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Anarchie dans la mine de Rubaya : la Licoco charge le ministre Kizito Pakabomba
Sale temps pour le ministre des Mines. Dans un communiqué daté d'hier mardi 29 juillet, dont une copie est parvenue à Forum des As, la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (Licoco) l'accuse d'avoir " installé l'anarchie " dans la mine de Rubaya, dans le Masisi, au Nord-Kivu. La Licoco oppose à Kizito la violation de son propre arrêté ainsi que celle du " Code et le règlement miniers ".
Le ministre Kizito déclarait, en février dernier, " sites rouges " l'ensemble des exploitations minières du Masisi et de Kalehe, en raison de la persistance de l'insécurité et de la présence de groupes armés. Curieusement, le 12 mars 2025, il signait un arrêté accordant un permis d'exploitation (PE 16159) à la Société aurifère du Kivu et du Maniema (Sakima SA), mêlant le site de Rubaya, déclaré rouge des semaines plus tôt.
Pour la Licoco, cette décision " paradoxale " soulève des interrogations éthiques : " Ces genres d'actions sont souvent motivées par des considérations non conformes à l'intérêt général ", affirme un expert cité par cette organisation.
La Licoco ne s'arrête pas là. Elle fait savoir que le permis octroyé à Sakima SA entre en conflit direct avec les droits de Congo Fair Mining (CFM SA), bénéficiaire du PE 76 en vertu d'un contrat de joint-venture signé en décembre 2020 avec la société CDMC SARL. Cette situation de double attribution viole, selon un consultant cité par l'ONG, l'article 30 du Code minier et l'article 40 bis du règlement minier.
Une décision du Conseil d'État, rendue le 6 mai 2025, avait pourtant confirmé l'appartenance du PE 76 à CFM SA, en rétablissant la cartographie initiale de 360 carrés.
Volonté de contourner la loi
Autre fait qui intrigue la Licoco, la célérité avec laquelle le patron du secteur minier aurait agi. En l'espace de 48 heures, trois décisions majeures ont été prises :
11 mars : réhabilitation du PE 76 par le ministre ; Le même jour : dépôt d'une demande de transformation par Sakima auprès du Cadastre minier ; 12 mars : signature de l'arrêté octroyant à Sakima le permis litigieux.
Cette précipitation, pour la Licoco, trahit " une volonté manifeste de contourner la loi", au mépris des engagements du gouvernement en faveur de la transparence.
Ces dénonciations surviennent à l'heure où Fatshi compte sur la "diplomatie minière " pour attirer des investisseurs américains et stabiliser l'Est du pays. " De telles pratiques sapent les efforts du chef de l'État et mettent en péril les négociations en cours avec Washington ", prévient la Licoco, qui appelle à des châtiments contre le ministre des Mines et les dirigeants de Sakima SA, ainsi qu'au respect strict de la décision du Conseil d'État. Elle demande au président Tshisekedi de " rappeler à l'ordre son ministre " et de "veiller à la moralisation de la gouvernance minière ".
FDA