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Candidature commune à la présidentielle de 2023, Sesanga à Jeune Afrique: « Nous pouvons servir de point de ralliement et assurer cette victoire de l’opposition »
Le leader d’Envol n’écarte pas l’idée d’une candidature commune à la présidentielle du 20 décembre prochain. Porteur d’un projet de gouvernance, « La refondation du Congo », capable de rassembler toutes les tendances politiques de la RDC pour redresser le pays, Delly Sesanga estime, en toute modestie, qu’il peut « servir de point de ralliement de tous les autres et assurer cette victoire de l’opposition ». L’élu de Luiza l’a dit dans une interview au magazine panafricain, Jeune Afrique, hier lundi 30 octobre.
C’est un outil pour endiguer la fraude électorale et assurer une participation massive, ce qui sera une des clés du scrutin, mais pas pour garantir la victoire de l’opposition aux élections, dit-il.
Plus sérieusement, le leader d’Envol est d’avis qu’une candidature commune devrait se faire autour de quelques facteurs, à savoir: « le projet, le profil et l’expérience des affaires publiques. On a passé beaucoup de temps, au Congo, à parler des individus, beaucoup moins des projets« .
Après avoir fait le tour de plusieurs provinces de la RDC et lorsqu’il compare son pays à d’autres de par le monde, Delly Sesanga déclare que le Congo est aujourd’hui un pays en détresse, un pays isolé, qui mérite d’avoir des dirigeants compétents avec une vision forte pour le redresser.
Pour le candidat Sesanga, « considérer que face à un tel pouvoir, il faut un seul candidat pour le battre, c’est en fait alimenter le moteur de la fraude où on veut faire croire aux gens que la présence de plusieurs candidats signifie que la fraude est validée. Face à cette mobilisation, Delly Sesanga ne voit pas en quoi l’exigence d’une seule candidature est la condition sine qua non pour remporter l’élection présidentielle.
Avec le recul, le leader d’Envol explique que ce qui s’est passé en 2018 a montré qu’on peut mettre quelqu’un au pouvoir sans que le pays n’en tirer grand-chose. « Cette fois-ci, si on doit transcender les egos, il faut le faire dans l’intérêt des Congolais. La dernière fois, cela s’est fait à la dernière minute aussi. Le temps de la stratégie électorale n’étant pas advenu, on peut encore attendre de cette opposition un sursaut, même si je répète que cette candidature commune n’est pas une condition essentielle« , insiste-t-il.
Projet contre projet
Et à la question de savoir si Delly Sesanga serait prêt à renoncer à sa propre candidature pour se ranger derrière un autre candidat? Sa réponse est la suivante : « Ma candidature a été une ambition exprimée et investie par mon parti. La retirer au profit d’une autre ne pourra jamais être l’objet d’une décision personnelle. Aujourd’hui, je n’ai pas connaissance des projets des uns et des autres pour pouvoir évoquer la perspective de ralliement d’untel ou untel« .
Alors que le budget en discussion pour l’année à venir est de 16 milliards de dollars, Delly Sesanga, dans son programme de gouvernance, table sur un budget de 110 milliards.
Delly Sesanga a aussi démontré comment il va s’y prendre pour mobiliser ces fonds pour exécuter son budget. « Ces 110 milliards de dollars se basent sur les prévisions basiques faites par le Fonds monétaire international sur les cinq années à venir (de 87 milliards de dollars). Nous comptons sur les réformes que nous allons mener pour combler l’écart. Cette somme ne sera pas répartie de manière équivalente sur cinq ans. Cette augmentation va d’abord venir de réformes que nous allons mettre en place au niveau de l’organisation des régies financières. L’introduction d’un impôt sur les sociétés et d’un autre sur le revenu va permettre d’accompagner l’amélioration de la collecte des recettes de l’État. C’est à partir de la troisième année que nous allons desserrer les contraintes du système et passer à une croissance à deux chiffres. » Didier KEBONGO