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Les dessous du rapprochement entre l’Iran et le Soudan
L’Iran voit le Soudan comme un bon partenaire commercial pouvant ouvrir la porte sur d’autres marchés africains, raison pour laquelle Téhéran a repris ses relations avec Khartoum, expliquent a Sputnik deux politologues.
La fin d’une brouille longue de 7 ans. L’Iran et le Soudan ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques, rompues en 2016. Un rapprochement dû en particulier à des raisons économiques et à l’importance des marchés africains pour Téhéran, comme l’explique à Sputnik le politologue Emad Abshenas.
La Soudan pourrait en particulier devenir un hub pour redistribuer les exportations iraniennes à travers toute l’Afrique. Khartoum pourrait également produire des denrées agricoles dont l’Iran a besoin, voire acheter des armes pour répondre à ses besoins de défense, souligne l’expert.
« L’Iran considère qu’une partie de ses marchés économiques se trouve en Afrique. Il cherche à établir de bonnes relations avec l’un des pays à l’Est du continent, pour qu’il devienne la base de ses exportations […] Le Soudan pourrait devenir une plaque tournante de la production industrielle et agricole iranienne pour la réexportation vers d’autres pays africains« , explique-t-il ainsi.
Ce rapprochement parachève en outre la normalisation des relations entre l’Iran et la plupart des pays arabes. Seuls le Maroc et Bahreïn n’entretiennent pas officiellement de relations politiques avec Téhéran, mais cela pourrait changer dans un avenir proche, souligne encore Emad Abshenas.
Réparer une erreur
Côté soudanais, ce réchauffement avec l’Iran est aussi vu d’un bon œil. La rupture diplomatique n’a rien apporté aux deux pays et appartient désormais à l’histoire ancienne, a ainsi expliqué à Sputnik Rabia Abdelati, leader de l’initiative d’accord national « Appel au Soudan« .
« La rupture des relations entre le Soudan et l’Iran il y a de nombreuses années n’a pas profité aux deux pays ; elle est allée à l’encontre de leurs intérêts. La décision d’aujourd’hui est une correction […] L’Iran a fait beaucoup de bonnes choses au Soudan, je ne me souviens de rien de mal. C’est ce dont nous avons besoin« , a-t-il ainsi déclaré
Dans un contexte de conflit contre les Forces de soutien rapide (RSF), Khartoum a « particulièrement besoin d’une coordination avec ses voisins« , explique encore le responsable.
L’Iran et le Soudan avaient rompu leurs relations en 2016, après des attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes à Téhéran et à Mashhad.