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LE PRIX NOBEL DE LA PAIX LEVE LE MYSTERE SUR SES AMBITIONS , Dr Denis Mukwege : « J’accepte d’être votre candidat à la Présidence »
* « Je n’ai ni or, ni argent à vous donner. Je n’ai même pas des t-shirts et des casquettes à distribuer. Mais, ce que j’ai de plus précieux, « mes convictions, mon expérience, mon amour pour chacun de vous, mon amour pour notre pays, je vous la donne ».
Prix Nobel de la Paix en 2018, Dr Denis Mukwege accepte désormais de postuler à la magistrature suprême en République démocratique du Congo. Cette annonce, il l’a faite hier lundi 2 octobre lors d’une conférence de presse à la paroisse Notre Dame de Fatima, à Kinshasa.
« Le moment propice, c’est maintenant… J’accepte d’être votre candidat à la Présidence de la République démocratique du Congo« , a déclaré à cet effet l’illustre gynécologue congolais après des mois de conjectures sur ses intentions relatives à sa candidature à la présidentielle du 20 décembre prochain.
Pourquoi maintenant et non plus tard? Denis Mukwege lève le mystère. « Nombreux m’ont dit que le système est verrouillé par le pouvoir, que le régime actuel organisera la fraude électorale pour gagner les élections à venir, qu’il fallait attendre, que le moment sera plus propice en 2028. Et bien, je le souligne : le moment propice, c’est maintenant« , martèle-t-il.
« Pour moi, précise le médecin de Panzi, ce n’est pas le gain émanant du pouvoir qui me motive. Ma seule motivation est de sauver notre patrie, de redresser notre pays, de relever la dignité de notre peuple« . Ceux qui sont attirés par le pouvoir pour le pouvoir sont dans l’Union
Sacrée et soit disant »du bon côté de leur histoire ». Nous, nous sommes avec le peuple. Nous sommes du bon côté des intérêts de notre peuple. Face à la décadence, nous ne pouvons pas attendre sa disparition pour agir. Demain sera tard ! C’est aujourd’hui. C’est pourquoi je suis prêt et que j’y vais maintenant ».
Une collecte de femmes pour la caution
Face à une foule de sympathisants venus lui porter main forte, le Prix Nobel de la Paix en 2018 s’est réjoui de pouvoir, enfin, répondre à la pressante demande de la population. « C’est depuis une dizaine d’années qu’au travers de nombreuses associations et personnalités représentatives de notre très riche diversité, les Congolaises et les Congolais m’exhortent à m’engager davantage à leurs côtés en me présentant comme candidat à la présidence de la République« , affirme-t-il.
« C’est ainsi qu’en dépit de leurs ressources très limitées, nos vaillantes femmes du Congo sont allées jusqu’à se cotiser et me remettre, la semaine dernière, un montant de 160 millions de francs congolais, pour payer la caution de ma candidature, telle qu’exigé par la loi. Je leur exprime en toute humilité et du fond de mon cœur toute ma gratitude« , lâche »l’homme qui répare les femmes ».
« Depuis l’année dernière, ses soutiens, dont beaucoup d’intellectuels congolais, poussaient Denis Mukwege à se lancer dans la bataille politique. Un terrain sur lequel il ne s’était pas encore aventuré, même si sa voix est depuis longtemps très critique à l’égard du pouvoir« , relève l’Agence France presse.
« Le 16 septembre, depuis sa ville de Bukavu, dans l’est de la RDC, il avait annoncé avoir reçu de ses partisans les 100.000 dollars de caution requis par la commission électorale pour tout dépôt de candidature à la présidentielle. « Quand le peuple décide de prendre le pouvoir, aucun système ne peut s’y opposer », leur avait-il alors dit, sans dévoiler ses intentions« , souligne Le Courrier international.
