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Après publication des résultats provisoires du scrutin législatif par la CENI : Félix Tshisekedi en route pour une majorité confortable
Quelle que fût la durée de la nuit, les résultats des élections législatives ont été publiés , après trois semaines de suspense et d’attente. En effet, dans les premières heures du dimanche 14 janvier courant, Dénis Kadima,président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a publié les noms de groupements politiques et candidats ayant satisfait aux législatives de décembre dernier.
D’après les résultats communiqués par la Ceni, plusieurs grandes formations politiques du pays ont réussi à atteindre ou dépasser le seuil de représentativité nationale fixé à 179 765 voix, soit 1% des suffrages exprimés.Parmi les 44 partis et regroupements ayant franchi cette barre, on retrouve les principales formations comme l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix Tshisekedi, l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, l’Alliance des forces démocratiques du Congo Parti politique (AFDC) de Modeste Bahati, le Regroupement politique « Agissons et Bâtissons « , (AB), de Sama Lukonde ou encore Ensemble pour la République de Moïse Katumbi.
Cependant, certaines personnalités politiques importantes n’ont pas réussi à atteindre le seuil avec leur parti. C’est le cas notamment de Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, dont l’Alliance des Congolais pour la réfondation de la nation (ACRN) n’a pas dépassé les 179 765 voix nécessaires. Autre déception, le Leadership et gouvernance pour le développement (LGD) de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo n’a pas non plus franchi cette barre.
L’Union sacrée rafle la majorité des sièges à l’Assemblée nationale
Les résultats provisoires des élections législatives permettent de dessiner les contours de la future Chambre basse. Portée par la dynamique de la réélection de Félix Tshisekedi, la coalition gouvernementale de l’Union sacrée ressort grande gagnante du scrutin.
Avec 69 sièges, l’UDPS/Tshisekedi confirme sa place de première formation politique du pays. Autre composante majeure, l’UNC de Vital Kamerhe remporte 36 sièges. Derrière, l’AFDC-A de Modeste Bahati (35 sièges) et le regroupement « Agissons et Bâtissons » de Sama Lukonde (26 sièges) apportent également leur soutien à la majorité présidentielle.
Les plateformes 2A/TDC et AAP, avec respectivement 21 sièges chacune, viennent également renforcer l’ancrage parlementaire de l’Union sacrée. Pour sa part, le Mouvement de libération du Congo (MLC) remporte 19 sièges,
Avec plus de 400 députés déjà attribués, la coalition au pouvoir s’apprête à disposer d’une confortable majorité à l’Assemblée pour soutenir le programme de Félix Tshisekedi. L’Union sacrée sort grande gagnante de ce scrutin législatif en attendant la confirmation par la Cour constitutionnelle dans les prochains jours.
Avec 25 sièges remportés l’Opposition s’offre une petite victoire
Cette liste provisoire des heureux élus aux législatives a réservé quelques surprises. Contre toute attente, l’opposition a réussi à décrocher quelques sièges à l’Assemblée nationale.
Avec un total estimé à 25 députés, les partis d’opposition comme Ensemble de Moïse Katumbi, Nouvel Élan d’Adolphe Muzito et le groupement Dynamique progressiste de l’opposition républicaine (DYPRO)de Constant Mutamba ont percé et feront entendre leurs voix au sein de l’hémicycle. Parmi les élus figurent plusieurs anciens candidats à la présidentielle, dont Matata Ponyo Mapon, Constant Mutamba et Adolphe Muzito.
C’est le parti Ensemble pour la République, l’une des principales formations d’opposition, qui ressort renforcé avec une vingtaine de députés, dont l’ancien gouverneur Dominique Munongo. Malgré des accusations de fraudes, cette percée constitue une petite victoire symbolique qui leur permettra de jouer leur rôle de contre-pouvoir. Ces 25 sièges, bien que minoritaires, offrent une lueur d’espoir aux électeurs congolais qui réclament plus d’alternance politique.
9 candidats élus avec plus de 50% des voix
Par ailleurs, les résultats font état de plusieurs « élus exceptionnels« , des candidats ayant récolté plus de la majorité absolue dans leurs circonscriptions respective. Même si leur parti n’a pas atteint le seuil national, ils décrochent automatiquement un siège à l’Assemblée nationale. A cet effet, 9 candidats se sont démarqués nettement en récoltant plus de la moitié des suffrages exprimés dans leur circonscription respective.
