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Campagne électorale précoce : le CSAC menace de frapper les médias !
* Si l’institution d’appui à la démocratie devait sévir, la famille politique au pouvoir serait la première à sanctionner !
Le Bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) « demande aux médias et aux professionnels des médias de s’abstenir de diffuser tout message ayant un caractère promotionnel en rapport avec la campagne électorale ». Le CSAC lance cette mise en garde après avoir constaté avec regret ce qu’il appelle « la montée en flèche d’une campagne électorale précoce dans les médias depuis la publication par la Ceni de la liste définitive des candidats à la députation nationale en date du 23 septembre courant ».
Dans un communiqué officiel rendu public le 26 septembre courant, l’institution d’appui à la démocratie demande à ceux qui s’adonnent à cette pratique au mépris de la loi d’y mettre fin immédiatement sous peine de sanctions. Elle a rappelé dans la foulée que le moment du début de la campagne électorale telle que prévue par la Centrale électorale n’a pas encore sonné.
Enfin, peut-on s’écrier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication vient de sortir de sa torpeur dans laquelle il était plongé depuis février dernier lors des opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs.
DES PROCESSIONS QUOTIDIENNES
En effet, en février dernier, lors de ces opérations qui ont mis plusieurs villes et autres centres urbains et cités du pays en effervescence, Kinshasa, pour ne parler que de la capitale congolaise, a vibré dans une ambiance euphorique qui avait tout d’une campagne électorale…précoce.
Bien des médias ont eu à dénoncer ce zèle affiché par des partis et regroupements politiques qui se mettaient à mobiliser leurs militants et sympathisants pour accompagner ceux des responsables aux bureaux d’enrôlement. Que n’a-t-on pas vécu durant cette période ! On a été surpris d’assister quotidiennement à des processions des leaders politiques avec des militants et sympathisants de leurs partis ou regroupements politiques, chantant et vantant ces leaders en les accompagnant aux bureaux d’enrôlement des électeurs. Des cortèges très bruyants agrémentés par des fanfares. Le tout dans une ambiance euphoriquement festive.
Nous ne nous rappelons pas avoir vu l’institution d’appui à la démocratie dénoncer ou condamner cet activisme politique ! Le CSAC, lui, s’est claquemuré dans un silence bruyant, suscitant des critiques de l’opinion. Que d’autres structures avaient eu à condamner en appelant les acteurs politiques à ne pas confondre les étapes du calendrier électoral au risque de porter atteinte à la régularité de l’ensemble du processus. C’est le cas par exemple du Centre de recherche et d’études sur l’Etat de droit en Afrique (Creeda).
CAMPAGNE ELECTORALE DATE DE FEVRIER DERNIER
Il n’était donc pas rare de voir de nombreuses affiches publicitaires, bien que portant sur des messages de sensibilisation à l’identification et à l’enrôlement, vanter des futurs candidats, le président de la République, des ministres, des mandataires d’entreprises publiques et des autorités morales des partis ou regroupements politiques. Avec des messages soutenant ‘’Fatshi Béton’’ ! Ces scènes aux allures de campagne électorale largement médiatisées ont malheureusement échappé à la vigilance du CSAC. Le gouvernement a pu lever son doigt pour dénoncer et condamner ces pratiques du reste illégales.
Donc, cette campagne électorale qui ne disait pas son nom date de février ! Sept mois plus tard, le CSAC semble se réveiller. Aujourd’hui, il vient de hausser le ton. Mais si l’institution d’appui à la démocratie devait sévir maintenant, il devrait commencer dans la famille politique au pouvoir. Alors qu’elle est censée donner l’exemple, les partis et regroupements politiques membres de l’Union sacrée pour la nation ne s’offusquent pas à battre campagne. Que d’affiches, de panneaux, surplombant les rues et autres artères de la capitale qui, au regard des personnalités qui s’y trouvent, souvent Fatshi Béton avec d’autres acteurs politiques, cachent mal une campagne électorale.
LA RDC DÉJÀ EN PLEINE CAMPAGNE ELECTORALE
A ce jour, il ne suffit pas d’avoir fait des études de marketing politique pour se rendre à l’évidence que la RDC vit déjà sa campagne électorale, mais qui refuse son nom. Oui, la campagne électorale bat déjà son plein. Elle vient de prendre de l’ampleur avec la publication par la Céni, il y a peu, des listes définitives des candidats députés nationaux. Du coup, chaque candidat, auréolé de son numéro, se lance dans une campagne électorale silencieuse en affichant sur tous les réseaux sociaux différents suports.
C’est bien de menacer des sanctions les médias et les professionnels des médias qui s’adonnent à cette campagne électorale précoce. C’est également louable d’en appeler au patriotisme et au respect aussi bien de la loi que du processus électoral des journalistes, animateurs, producteurs, techniciens et autres professionnels des médias ainsi que des acteurs politiques. Il est aussi important d’ouvrir l’œil sur les insaisissables réseaux sociaux par lesquels passent tous ceux qui font cette campagne électorale précoce.
A tout prendre, le CSAC aura du pain sur la planche pour mettre de l’ordre sur un terrain où évoluent des acteurs qui ont acquis une mauvaise habitude : celle de se croire au-dessus de la loi… Kléber KUNGU
