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Sahara marocain : la jurisprudence espagnole
La reconnaissance du plan d’autonomie comme la base la plus sérieuse par Madrid sonne comme un déclic pour l’Union européenne
La dynamique internationale positive autour du Sahara marocain vient de connaître un autre moment fort. Après la reconnaissance par les Etats-Unis d’Amérique- première puissance planétaire- de la marocanité du Sahara , voici le pas de géant accompli par l’Espagne, ex-puissance coloniale ayant occupé la partie sud du Maroc .Par la bouche la plus autorisée qui soit, Madrid considère l’initiative marocaine d’autonomie comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend régional hérité de feu la » guerre froide« .
Articulée par le Président du gouvernement espagnol, la position de l’Espagne est à très large spectre. D’abord, en tant qu’ancienne puissance coloniale, l’Espagne se met en cohérence avec son propre passé. Le Sahara que Madrid a occupé jusqu’au milieu des années 70 n’était pas une terra nullius -territoire sans maître-. Loin de là.
En plus du droit, de la sociologie et de la géographie, l’histoire -quantité d’archives faisant foi- renseigne que les chefs de tribu des provinces du sud faisaient allégeance au Souverain marocain. Cette « béia » valait marocanité du Sahara avant l’occupation espagnole. Au départ de l’occupant, la mémorable Grande marche verte lancée le 6 novembre 1975 -350.000 personnes- aura valeur de référendum grandeur nature sur l’attachement du peuple marocain à l’intégrité de son territoire.
Depuis, les populations des provinces du sud n’ont cessé de multiplier les preuves de leur appartenance à la mère patrie. Que ce soit à l’occasion des séjours du Souverain -le Roi Mohammed VI ces vingt dernières années – dans l’une ou l’autre ville complètement transformée du Sahara marocain ou lors des différentes élections avec des taux de participation souvent supérieurs à la moyenne nationale.
Exit l’auberge espagnole sur le Sahara
Ensuite, la déclaration du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez met un terme au ni-ni espagnol sur lequel les séparatistes estampillés « Polisario » et leurs parrains ont longtemps surfé pour entretenir un conflit artificiel. Exit donc l’auberge…espagnole sur la question du Sahara. On imagine le trouble dans le chef des généraux sans troupes basés à Tindouf et la nervosité dans le camp de leurs soutiens.
Enfin, la clarification de la position de l’Espagne génère une jurisprudence à l’échelle européenne. Fort de son précédent historique, Madrid donne un argument de poids aux autres capitales européennes pour plébisciter le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine présenté par Rabat en 2007. Une initiative adoubée par l’essentiel de la communauté internationale comme base sérieuse et réaliste pour une solution pérenne au différend régional autour du Sahara marocain. José NAWEJ