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Cartes d’identité pour nationale : Face au blocage, le ras-le-bol des Congolais
Les cartes d’identité nationale ne sont toujours pas visibles entre les mains des Congolais plusieurs mois après que le chef de l’État a obtenu la sienne. Face à ce blocage, les citoyens lambda commencent à manifester leur ras-le-bol. La question que d’aucuns se posent est celle de connaitre les motifs de l’interruption de cette opération qui a si bien commencé avec le président de la République. Faudrait-il conclure que cela a été tout simplement une action de diversion pour jeter de la poudre aux yeux de la population? Si tel n’est pas le cas, comment expliquer cette suspension?
Pour rappel, le contrat entre le gouvernement et le premier prestataire a été résilié à cause d’une affaire de surfacturation relevée par l’Inspection générale des finances à hauteur de 400 millions de dollars américains sur les 540 millions réclamés au Trésor public. Considéré comme un véritable mafieux pour être impliqué dans deux scandales financiers dont la surfacturation des cartes d’identité et l’affaire des lampadaires, cet homme a été chassé du sol congolais. Malheureusement, le flou a succédé autour de ce dossier depuis la résiliation de ce premier contrat. Mais entretemps, les Congolais ne disposent pas toujours pas de carte d’identité. Une situation inadmissible dans un pays digne de ce nom. La carte d’électeur qui y faisait office, pose problème depuis les dernières élections étant donné que beaucoup de Congolais n’en disposent pas.
Autre difficulté majeure pour l’identification du citoyen est l’acquisition d’un passeport semblable à un calvaire qu’on endure. Non seulement la procédure est fastidieuse, mais le coût est prohibitif. Pourtant, la Banque centrale du Congo dispose d’une imprimerie performante, capable de faire sortir plusieurs passeports journalièrement. Mais, au lieu d’exploiter cette opportunité susceptible de créer des emplois, le gouvernement préfère signer des contrats avec les privés qui coûtent très cher au Trésor public. Conséquence, beaucoup de Congolais, découragés et dépourvus de moyens nécessaires, abandonnent les démarches dans un cas comme dans l’autre. Ainsi, ils ne disposent d’aucune pièce d’identité à ce jour. Ce qui leur est très préjudiciable.
À quoi sert en définitive l’ONIP?
Pour revenir à l’acquisition, le gouvernement devrait inscrire cette question parmi ses priorités actuelles étant donné qu’un pays dont les citoyens ne disposent pas de carte d’identité, est exposé à diverses dérives susceptibles de provoquer. Il est plus que temps de mettre fin à cette confusion.
Cette situation inexplicable pousse bien des Congolais à s’interroger sur l’importance de l’Office national d’identification de la population (Onip) dont la mission principale est, comme le dit son nom, l’identification des citoyens. Vu son inefficacité, cet établissement public peut être inscrit parmi les structures budgétivores dont le chef de l’État réclame la suppression.
Au lieu de créer des structures ou autres services qui se révèlent inutiles voire redondants, pourquoi ne pas renforcer les prérogatives des services d’État civil qui ont, entre autres missions, le recensement annuel de la population?
Muke MUKE