« On m’a conseillé de ne pas salir ma blouse blanche »
A 68 ans, le médecin de Panzi décide de se lancer dans la course présidentielle pour tâcher, selon lui, de sauver le pays du gouffre. « Certes, notre pays va mal. Le risque de le voir disparaitre de la carte du monde est élevé, mais cette tragédie n’est pas une fatalité. Le Momentum est là pour renverser la vapeur et changer de direction. Ensemble, attaquons-nous au mal qui ronge l’édifice de notre Nation. Nous sommes capables d’éloigner le danger et de résoudre ces problèmes« , fait-il remarquer.
Optimiste, Denis Mukwege ne veut pas du tout céder au fatalisme ambiant qui hante tant de ses compatriotes. « Sur le plan individuel, confie-t-il, certains m’ont conseillé de ne pas salir ma blouse blanche, immaculée en allant servir mon peuple dans la politique active. Mais, comment me contenter des tapis rouges et les honneurs individuels quand l’ensemble de notre peuple est humilié chaque jour, partout dans le monde et, pire même, dans notre propre pays ? », s’interroge-t-il.
« Je suis d’abord un citoyen indigné, assure-t-il. Je suis un citoyen révolté par tant de misères du peuple et l’incurie des dirigeants politiques successifs. C’est un immense gâchis. Les citoyens ont le devoir d’intervenir dans les affaires publiques, surtout lorsque la nation est en danger. C’est mon cas aujourd’hui« .
« Je suis (donc) prêt, dit-il. Il faut avoir le courage de renoncer à son confort personnel par patriotisme, pour l’intérêt national. Celui qui n’a pas le courage de s’indigner et de se révolter n’a pas le droit de se plaindre, a dit Martin Luther King. Après, c’est la continuité de mon action et de mon engagement depuis 41 ans au service de mon pays, de mon peuple, des plus démunis et vulnérables, des malades, des victimes des violences, de l’homme. J’ai toujours mis l’homme au centre de mon combat et de mon action« .
« L’heure de la rupture est arrivée ».
A la veille du dépôt de sa candidature, Denis Mukwege se refuse de drainer des foules par des cadeaux alléchants lors de la campagne électorale. « Je n’ai ni or, ni argent à vous donner. Je n’ai même pas des t-shirts et des casquettes à distribuer. Mais, ce que j’ai de plus précieux, »mes convictions, mon expérience, mon amour pour chacun de vous, mon amour pour notre pays », je vous la donne« , indique-t-il.
Fervent admirateur du Président Nelson Mandela, Prix Nobel de la Paix 1993, Denis Mukwege se fixe des principes de gestion des affaires de l’Etat. « Notre pays est malade de sa classe dirigeante. Il mérite une classe politique moins résignée, mais surtout moins insouciante, moins égoïste, moins cynique, moins avide des biens faciles… Je sais que c’est un exercice de conscience et de responsabilité qui, tôt ou tard, s’impose à tout leader qui vit en osmose avec ses concitoyens« .
Pour le Prix Nobel de la paix 2018, »l’heure de la rupture est arrivée »: « L’alternance ignominieuse, imposée par un arrangement pernicieux n’a fait que changer des visages des dirigeants, sans extirper le cancer de pratiques corrompues et prédatrices et sans apporter de nouvelles valeurs fondatrices destinées à inciter chacune des filles et chacun des fils de notre pays à apporter dans la dignité et dans l’ardeur sa pierre dans le redressement du pays. L’heure n’est plus au compromis avec les antivaleurs qui ruinent les fondements de la plupart des catégories de notre société« .
Vivement le travail et la discipline
Conscient des enjeux de l’heure, Denis Mukwege fixe l’opinion sur sa stratégie pour relever le Congo. « L’Afrique et le monde attendent de nous un réveil et un sursaut de dignité pour qu’enfin, nous jouions notre rôle naturel de locomotive de ce grand continent. Nous devons passer d’une société négative à une société positive. D’une société passive à une société active. D’une société déprimée à une société conquérante, digne, fière, solidaire, profondément humaine et forte de sa diversité ethno-culturelle« .
