’attirant les foudres de l’Eglise catholique, je muselai les officines de renseignement et de propagande que constituent les missions protestantes : c’est pour cela que je suis devenu la bête noire de tous ceux qui s’intéressent au Congo, non pour le bien-être de son peuple mais pour ses immenses richesses». 

Il faut d’ailleurs croire qu’à cette divergence doctrinale et idéologique se juxtaposait une incompatibilité d’humeurs. Malula n’éprouvait pas beaucoup de sympathie pour Lumumba. Selon Mgr Jean Jacot, cité par Jean-Claude Willame, il y avait «une incompatibilité totale entre Malula et Lumumba. Bien avant l’indépendance, Malula ne cachait pas sa méfiance à l’égard de Lumumba et ce, pour toutes les raisons : politiques, sociales et aussi personnelles». Le prélat annoncera, quelques jours après l’annonce du projet laïc de Lumumba, que «la hiérarchie catholique [engageait] aussi une campagne anti-lumumbiste d’envergure, tant par sa presse que par des séances de prières».

Une campagne de dénigrement, un véritable Lumumba bashing fut effectivement lancé contre le Premier ministre, que l’on accusa bientôt d’être communiste et de vouloir communautariser les biens privés, jusqu’aux femmes ; Radio Makala, installée à Brazzaville, de l’autre côté du fleuve, en fera un des thèmes de sa propagande anti-lumumbiste. 

Les mots utilisés par le prélat catholique congolais sont très forts : «Je fais un appel solennel  (…) pour repousser le matérialisme athée comme le pire des esclavages». Peut-on croire qu’il s’agissait dans son esprit de s’arrêter simplement à la création d’un univers mental où les connotations négatives seraient affectées à Lumumba, sans plus ? 

Une interprétation possible de cet énoncé est qu’il se présente ni plus ni moins que comme un appel déguisé à la violence dès lors qu’on intègre la dimension actorielle dans les enjeux  6  il est difficile du reste d’imaginer une prise de position contre ce discours pro-laïc ou tout autre discours sans impliquer l’acteur qui en est porteur.

Il est bon de noter, pour en finir avec ce thème, que Lumumba ne fut pas l’unique défenseur de la laïcité dans la colonie et dans la post-colonie. Moïse Tshombe en fut un également. Dans ses mémoires, il justifie sa position par l’injustice dont les protestants étaient victimes de la part de l’Administration coloniale, laquelle soutenait systématiquement les missions catholiques. Aucune aide n’était fournie aux protestants pour construire des salles de classe, affirme-t-il. 

Selon Tshombe, «Cette discrimination aboutissait à priver d’écoles les Africains convertis à la Réforme, quand les adeptes du catholicisme bénéficiaient de secours très généreux. (…) au nom de la laïcité elle-même, nous pouvions parfaitement préconiser la création d’écoles publiques où les petits Congolais de diverses confessions recevraient indistinctement le même enseignement». La réaction des missionnaires fut plutôt vive, ils multiplièrent des pétitions, affirmant que «la laïcité menaçait le Congo d’une guerre civile.» Tshombe fut reçu par le ministre Buisseret, initiateur de l’école laïc, avec qui une parfaite convergence s’était dégagée.

Pour approfondir le sujet, notamment ses soubassements théoriques, nous vous invitons à consulter notre récent ouvrage : Ceci n’est pas qu’une dent, le tome 2 : Sens et intentions au cœur de la tragédie de Patrice Emery Lumumba, de Jean-Claude MATUMWENI MAKWALA, publié cette année même aux Editions du Net.

Par Jean-Claude Matumweni Makwala, Professeur ordinaire

Articles récents
b

Le Canada reconnaît le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme base pour une solution du différend régional autour du Sahara marocain

Etranger 2 mai, 2026
gyk

L'Allemagne salue les réformes menées sous le Leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et Son rôle en faveur de la stabilité régionale

Etranger 2 mai, 2026
dfhdf

Sahara marocain : L'Allemagne réaffirme la centralité d’autonomie sous souveraineté marocaine et compte agir conformément à cette position sur les plans diplomatique et économique

Etranger 2 mai, 2026
Cjfnf

PAR SON AMBASSADEUR EN RDC, Le Japon offre un bâtiment scolaire, deux ateliers, deux bureaux administratifs, des mobiliers et des équipements techniques à la FNFPC

Nation 1 mai, 2026
sesanga

Référendum: Delly Sesanga dénonce une “marche noire contre la démocratie” et alerte sur une dérive constitutionnelle

Nation 1 mai, 2026
Rurjfj

Sanctions américaines contre Joseph Kabila : Jacquemain Shabani parle d’une « conséquence logique »

Nation 1 mai, 2026

logo

 

Site officiel du quotidien d’informations forum des as

  • +243 99 846 1089‎‎ 
  • forumdesas2001@gmail.com 
  • 15/C, 11ème Rue Limete/Industriel

© 2021 - Forum des As - tout droits réservés