Selon les résultats provisoires publiés par la Ceni, Edmond Mbaz (Avançons – Katumbi) signe la meilleure performance avec 31 466 voix, soit plus de 50% dans la circonscription de Kapanga au Lualaba. Matata Ponyo est également élu député de Kindu au Maniema avec 31 156 voix, bien que son parti LGD n’ait pas atteint le seuil national.
Emmanuel Mukendi (20 080 voix à Nyunzu), Adrien Bokele (11 544 voix à Dekese), Carole Agito (11 524 voix à Buta), Molendo Sakombi (10 072 voix à Lisala), Jean-Marie Mangobe (9 534 voix à Bomongo/Équateur), She Okitundu (3 600 voix à Lumumbaville) et Véronique Lumanu (2 846 voix à Kabinda) ont également dépassé les 50% dans leurs circonscriptions respectives.
Ces résultats font apparaître la réélection de nombreux membres du gouvernement Sama Lukonde 2. Sur les 53 membres, au moins 26 ont été élus ou réélus députés nationaux, dont le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, les ministres Peter Kazadi (Intérieur), Aimé Boji Sangara (Budget), Muhindo Nzangi (Enseignement supérieur) et Tony Mwaba Kazadi (Enseignement primaire, secondaire et technique).
Reconduction et arrivée de nouvelles figures
À Kinshasa, qui compte 56 sièges de députés provinciaux, 14 élus de 2018 ont été reconduits dans leurs fonctions, soit un taux de 25%. Parmi ces députés, on trouve Tony Mwaba, Samuel Mbemba et Eliezer Ntambwe élus dans la circonscription de la Lukunga. Également reconduits à Funa, Patrick Muyaya, Christelle Vuanga et Jean-Marie Lukulasi.
À Mont-Amba, Pius Muabilu, Raphaël Kibuka, Jean-Baudouin Mayo et Steve Mbikayi ont également conservé leurs sièges. Dans la circonscription de Tshangu, ce sont Paul Tshilumbu, Jonathan Bialosuka, Léonard Mota et Auguy Kalonji ont été réélus.
Cependant, de nombreuses nouvelles figures font leur entrée au Parlement. C’est le cas notamment de Peter Kazadi, Francis Tshibalabala, Godefroid Mpoy, Jerry Dikala et Marie Kyet Mutinga, élus députés nationaaux. On note également le retour de Wivine Moleka, élue en 2006 et 2011 avant d’être destituée en 2018. Autre nouvelle tête, Reagan Bakonga, ancien sénateur désormais député national.
Parmi les nouveaux élus également, plusieurs personnalités issues du régime Kabila comme Antoinette Nsamba, Accacia Bandubola, Pepito Kilala ou Amisi Makutano. Dorothée Madiya, Sangana Bilonda Clémence, Efambe Ekamba et Bimwala Ron Roger complètent cette nouvelle Assemblée nationale.
Plusieurs députés influents absents de la liste provisoire
Cette liste provisoire réserve quelques surprises. En effet, on note l’absence de plusieurs figures influentes de l’Assemblée nationale sortante, marquant ainsi un renouvellement de la classe politique congolaise.
Parmi les députés qui ne retrouveront pas leurs sièges parlementaires, on compte Delly Sesanga de la circonscription de Luiza dans le Kasaï-Central, Daniel Mbau et Daniel Nsafu, députés de la circonscription de Mont-Amba à Kinshasa, ainsi qu’Henriette Wamu, élue de Funa, également dans la capitale.
D’autres personnalités politiques telles que Juvénal Munubo, député de Walikale dans le Nord-Kivu, Josué Mufula, élu de Goma également dans le Nord-Kivu, Jean-Jacques Mamba de Lukunga à Kinshasa et Solange Masumbuko de la même circonscription, n’ont également pas été reconduits.
La Ceni explique que cette non-réélection s’explique soit par le fait que leur parti politique n’a pas atteint le seuil de représentativité nationale, soit parce qu’ils n’ont pas été choisis par leur parti pour se représenter.
Ces résultats provisoires confirment donc le renouvellement d’une partie de la classe politique congolaise à la Chambre basse. La composition définitive de la nouvelle chambre basse du Parlement sera annoncée ultérieurement, après l’examen des recours par la Cour constitutionnelle.