« Et pour y arriver, souligne-t-il, je ne connais qu’une recette : le travail et la discipline. C’est le projet de société que je vous propose. Dans l’histoire de l’humanité, je ne connais pas un peuple, une société qui a atteint la grandeur ou qui s’est redressée, sans ériger l’exigence en valeur suprême. Si, demain, vous décidez de me confier la conduite de notre destin commun, ce que je vous promets, c’est le travail, le travail et encore le travail. L’effort, la discipline et le sérieux« . Yves KALIKAT
Discours d’investiture du Dr Mukwege comme candidat à la Présidence de la République Démocratique du Congo. Kinshasa le 02/10/2023
Ba maman, ba tata, bilenge ya Congo, mbote na bino nyonso
Lelo nde lelo, ngonga ekoki.
Suka na suka lelo tokutani
Suka na suka lelo tomona
Mesdames et messieurs, chers amis,
Avant toute chose, je vous invite à vous lever pour une minute de méditation pieuse pour les victimes des guerres, des massacres, des assassinats, des crimes et de plusieurs autres barbaries commis dans notre pays, que ce soit ici à Kinshasa, à Kwamouth, à Beni, en Ituri, à Goma et dans des nombreuses contrées de la RD Congo
Mesdames et messieurs,
Merci d’être venus nombreux m’accueillir ici à Kinshasa. Vous êtes des milliers issus des 24 communes de notre Capitale et des 26 provinces de notre grand et beau pays. Merci d’avoir bravé l’ardeur du soleil, la distance et les péripéties très contraignantes de nos routes.
Mes chers frères et soeurs, mes chers amis,
Merci pour la chaleur de vos coeurs et pour votre confiance en la personne de votre serviteur qui se tient devant vous aujourd’hui.
Mesdames et messieurs,
C’est depuis une dizaine d’années qu’au travers de nombreuses associations et personnalités représentatives de notre très riche diversité, les Congolaises et les Congolais m’exhortent à m’engager davantage à leurs côtés en me présentant comme candidat à la présidence de la République.
C’est ainsi qu’en dépit de leurs ressources très limitées, nos vaillantes femmes du Congo sont allées jusqu’à se cotiser et me remettre, la semaine dernière, un montant de 160 millions de francs congolais, pour payer la caution de ma candidature telle qu’exigé par la loi.
Je leur exprime en toute humilité et du fond de mon cœur toute ma gratitude. Acclamons-les très fort.
Je me suis longtemps retenu de répondre à ces appels car, bien qu’au fait de très dures réalités qu’endurent notre peuple, il n’est pas dans mon caractère de m’engager dans une responsabilité aussi grave et noble de manière hasardeuse.
En effet, depuis quarante ans, je soigne des malades. Depuis quarante ans, je vis aux côtés des plus démunis de notre société. Ils sont trop nombreux. Ils sont des millions : des femmes, des hommes, des jeunes et des enfants qui subissent des privations inhumaines. Ils vivent dans une grande misère parce que notre pays va mal. Notre pays va très mal. Et, à ce jour, rien n’est fait pour arrêter l’hémorragie.
En dépit du torrent de promesses qui lui sont faites par des gouvernants inconséquents, irresponsables et incompétents, l’insécurité, la faim, la maladie, le chômage, l’humiliation sont le lot quotidien de notre peuple.
Bien que doté d’un potentiel incommensurable de développement, notre pays est devenu la honte du continent et la risée du monde. Terrassé de l’intérieur par la mauvaise gouvernance et de l’extérieur par des rapaces qui, depuis trop longtemps, font main basse sur ses richesses, il est plus que jamais menacé d’implosion et de balkanisation.
Oui, notre pays est menacé dans son unité, menacé dans son intégrité, menacé dans ses fondations même.
Nous sommes devant une crise existentielle sans précédent, caractérisée par des violations répétées des textes règlementaires, y compris la Loi fondamentale, menaçant même le vivre ensemble, le débauchage politique, les interventions des forces étrangères sur le territoire national sans débat, ni autorisation du Parlement, la désignation par défi des magistrats de la Cour constitutionnelle.
Cette crise existentielle concerne également la prédation des ressources nationales. A titre d’exemple, des accords léonins ont permis de brader 75% des minerais du Katanga à certaines entreprises étrangères dont l’impact sur le développement de notre pays est hypothétique.
