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Rentrée parlementaire : Kabund appelle à la mobilisation contre le changement de Constitution
À un jour de la rentrée parlementaire du 15 septembre, Jean-Marc Kabund appelle ses partisans à descendre dans les rues de Kinshasa et à se mobiliser à travers le pays contre tout projet de changement de la Constitution. Le président de l'Alliance pour le changement (A.Ch.) et figure de la coalition C64 présente cette journée comme un moment décisif pour défendre, selon lui, la Constitution, la démocratie et l'État de droit.
"Le 15 septembre 2026 nous donne rendez-vous avec l'histoire ", a lancé Jean-Marc Kabund dans un message diffusé jeudi 10 septembre.
L'ancien premier vice-président de l'Assemblée nationale demande une mobilisation massive pour dénoncer ce qu'il qualifie de "tyrannie, mensonge et manipulation" et rejeter tout changement constitutionnel qui, selon lui, pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
À Kinshasa, les militants de la coalition C64 sont appelés à se regrouper suivant les consignes qui leur seront communiquées, avant de se diriger vers le Palais du Peuple. Objectif affiché : aller à la rencontre des députés afin de leur faire entendre leur opposition à toute initiative de révision ou de changement de la Loi fondamentale.
UNE MOBILISATION APPELÉE À S'ÉTENDRE AUX PROVINCES
"Nous serons tous dans les rues pour dénoncer la tyrannie, le mensonge et la manipulation. Nous serons dans les rues pour rejeter avec force le changement de Constitution", a insisté Kabund.
La mobilisation ne devrait pas se limiter dans la capitale. La C64 appelle également ses militants de l'intérieur du pays à se rassembler et à se diriger vers les différentes assemblées provinciales pour exprimer leur opposition au changement de la Constitution.
Pour Jean-Marc Kabund, cette journée doit également servir à dénoncer la guerre qui se poursuit dans l'Est du pays. Il estime que le conflit profite à "un petit groupe d'individus" aux intérêts économiques et politiques.
Dans son message, il invite ainsi les manifestants à faire du 15 septembre un double rendez-vous : défendre la Constitution et dénoncer la poursuite des hostilités dans l'Est du pays.
UNE RENTRÉE PARLEMENTAIRE SOUS TENSION
Cette mobilisation intervient alors que les deux Chambres du Parlement reprennent officiellement leurs travaux ce mardi 15 septembre, après trois mois de vacances parlementaires. Prévue par l'article 115 de la Constitution, cette rentrée ouvre la session ordinaire de septembre, traditionnellement consacrée en grande partie à l'examen du budget de l'État.
À l'approche de cette journée, le climat politique s'est davantage tendu à Kinshasa. Augustin Kabuya, député national et chef du parti présidentiel, a saisi le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, pour solliciter un décalage de l'heure de la rentrée parlementaire, invoquant notamment des raisons sécuritaires.
POUVOIR ET OPPOSITION CAMPENT SUR LEURS POSITIONS
De son côté, la C64 a maintenu son appel à la mobilisation le même jour. L'Assemblée nationale ne s'est pas alignée à la demande d'Augustin Kabuya sur le décalage de l'heure. Elle appelle les députés nationaux et sénateurs à prendre part à la séance plénière à 13h dans la salle du Congrès du Palais du Peuple.
La question constitutionnelle s'impose ainsi parmi les principaux enjeux politiques de cette rentrée parlementaire. La coalition C64 accuse le pouvoir de vouloir modifier la Constitution dans le but de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Le camp présidentiel rejette, pour sa part, cette lecture. Le pouvoir nie tout lien entre la réforme constitutionnelle envisagée et l'avenir politique du chef de l'État, soutenant que l'objectif recherché est plutôt de renforcer les institutions et d'adapter le cadre constitutionnel aux réalités du pays.
Alors que députés et sénateurs s'apprêtent à reprendre leurs sièges, Kinshasa se retrouve donc au croisement de deux agendas : la reprise officielle des travaux parlementaires et la mobilisation de l'opposition contre toute modification de la Constitution. Le 15 septembre s'annonce ainsi comme une journée à forte portée politique, dont l'issue pourrait peser sur le débat institutionnel des prochains mois.
Jérémie ASOKO