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Le projet Pifores amène un nouveau vent, une nouvelle dynamique de développement dans ses zones d'intervention, notamment dans le territoire de Luozi. L'intérêt que la population a manifesté à ce…
Pifores : la dynamique du projet à l'épreuve du bac
Le projet Pifores amène un nouveau vent, une nouvelle dynamique de développement dans ses zones d'intervention, notamment dans le territoire de Luozi. L'intérêt que la population a manifesté à ce projet innovant lors de la session d'information organisée le 1er septembre, à Luozi, présente des signes d'espoir.
Un projet innovant dans la mesure où il apporte une nouveauté car il propose une solution qui n'existait pas ou améliore fortement l'existant. En plus, il apporte aussi une valeur ajoutée en ceci qu'il résout un problème précis, celui de la reboisement des forêts et la restauration des savanes devenues désertiques. Enfin, en même temps que Pifores redonne de l'espoir à une population à la merci d'un environnement déséquilibré, il prend un certain risque car la réussite dudit projet est suspendu à l'implication ou à son adoption ou non par le public cible.
Cependant, des défis ne manquent pas Pas de moindre importance. Le chef de ce Pifores, Willy Bongolo Diangana, en a évoqué l'un des plus cruciaux de nature à annihiler les efforts consentis ou les résultats obtenus. Parmi ces obstacles, Willy Bongolo a épinglé le bac dont l'état actuel est fort inquiétant et peu rassurant, même si des promesses d'un nouveau bac sont d'autant plus nombreuses que les bénéficiaires restent encore sceptiques.
“ LE BAC POSE PROBLÈME”
“Quand on parle de 1.000 hectares d’agroforesterie, on sous-entend arbres + cultures. Par cultures, on entend le manioc, les arachides, les noix de palme, les maïs et consorts. Or, tous ces produits doivent être évacués. Mais le bac pose problème. Vous avez assisté à la première traversée du bac d'un véhicule d'oranges de 20 tonnes du projet Pifores. Ce sont des produits qui pourrissaient auparavant, faute de véhicules, dans un coin reculé du territoire. Ce même projet veut aussi contribuer à réhabiliter certains ouvrages d'art, notamment des longs ponts. Il y a donc que ce bac puisse être vite opérationnel. Nous craignons que tout ce que nous comptons insuffler, quel résultat il va donner, mais le blocage pourrait provenir de la traversée”, s'est inquiété le chef de Pifores/Luozi et Songololo.
Aidons le numéro un de Pifores/Luozi & Songololo à ajouter à sa liste d'autres produits qui méritent d'être évacués du territoire pour les centres de consommation. Les oranges, les ananas, les bananes, les safous, les tomates, les piments, les gingembres, du fufu, des chikwangues sont produits en quantité industrielle dans le territoire de Daniel Kanza.
BAC ET ROUTES, DES DEFIS MAJEURS
Le mauvais état du bac qui assure actuellement, bon an mal an, les traversées du fleuve Congo des véhicules, des motos et des personnes ne constitue qu'un seul aspect de la problématique des défis auxquels est confronté le programme Pifores. En effet, en plus du bac, la majorité des routes de desserte agricole du territoire de Luozi sont en très mauvais état. Même si le problème du bac trouve solution, il restera celui de la réhabilitation des routes. Malheureusement, leur réfection n'est pas à l'ordre du jour des autorités provinciales. En tout cas, à ce jour. L'inquiétude de Willy Bongolo est fondée dans la mesure où lors de notre dernier voyage avec l'équipe de Crafod, agence locale d'exécution (ALE) de Pifores, la vue du véhicule de grand tonnage de Pifores transportant des oranges m'a donné de l'espoir. Un espoir vite douché par la vue d'un vieux bac ployant sous le poids de ce véhicule.
En dépit de ces écueils, Pifores est loin de baisser les bras. La détermination, l'abnégation, la volonté, le patriotisme, l'expertise avérée de l'équipe qui pilote Pifores sont un atout majeur pour la réussite de ce projet innovant.
Kléber KUNGU
De retour de Luozi