Ce bradage se fait au moment où notre peuple manque de tout. Il manque des infrastructures (routes, aéroports, voies ferrées, voies aériennes), il manque d’énergie, il manque d’eau potable, alors que nous avons l’une de plus grandes réserves d’eau douce au monde. Il meurt de faim en dépit du potentiel agricole exceptionnel de notre pays, condamné honteusement à importer de la nourriture, faute de production locale.
Cette crise est aussi sécuritaire : la balkanisation de notre pays n’est plus une vue de l’esprit. Elle est une réalité dangereuse avec les désastres causés par la présence de centaines de groupes armés locaux et étrangers dans notre pays, la sous-traitance de la sécurité du territoire à des armées étrangères de l’Easten African Community et bientôt SADC, sans oublier le M23, une milice supplétive du Rwanda en RDC qui commet des graves crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Théoriquement, nous sommes en guerre contre le Rwanda. Mais dans les faits, notre gouvernement lui a bradé notre souveraineté douanière en permettant aux marchandises venant du Rwanda d’entrer sur notre territoire sans payer les taxes et, faute d’une politique bancaire incitative, l’argent des Congolais est gardé dans des banques Rwandaises. C’est une évidence que nous ne gagnerons jamais la guerre qui nous est imposée en laissant notre gouvernement de continuer à financer nos agresseurs en sous-main.
Cette crise est aussi politique : la désignation du bureau de la CENI non consensuelle, les assassinats politiques et crimes d’Etat sont légion, la restriction de l’espace des libertés et la violation des droits, les arrestations arbitraires des militants de la société civile, des journalistes, des opposants politiques inquiètent.
Certes notre pays va mal, le risque de le voir disparaitre de la carte du monde est élevé, mais cette tragédie n’est pas une fatalité.
Le Momentum est là pour renverser la vapeur et changer de direction.
Ensemble, attaquons nous au mal qui ronge l’édifice de notre Nation.
Nous sommes capables d’éloigner le danger et de résoudre ces problèmes.
Nombreux m’ont dit que le système est verrouillé par le pouvoir, que le régime actuel organisera la fraude électorale pour gagner les élections à venir, qu’il fallait attendre, que le moment sera plus propice en 2028.
Et bien, je le souligne : le moment propice, c’est maintenant.
Pour moi, ce n’est pas le gain émanant du pouvoir qui me motive. Ma seule motivation est de sauver notre patrie. Ma seule motivation est de redresser notre pays. Ma seule motivation est de relever la dignité de notre peuple.
Ceux qui sont attirés par le pouvoir pour le pouvoir sont dans l’Union
Sacrée et soit disant » du bon côté de leur histoire « . Nous nous sommes avec le peuple, nous sommes du bon côté des intérêts de notre peuple.
Face la décadence, nous ne pouvons pas attendre sa disparition pour agir.
Demain sera tard ! C’est aujourd’hui, C’est pourquoi je suis prêt et que j’y vais maintenant.
Sur le plan individuel certains m’ont conseillé de ne pas salir ma blouse blanche, immaculée en allant servir mon peuple dans la politique active.
Mais, comment me contenter des tapis rouges et les honneurs individuels quand l’ensemble de notre peuple est humilié chaque jour, partout dans le monde et pire, même dans notre propre pays ?
Je suis d’abord un citoyen indigné. Je suis un citoyen révolté par tant de misères du peuple et l’incurie des dirigeants politiques successifs. C’est un immense gâchis. Les citoyens ont le devoir d’intervenir dans les affaires publiques, surtout lorsque la nation est en danger. C’est mon cas aujourd’hui.
Je suis prêt.
Il faut avoir le courage de renoncer à son confort personnel par patriotisme, pour l’intérêt national. Celui qui n’a pas le courage de s’indigner et de se révolter n’a pas le droit de se plaindre, a dit Martin
Luther King.
