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Ce qu’il faut savoir sur le contrat chinois
Un parlementaire est intervenu sur une radio de la place, hier le lundi 20 février 2023 pour se prononcer sur le contrat sino-congolais. A en croire cet élu national, c’est pour ce contrat que la RDC a des problèmes avec les Occidentaux !
Pathétique, cette déclaration trahit un manque criant d’informations sur un sujet aussi important touchant aux intérêts entre deux Etats. C’est extrêmement dangereux pour un parlementaire.
En effet, pour son édification, le contrat chinois avait été négocié à partir de 2007 pour être signé en 2008. Ses premières preuves qui datent de 2010 se sont produites sur la voirie urbaine de Kinshasa. Elles avaient été aménagées à l’occasion de la célébration des 50 ans de l’indépendance de la République démocratique du Congo.
Le premier lot du cuivre sorti de la Sicomines remonte à 2015. En termes concrets, la RDC a commencé à jouir des infrastructures des voies de communication, de l’énergie (eau et électricité), de la santé et de l’enseignement bien avant l’exploitation minière.
Il doit savoir aussi, bien que présents sur le territoire congolais à partir de 1972 à la suite de l’établissement des relations diplomatiques consécutif à la rencontre des Présidents Mobutu et Mao Tsé Toung, les Chinois ne se sont intéressés aux minerais de ce pays qu’en 2007, soit plus d’un siècle après les Belges, les Américains, les Anglais, les Français…
Ils y sont entrés à la suite du refus des Américains et des Européens de tenir les promesses faites aux Congolais du flux des investisseurs occidentaux après la tenue des élections prévues en 2006. Et celles-ci, au niveau de la présidentielle, des législatives et des provinciales, avaient eu lieu entre juillet et octobre 2006. D’ailleurs, l’investiture de Joseph Kabila était intervenue le 6 décembre 2006.
Qu’est-ce qui explique alors que jusque fin 2007, les investisseurs américains et européens ne soient pas venus, mettant de ce fait à mal les acquis des premières élections de la 3eme République ?
Voilà l’une des premières questions qui devraient préoccuper ce parlementaire.
Or, aussi longtemps qu’on peut remonter dans l’histoire, les Américains et les Européens ont cessé d’investir au Congo-Zaïre depuis les années 1985. Il est mis au défi de prouver le contraire.
Encore pour son édification, le faux massacre survenu sur le campus de l’Université de Lubumbashi (Unilu) avait servi de prétexte à la suspension de la coopération structurelle dès le début de la transition Mobutu-Tshisekedi entre 1990 et 1997. Des entreprises publiques comme la Gecamines, l’Onatra, la Sncz, la Regideso, la Snel, la Rva, la Rvf, l’Office des routes etc. n’étaient plus en programme avec les bailleurs de fonds. D’ailleurs, cela se poursuit jusqu’à ce jour.
Pendant qu’on croyait affaiblir le Maréchal Mobutu, c’est en réalité le peuple qu’on affaiblissait en substituant à la coopération structurelle l’aide humanitaire qui ne développe aucun pays.
Pourquoi les Occidentaux avaient-ils décidé de punir la RDC en lui privant de toute assistance financière, matérielle et militaire ? La comparaison avec l’Ukraine devrait interpeller ce député national.
Les têtes pensantes congolaises – heureusement qu’elles sont nombreuses et sont restées actives – sont convaincues du fait que sans le contrat sino-congolais, la RDC n’aurait jamais survécu en tant qu’État et Nation. Car, en privant de façon expresse les Congolais de toute raison valable de croire encore dans les élections, ils suggestionnaient le démembrement de ce pays.
Dans la même veine, ce parlementaire doit se demander pourquoi même les investisseurs américains qui sont passés par Kinshasa au cours de ces deux ou trois dernières années sont repartis pour ne plus revenir. Et pourquoi, en ne prenant que le cas des blocs pétroliers et gaziers, ses amis américains continuent d’être hésitants!
Au lieu de continuer à s’en prendre aux Chinois, ce député ferait œuvre utile en exprimant à ses intervieweurs ses regrets de voir les Américains se jouer plutôt des Congolais.
Personne n’est dupe : il ne va pas cracher sur la main qui le nourrit ; mais il va plutôt cracher sur celle qui lui permet d’aller au Palais du peuple via des artères construites sur base du contrat sino-congolais…
Pathétique ! S.M