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15 % du Budget 2023 doivent être affectés au secteur de la santé, plaide le PCA de l’ODEP
Le premier ministre Jean Michel Sama Lukonde a déposé le 15 septembre, jour de la rentrée parlementaire, le projet de budget 2023 à l’Assemblée nationale. Ce budget est chiffré à 14, 6 dollars américains. Soit, une augmentation de près de 32%, par rapport au budget 2022 estimé à 12 milliards USD
Tout en saluant le côté ambitieux de ce budget, caractérisé par une hausse, entre autres, le fait d’attribuer à l’augmentation des recettes au niveau des régies financières, certains acteurs de la société civile attirent l’attention du Parlement, autorité budgétaire, sur la nécessité de veiller à une affectation judicieuse, en tenant compte des projets prioritaires dont la couverture Santé universelle.
Lors d’un entretien hier dimanche 18 septembre, avec Forum des As, hier le président du Conseil d’administration de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), Florimond Muteba, a plaidé pour qu’au moins 15 % de ce budget soient affectés au secteur de la Santé afin de permettre au Gouvernement de bien financer le vaste projet de « couverture santé universelle », initié par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi.
» Pour pouvoir réaliser la couverture sanitaire universelle, le projet du président, il faudra déjà que la Loi de Finances prévoit au moins 15% du budget pour atteindre ne serait-ce que la moitié des moyens cherchés. Au départ, il faut au moins 4 milliards de dollars américains. Pour que cela soit possible, il faut que la moitié, soit 2 milliards USD, vienne du budget« , a-t-il déclaré.
Selon le numéro 1 de l’ODEP, les parlementaires doivent aussi veiller à ce que l’allocation au secteur de l’agriculture soit relevée à au moins 10 % (environ 1,5 milliards USD), conformément aux projets ambitieux concoctés par le Gouvernement dans le domaine, mais aussi aux accords de Maputo dont la RDC est membre.
» Il y a aussi le secteur agricole. Nous, au niveau de la société civile, allons bientôt nous réunir pour voir quelles sont les corrections qu’il faut faire, des observations pertinentes à proposées à la commission Ecofin de l’Assemblée nationale. Il faut consacrer au moins 10% du budget à l’agriculture. Il y a quelques années, les accords de Maputo ont recommandé aux pays pauvres comme le nôtre de relever le budget de l’agriculture à moins 10%. Cela veut dire que dans ce cas précis, on doit avoir au moins 1,5 milliards USD pour l’agriculture ».
Le professeur Florimond Muteba a, par ailleurs, insisté sur la rationalisation des dépenses afin de permettre au pays d’atteindre ses assignations budgétaires. Il a souligné sur l’importance de lutter contre les dépassements budgétaires tant décriés.
« Avec la mobilisation des recettes, telle que nous l’avons constatée depuis 2020, il y a l’espoir qu’on peut atteindre les assignations promises par les différentes régies financières. Le seul problème est la rationalité qu’on doit attendre des recettes qui vont être réalisées. La qualité de la dépense. C’est cela qui nous a toujours causé des problèmes. Mais le fait d’avoir un budget de 14 milliard et penser qu’on peut les atteindre, c’est une bonne chose« , a conclu le PCA de l’ODEP.
La couverture santé universelle est un projet ambitieux initié par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi. Au cours de la 50ème réunion du Conseil des ministres, le premier ministre, Sama Lukonde, s’est félicité des étapes franchies dans la mise en œuvre de ce projet dont la signature des décrets portant création, organisation et fonctionnement de l’Autorité de régulation et de contrôle de la couverture santé universelle (ARCCSU) ; du Fonds de solidarité de la santé (FSS) ; du Fonds de promotion de la santé (FPS) ; de l’Institut national de santé publique INSP); et de l’Agence nationale d’ingénierie clinique et du numérique de la santé (ANICNS).
Ces établissements publics ainsi créés, a dit le Premier ministre, seront dotés dans un avenir proche, des animateurs pour concrétiser l’axe 49 du Programme du gouvernement de la République, consacrant la mise en œuvre effective d’un système de Couverture santé universelle en RDC.
Environ 4 % ont été consacrés au secteur de la santé dans le budget 2022, contre environ 2% pour l’agriculture avec un très faible taux d’exécution. Orly-Darel NGIAMBUKULU