Après, c’est la continuité de mon action et de mon engagement depuis
41 ans au service de mon pays, de mon peuple, des plus démunis et vulnérables, des malades, des victimes des violences, de l’homme. J’ai toujours mis l’homme au centre de mon combat et de mon action.
Je suis prêt !
Mais ma réponse aujourd’hui est conditionnée par un engagement et responsabilité collective
Nous devons tous comme peuple être conscient des problèmes graves qui entachent le processus électoral : fraude massive préparée, corruption, détournement / instrumentalisation des institutions et des finances publiques.
La réponse collective doit être une Indignation, une résistance à cette nouvelle forme d’esclavage et de prédation et la révolution démocratique pour faire valoir nos droits.
Nous devons faire appel solennel au rassemblement de toutes les forces acquises au changement et éprises de la patrie qui crient au secours, pour le salut de la nation (société civile, partis politiques, confessions religieuses.
La mobilisation pour une prise de conscience populaire peut tout changer et faire basculer l’histoire : notre peuple a su le montrer dans le passé, le peuple finit toujours par vaincre. Je compte sur vous, peuple congolais, pour faire obstacle à ceux qui nous oppriment et nous affament. Ceux qui veulent maintenir nous et les générations futures en esclavage. Faisons le choix entre l’esclavage et la liberté.
Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,
Je n’ai ni or, ni argent à vous donner. Je n’ai même pas des t-shirt et des casquettes à distribuer. Mais ce que j’ai de plus précieux, » mes convictions, mon expérience, mon amour pour chacun de vous, mon amour pour notre pays » je vous la donne.
Levons-nous, marchons à la suite des pères de l’indépendance de notre pays pour prendre en main notre destin et refonder notre Nation.
Mesdames et messieurs,
Je l’ai dit : notre nation est en péril. Sa souveraineté est devenue précaire.
Sa Constitution est foulée aux pieds par celui qui est supposé en être le garant suprême. Des accords opaques et dangereux sont conclus avec des pays agresseurs sans consultation ou sous le regard complaisant du
Parlement et au mépris du sacrifice de nos vaillants soldats et des résistants morts au front.
Mesdames et Messieurs
Depuis quarante ans, à l’hôpital de Panzi, à la Fondation Panzi et dans les mouvements de la société civile, j’essaie à mon échelle de soulager la douleur d’une femme blessée dans sa chair et au plus profond de son intimité. J’essaie de redonner une perspective professionnelle à des femmes, des hommes et des jeunes bourrés de talents, mais dont malheureusement la souffrance n’intéresse nullement les salons de jouissances de ceux qui ont la charge de diriger.
Après quatre décennies de travail assidu sur le terrain et face à la gravité des malheurs de notre peuple et de son sort très déplorable, il est temps pour moi de réévaluer la nature de mon engagement pour notre peuple et avec notre peuple.
Admirateur du Président Nelson Mandela, Prix Nobel de la Paix 1993, je sais que c’est un exercice de conscience et de responsabilité qui, tôt ou tard, s’impose à tout leader qui vit en osmose avec ses concitoyens.
Notre pays est malade de sa classe dirigeante. Il mérite une classe politique moins résignée, mais surtout moins insouciante, moins égoïste, moins cynique, moins avide des biens faciles.
L’alternance ignominieuse, imposée par un arrangement pernicieux n’a fait que changer des visages des dirigeants, sans extirper le cancer de pratiques corrompues et prédatrices et sans apporter des nouvelles valeurs fondatrices destinées à inciter chacune des filles et chacun des fils de notre pays à apporter dans la dignité et dans l’ardeur sa pierre dans le redressement du pays.
L’heure n’est plus au compromis avec les antivaleurs qui ruinent les fondements de la plupart des catégories de notre société.
L’heure de la RUPTURE est arrivée.
Avec cette armée de femmes dynamiques et responsables comme vous,
Avec des hommes courageux et travailleurs comme vous,
Avec cette jeunesse ardente et talentueuse en face de moi, il n’y a pas dans mon esprit l’ombre d’un doute concernant la renaissance de notre pays. Cette renaissance nécessaire et inéluctable, tant souhaitée et tant attendue de nous tous.
