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Remue-ménage à la Primature : Le personnel a une semaine pour préparer l’arrivée du futur chef du gouvernement
Les informations dignes de foi nous renseignent que l’intendance de la Primature a tout au plus une semaine pour préparer l’arrivée du futur Premier ministre. Le déménagement a déjà commencé. Tous les biens meubles sont en train d’être évacués avant le travail de renouvellement de la peinture des différents bureaux.
Tout ce que le cabinet Sama a utilisé est à évacuer. Mais le comble est que, faute d’entrepôt pour garder tous ces biens, l’intendant a décidé de les distribuer à titre grâcieux au personnel qui en exprime le désir.
Pour un pays comme la RDC dont l’économie est fébrile, engager des dépenses pour la rénovation de la Primature, à chaque nomination d’un nouveau Premier ministre relève tout simplement de la folie de grandeur.
PASSER PAR LA PASSATION DES MARCHES
Dans le cas d’ espèce, le chef du gouvernement sortant n’a pas passé plus de trois ans dans l’immeuble de l’avenue des 3Z. Vaut-il la peine de renouveler les meubles et autres biens utilisés par le Premier ministre et ses collaborateurs ?
Encore faut-il souligner que tout ce mobilier n’est pas de qualité quelconque. Ses coûts doivent être prohibitifs, et pour l’acquérir ce sont d’importantes sommes d’argent que le Trésor public est appelé à décaisser. S’il faut comparer ces dépenses de prestige à celles qu’exigent notamment la réhabilitation des routes et la construction des infrastructures scolaires et hospitalières, il y a de quoi à crier au scandale.
Si besoin il y avait à doter le futur cabinet de nouveaux biens et équipements en remplacement de ceux qui sont usés, la procédure normale exige de passer par la passation des marchés pour l’acquisition et affecter ceux usés à des services qui souffrent de manque d’outils de travail. Mais les distribuer vaille que vaille à des personnes qui n’ en ont peut-être pas besoin, résulte de l’irrationnalité.
Réduire le train de vie des institutions : un simple slogan ?
Depuis l’année dernière, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a instruit le gouvernement de réduire le train de vie des institutions, Cela veut clairement dire de revoir à la baisse tous les avantages alloués aux personnels politiques et leurs dépendants. Malheureusement, rien de concret n’est fait dans ce sens. Cette recommandation n’a apparemment connu aucun début d’exécution.
EMOLUMENTS DES ELUS : DE 21.000 USD A 33.000 USD
Au contraire, des sources concordantes et crédibles rapportent que les émoluments des députés sont passés de 21.000 à 33.000 dollars américains dans le budget 2024. Toutefois, avec leurs émoluments actuels de 21.000 dollars américains pour 500 députés et 104 sénateurs, et 31.000 pour 65 ministres, sans inclure le montant de la dotation présidentielle, un expert comptable s’est exercé à une projection qui est devenue virale sur les réseaux sociaux. Selon lui, si on réduit ne fût-ce que de 10. 000 dollars les émoluments de toutes ces personnalités, le Trésor public gagnerait plus de 7 millions de dollars américains par mois. Et si cette somme était répartie à toutes les 26 provinces, chacune encaisserait pas moins de 260.000 dollars américains. Ce qui est un montant important pour ces provinces. Car ces sommes permettraient à ces entités de construire chacune au moins deux écoles et deux centres hospitaliers. À ces émoluments connus, si on ajoute ceux d’autres mandataires publics qui touchent des salaires exorbitants, on peut aller bien au-delà des chiffres que cet expert a brandis, et le pays s’en serait bien sorti sans recourir à la Banque mondiale, au FMI ou à la BAD.
Ce scénario est fort possible si et seulement si tous ceux qui se battent pour occuper des postes dans différentes institutions politiques ont réellement l’amour de la patrie. Mais s’ils ne viennent que pour leurs propres intérêts, comme c’est le cas que nous vivons depuis des années, la RDC ne fera que régresser au grand dam de la population qui verra ses conditions de vie se déprécier d’année en année.
Dans cet exercice de bonne gouvernance, le plus facile à faire est d’ éviter des dépenses extravagantes et souvent inutiles, telles que celles de renouvellement des meubles de la Primature que nous venons d’ évoquer, des missions de service à caractère touristique et ce qu’on qualifie des dépenses de souveraineté. On doit éviter donc d’être des tombeaux de Danaïdes ou des paniers percés en se gardant des dépenses faramineuses. Muke MUKE