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Bombardement de Mugunga: Kinshasa saisit le Conseil de sécurité et accuse Kigali
La République démocratique du Congo a officiellement saisi le Conseil de sécurité des Nations Unies pour condamner le récent bombardement du camp de personnes déplacées de Mugunga par l’armée rwandaise et ses alliés du M23.Le ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, a annoncé cette saisine lors d’une réunion avec le corps diplomatique, hier jeudi 09 mai à Kinshasa.
Le gouvernement a exprimé l’espoir que le Conseil de sécurité comprenne la gravité de cette attaque. La lettre adressée au Conseil de sécurité n’a pas été divulguée, mais elle sera distribuée aux représentants des pays membres permanents et non permanents.
«Nous venons de saisir le Président du Conseil de sécurité. Nous espérons que de ce côté-là, nous allons nous comprendre. Je ne vais pas vous donner la teneur de la lettre, mais comme c’est un document du Conseil, il sera distribué certainement aux représentants des pays qui sont membres permanents et non permanents», a déclaré Christophe Lutundula.
LUTUNDULA PAS D’ACCORD AVEC L’ÉQUILIBRISME
Le ministre des Affaires étrangères a appelé les diplomates étrangers en poste à Kinshasa à éviter tout équilibrisme et à ne pas semer la confusion dans l’opinion publique.
«Il faut éviter la confusion et trop d’équilibrisme. En politique comme en diplomatie, la neutralité n’est pas toujours neutre. Il faut faire comme un arbitre de football. Il est neutre mais sanctionne. C’est ça la neutralité, parce que j’ai vu et j’ai cru comprendre qu’on faisait allusion au fait qu’on alignerait des armes autour du camp».
Kinshasa critique les formulations qui laissaient entendre que la RDC serait responsable de la situation et a apprécié la clarté des États-Unis dans leur déclaration en identifiant clairement les responsables du bombardement.
LA SINCÉRITÉ DES USA SALUÉE
«J’ai beaucoup apprécié la sincérité dans l’amitié, la sincérité par rapport à la vérité, les États-Unis d’Amérique qui ont dit clairement que ça venait de tel endroit par telle force, et on a même oublié de là où sont partis les roquettes, c’est de l’espace qui est sous contrôle de l’armée rwandaise et ses alliés le M23», a renchéri le patron de la diplomatie congolaise.
Christophe Lutundula a souligné que le camp de personnes déplacées de Mugunga se trouve sur le territoire congolais et que la responsabilité de protéger les civils congolais incombe à la RDC. Il a rappelé que même si des armes étaient présentes dans le camp, il ne devrait pas y avoir de tirs à moins qu’il n’y ait une provocation du M23 et de l’armée rwandaise à partir du camp des réfugiés. Le droit international interdit de tirer sur un camp de personnes déplacées.
Le vice-Premier ministre Lutundula a également informé ses interlocuteurs que le plan de démantèlement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), convenu lors du mini-sommet de Luanda sous l’égide de l’Angola, avait été proposé au médiateur désigné par l’Union africaine, le Président João Lourenço.
KINSHASA RÉITÈRE SON ENGAGEMENT EN FAVEUR DU RETOUR DE LA PAIX
Malgré cette attaque, la RDC réaffirme son engagement en faveur du retour de la paix et de la sécurité dans l’est du pays et dans la région des Grands Lacs. Cependant, cette attaque constitue un coup d’arrêt dans les discussions en cours, et des clarifications sont nécessaires avant de poursuivre les pourparlers.
«Malheureusement, alors que tout le monde est dans l’attente de la prochaine rencontre dans le cadre de ce processus de Luanda, ce bombardement est venu comme un coup d’arrêt. Sans refuser de poursuivre les discussions, on est quand même mal à l’aise comme personnes, êtres humains, de se retrouver dans ces conditions-là face aux responsables rwandais, parce que nous savons d’où c’est venu», a indiqué le patron de la diplomatie congolaise.
CONTEXTE D’INTENSIFICATION DES COMBATS FARDC CONTRE M23
Des bombardements avaient éclaté dans le camp de déplacés le 3 mai, en pleine journée, dans le contexte de l’intensification des combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 aux abords de la ville volcanique. Cependant, le bilan humain est beaucoup plus lourd qu’initialement annoncé.
Selon le ministre congolais des Affaires sociales et Actions humanitaires, il est passé de 14 à 35 morts et 37 blessés, contre 9 au départ. L’organisation des obsèques nationales des victimes est prévue pour samedi prochain. Une délégation gouvernementale séjourne déjà à Goma.
Christian-Timothée MAMPUYA