Nous ne sommes pas n’importe quel pays. Nous sommes le grand Zaire d’hier respecté en Afrique.
Nous avons un évident destin de grandeur. Demain, nous serons un géant africain. Demain nous serons un géant mondial.
Notre place n’est pas au salon de pessimistes.
Notre place n’est pas au salon de défaitistes.
Notre place n’est pas au salon des inconscients et des viveurs
débonnaires.
Notre place est sur le podium du développement.
Nous sommes un peuple d’avenir.
L’Afrique et le monde attendent de nous un REVEIL et UN SURSAUT DE DIGNITE pour qu’enfin, nous jouions notre rôle naturel de locomotive de ce grand continent.
Nous devons passer d’une société négative à une société positive. D’une société passive à une société active. D’une société déprimée à une société conquérante, digne, fière, solidaire, profondément humaine et forte de sa diversité ethno-culturelle.
Pour y arriver je ne connais qu’une recette : LE TRAVAIL ET LA
DISCIPLINE. C’est le projet de société que je vous propose.
Dans l’histoire de l’humanité, je ne connais pas un peuple, je ne connais pas une société qui a atteint la grandeur ou qui s’est redressée, sans ériger l’exigence en valeur suprême.
Si, demain, vous décidez de me confier la conduite de notre destin commun, ce que je vous promets c’est le travail, le travail et encore le travail. L’effort, la discipline et le sérieux.
Sous le leadership que vous me donnerez, l’ardeur au travail, l’excellence éthique, le mérite, les initiatives privées individuelles et collectives seront érigés en valeurs cardinales.
Nous devons travailler avec nos têtes et nos mains pour qu’enfin nos enfants cessent de mourir de faim sur cette terre sublime.
Nous devons devenir un vivier d’entrepreneurs créateurs d’emplois, de richesse et de prospérité pour tous.
Nous devons devenir un pôle d’attraction pour les investissements nationaux et étrangers, si indispensables au développement de notre pays.
Nous devons travailler pour que chaque Congolaise et chaque Congolais ait accès à l’emploi, à une habitation décente, à l’éducation, à la santé, aux infrastructures, à une vie digne.
A ce propos, mon offre sociétale repose sur un certain nombre de piliers essentiels commençant par la PAIX et la SECURITE. J’aurai l’occasion de m’y appesantir prochainement.
Sous le leadership que vous me confierez, cette perspective se réalisera et fleurira, j’en suis sûr. Et cela avec la participation de chaque Congolais et Congolaise grâce aux initiatives de tous.
Grâce également au retour de l’Etat et de son autorité organisatrice, régulatrice, protectrice et incitatrice au travail.
Nous voulons un Etat moderne, rigoureux, efficient, juste, qui ne laisse personne sur le bord de la route et qui incarne le progrès, la solidarité et l’espérance.
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
J’ai entendu votre Appel.
L’Appel du peuple du Congo profond.
J’ai compris que vous souhaitez que j’incarne votre espoir en des jours meilleurs.
Cet espoir ne sera possible que si tous, individuellement et collectivement, désirons réellement et profondément un CHANGEMENT véritable de nos mentalités et une gouvernance véritablement nouvelle pour notre pays.
Je ne viens pas pour la continuité.
Je vous propose une véritable rupture. Ensemble travaillons pour arrêter le déclin en cours.
Ensemble cherchons et exprimons le meilleur qui se trouve en nous.
Car nous savons que la grande majorité des Congolais aspire à tourner le dos à l’absence d’éthique et de responsabilité au sommet de l’Etat.
Absence qui a engendré et entretenu le désordre politique.
Absence qui a occasionné l’immense gâchis économique et social et qui alimente le désastre sécuritaire que nous connaissons sous le régime actuel.
Absence qui, si rien n’est fait maintenant, conduit inexorablement et rapidement notre pays vers la situation dangereuse d’un Etat failli.
Dans une démocratie, ce changement que nous appelons de nos vœux ne peut passer que par le VOTE. C’est vous qui, le 20 décembre prochain, déciderez du sens que votre vote prendra.