Ce renouvellement au sein de l’Assemblée nationale pourrait avoir un impact significatif sur la dynamique politique du pays. Les députés sortants qui ne seront pas réélus devront céder leur place à de nouveaux représentants, ce qui pourrait entraîner des changements dans les orientations politiques et les coalitions au sein du Parlement congolais.
Déjà des contestations
La star de la rumba congolaise Werrason, également connu de son vrai nom de Noël Ngiama Makanda, avait décidé de se lancer dans la politique en se présentant aux élections législatives du 20 décembre dernier dans le territoire de Bulungu, au Kwilu, en République démocratique du Congo (RDC).
Cependant, sa non-élection a été une grande déception pour ce célèbre chanteur. Selon les résultats provisoires, Werrason ne figure pas parmi les élus de sa circonscription. Dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, l’artiste dit exprimer amertume et colère face à ce résultat qu’il juge injuste. Jusqu’à la dernière minute, il se disait pourtant confiant dans sa victoire.
« Le roi de la forêt« , estime qu’un « coup monté » aurait été orchestré pendant la nuit pour l’écarter au profit d’autres candidats. Il souhaitait siéger au Parlement pour défendre les droits des artistes et lutter contre la pauvreté dans son territoire.
« J’ai été très touché aujourd’hui à 1 heure du matin. Ceux qui ont voté pour moi sont déçus, ils vont pleurer, vous les avez touchés au plus profond du cœur. Parce que j’avais un seul but une fois au parlement, défendre la culture, mon travail de la musique surtout. Les artistes meurent pauvres qui devraient être votés pour leur protection n’ont jamais été initiés. Dans le volet social, de la jeunesse, il y a à faire surtout chez moi à Bulungu, un taux élevé de la pauvreté », se plaint Werrason
Déçu et désarçonné, il ne comprend pas les raisons de son échec et affirme n’avoir rien à se reprocher. Malgré tout, Werrason remercie ses électeurs pour leur soutien et dit faire confiance à Dieu pour rétablir la justice. Sa candidature entendait porter la voix de la culture au sein du Palais du peuple. Mais sa tentative de se lancer en politique s’est finalement soldée par un revers amer lors de ce scrutin législatif en RDC.
Laurent Onyemba promet de saisir la Cour Constitutionnelle
Par contre, de son côté, Maître Laurent Onyemba l’un des cadres du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi qui a postulé dans le territoire de Katako-Kombe, sur son compte Twitter, promet de contester cette élection devant la Cour Constitutionnelle. Il affirme être le vainqueur réel du scrutin dans le territoire de Kata-Kokombe et dénonce une « loterie électorale« .
Selon l’avocat, ses preuves démontreront des irrégularités dans le dépouillement et la proclamation des résultats. Il entend faire respecter la volonté des électeurs de Katako-Kombe et leurs droits à une représentation légitime.
« Merci à tous mes électeurs. Je sais que j’ai été élu.Nous allons déposer une requête en contestation de l’élection de M. Lutundula. Nos preuves sont importantes pour dénoncer cette loterie électorale et la représentation du peuple de #Lumumba par défis. Ça passe ou ça casse», a-t-il écrit sur son compte X anciennement appelé Twitter.
Cette annonce augure donc d’une bataille juridique devant la plus haute juridiction du pays. Maître Onyemba réclame que « ça passe ou ça casse » pour la transparence du scrutin dans cette circonscription du Kasaï, fief de l’opposition.
En attendant la décision de la Cour Constitutionnelle
Cependant, ces résultats restent à ce stade provisoires et doivent encore être validés de manière définitive par la Cour Constitutionnelle. En effet, conformément au processus électoral prévu, une période des contentieux s’est ouverte. Les candidats et leurs coalitions pourront contester les résultats annoncés dans certains bureaux de vote s’ ils estiment qu’il y avait eu des irrégularités.
Ces réclamations doivent être déposées devant la Cour constitutionnelle, qui est chargée de statuer sur leur recevabilité et leur bien-fondé. Si des irrégularités sont avérées, la Cour pourra demander la reprise partielle ou totale du dépouillement dans les bureaux concernés.
Une fois toutes les réclamations traitées, la Cour constitutionnelle transmet ses conclusions à la Ceni. C’est alors que celle-ci pourra valider les résultats définitifs du scrutin présidentiel. Les prochains jours seront déterminants pour la suite du processus électoral en RDC. Christian-Timothée MAMPUYA