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La République démocratique du Congo et la République algérienne démocratique et populaire ont signé à Alger, un mémorandum d'entente destiné à structurer et intensifier leur partenariat dans…
La RDC et l'Algérie signent un mémorandum d'entente pour renforcer la coopération dans les hydrocarbures
La République démocratique du Congo et la République algérienne démocratique et populaire ont signé à Alger, un mémorandum d'entente destiné à structurer et intensifier leur partenariat dans le secteur des hydrocarbures.
L'accord a été paraphé par la ministre d'État, ministre des Hydrocarbures de la RDC, Acacia Bandubola Mbongo, et son homologue algérien, Mohamed Arkab, ministre d'État, ministre de l'Énergie et des Mines. Ce document marque la mise en place d'un cadre général de collaboration entre les deux pays dans un secteur stratégique pour leurs économies respectives.
Cette signature vient concrétiser un processus engagé, depuis novembre 2025, à Brazzaville, en marge des travaux de l'Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO). Elle traduit la volonté de Kinshasa de s'appuyer sur l'expertise de l'Algérie, considérée comme l'un des piliers énergétiques du continent, afin de renforcer la structuration de son secteur pétrolier.
La rencontre d'Alger s'inscrit ainsi dans une dynamique de coopération technique et institutionnelle, visant à accompagner la RDC dans la valorisation de son potentiel en hydrocarbures, encore largement sous-exploité.
Pour ce déplacement qualifié de stratégique, la ministre d'État Acacia Bandubola était accompagnée d'une délégation de haut niveau, comprenant notamment le secrétaire général aux Hydrocarbures, le directeur général de la Sonahydroc ainsi que l'ambassadrice de la RDC en Algérie, Rose Osaka Okitundu.
Cette présence élargie témoigne de l'importance accordée par Kinshasa à ce partenariat, dans une logique de transfert de compétences et de renforcement institutionnel.
Face aux autorités algériennes, la ministre congolaise a rappelé l'ampleur du potentiel pétrolier du pays, réparti notamment entre le Graben Albertine, le Graben Tanganyika, le bassin côtier ainsi que la vaste cuvette centrale.
QUATRE AXES MAJEURS DE COOPERATION
Dans cette perspective, Kinshasa entend structurer son secteur autour de quatre axes majeurs de coopération avec Alger.
Le premier axe concerne la promotion des blocs pétroliers et l'attraction des investissements. La RDC souhaite s'inspirer de l'expérience algérienne en matière de valorisation internationale des opportunités pétrolières, de structuration des appels d'offres et de négociation avec les investisseurs.
Le deuxième axe porte sur la gestion et la valorisation des données pétrolières. Kinshasa ambitionne de renforcer ses capacités techniques dans la mise en place d'une banque de données moderne, conforme aux standards internationaux, afin d'améliorer la conservation et l'exploitation des informations géologiques et pétrolières.
Le troisième axe est lié à la gouvernance et à la structuration du secteur amont. La RDC souhaite bénéficier de l'expérience algérienne en matière d'organisation institutionnelle, de régulation et de contrôle des opérations pétrolières, tout en renforçant les capacités de sa société nationale, la Sonahydroc. Une coopération technique directe entre Sonahydroc et la Sonatrach est également encouragée.
Le quatrième axe concerne la formation et le renforcement des capacités humaines. Il s'agit de développer des programmes conjoints dans les domaines de la géologie, de la géophysique, de l'ingénierie pétrolière, de l'économie des hydrocarbures, de la gestion des données et de la régulation sectorielle.
UNE COOPERATION SUD-SUD RENFORCEE
Au-delà de l'exploration et de la production, la RDC affiche également son ambition de moderniser l'ensemble de sa chaîne de valeur énergétique. Les discussions ont ainsi intégré le secteur aval, notamment le raffinage, le stockage et la distribution.
Kinshasa a exprimé un intérêt particulier pour l'expertise algérienne en matière d'approvisionnement pétrolier, de gestion du gaz de pétrole liquéfié (GPL), ainsi que pour le développement d'infrastructures logistiques adaptées au transport et à la distribution des produits pétroliers.
Cette signature consacre une étape importante dans le renforcement de la coopération sud-sud entre Kinshasa et Alger. Elle s'inscrit dans une dynamique de diversification des partenariats énergétiques de la RDC, qui entend transformer son potentiel en hydrocarbures en levier de développement économique.
Par ce mémorandum, les deux pays posent ainsi les bases d'une coopération technique durable, axée sur le transfert de compétences, la structuration institutionnelle et la modernisation du secteur pétrolier congolais.
Jérémie ASOKO