En ce qui me concerne, tirant les leçons de nos faiblesses collectives, des lacunes et des vicissitudes des trois derniers scrutins présidentiels, j’appelle à la COALITION et à l’UNITE de toutes les forces du changement pour faire gagner notre peuple.
Dans le contexte de profonde et dangereuse décadence de notre pays, cette exigence de l’unité doit transcender toutes les autres considérations.
Je me tiens à la disposition de toutes les forces qui veulent rencontrer les attentes légitimes, mais chaque fois déçues de notre peuple.
Je veux ardemment contribuer à l’émergence des conditions favorables à cet essor et cet envol commun que j’appelle de toutes mes forces.
L’avenir que nous voulons est un CONTRAT SOCIAL entre un dirigeant et le peuple. Ce contrat impose à chaque partie des responsabilités.
J’ai fait état de ce que je crois être mon devoir vis-à-vis des futurs électeurs que vous êtes et vis-à-vis des futurs alliés.
Quant à vous, permettez-moi de vous dire que votre devoir en tant que citoyen sera d’abord d’aller voter massivement pour le changement.
Mais, il ne suffira pas d’aller voter pour espérer gagner. Les derniers cycles électoraux nous ont démontré et appris que les résultats des votes publiés par la CENI sont rarement conformes à la vérité exprimée par les citoyens.
C’est une réalité indiscutable et malheureuse qui risque de se répéter le
20 décembre prochain, du fait de nombreuses et graves irrégularités, dénoncées par la plupart des organisations de la société civile, particulièrement la CENCO et l’ECC.
La fraude est d’ores et déjà programmée. Nous le savons tous.
Ne soyez pas naïfs. Votre devoir n’est pas seulement d’aller voter. Il est aussi de vous assurer que votre vote ne sera pas volé.
Notre combat implique la vigilance du peuple congolais. Une vigilance active. Une vigilance de terrain.
Pour cela, il faudra vous mobiliser massivement et pacifiquement pour contrôler le processus à chaque étape. C’est de votre droit. Votre droit constitutionnel opposable à tous.
Ne restons pas les bras croisés. Nous l’avons trop longtemps fait, et en subissons les conséquences.
Nous avons le droit de contester les résultats d’une élection truquée, avant, pendant et après le scrutin.
Le vote est un des moment-clé d’une démocratie, nul n’a le droit de l’usurper au risque de mettre en marche une REVOLUTION
DEMOCRATIQUE. Car le peuple est le seul souverain. Et les femmes et les jeunes ont un rôle central à jouer dans cette révolution démocratique.
Face à un peuple déterminé à défendre ses droits constitutionnels, le régime actuel aurait raisonnablement intérêt à tirer les leçons des récentes mésaventures de certains dirigeants africains qui ivres du pouvoir se sont crus plus forts que le peuple. Nous congolais nous ne sommes pas un peuple de moutons.
J’ai fait le tour de la question en soulignant le contrat de redevabilité qui nous lie. Chacun a sa part de responsabilité dans ce grand projet de reconstruction de notre pays.
L’une des clés de cette renaissance est entre vos mains : c’est le VOTE.
Faites que votre vote permette de briser le cercle vicieux du sous-développement, de libérer l’intelligence collective et de propulser les forces novatrices pour donner un nouvel élan à notre pays.
Sous le leadership que vous me confierez, nous travaillerons ensemble pour que notre pays devienne une puissance économique, intellectuelle, militaire, agricole, pastorale, énergétique, technologique, sportive, culturelle et écologique.
Mais cette puissance et cette grande ambition pour notre pays n’auront de sens que si elles se fondent sur une éthique élevée de rectitude, une exigence de solidarité nationale et un engagement pour la paix afin d’assurer la promotion de la femme congolaise et de l’homme congolais, seule raison d’être de ma présence devant vous aujourd’hui.
déclare que JE SUIS PRET à réaliser ce projet avec vous.
J’ACCEPTE D’ETRE VOTRE CANDIDAT A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO.