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RDC : les calvaires des LGBT
En Afrique, beaucoup de pays considèrent toujours l’homosexualité comme un crime. Dans ces différents Etats, être homosexuels est un calvaire. Parfois mortel. L’homosexualité n’est pas hors-la-loi en République démocratique du Congo (RDC), mais les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres et les Intersexués (LGBT) sont mal vus au sein de la société et sont régulièrement traités comme des criminels. Ils sont la cible de violences psychologiques, parentales voire intrafamiliales, des brutalités physiques. Cela se traduit dans certaines familles par des violences dont la gravité peut aller jusqu’à la mise en danger des jeunes concernés. Des victimes qui en ont les moyens fuient le pays vers des cieux sûrs, où les droits des minorités sexuelles sont garantis.
Les violences arbitraires et la discrimination dont sont victimes ces personnes ont des conséquences graves sur leur quotidien.
Régulièrement, les personnes LGBT se voient battues et agressées par des groupes de jeunes que ce soit dans leur quartier ou dans la rue.
Ce n’est pas tout. Elles sont constamment injuriées et on les accuse de tous les maux telle que la sorcellerie ou même parfois d’être responsables des malheurs du pays. Ces personnes trouvent difficilement du réconfort dans leurs familles qui parfois les rejettent. Socialement, leur vie est un calvaire car le travail leur est refusé et ils sont parfois excommuniés de leurs églises. Peu d’entre eux terminent leurs études, notamment les homosexuels en raison d’une part des violences subies mais aussi parce que les directeurs d’écoles ou d’universités craignent qu’ils influencent les autres élèves. Et pourtant, l’homosexualité est dépénalisée en RDC.
Il y a deux ans, un scandale a éclaté à l’Institut du Bâtiment et des Travaux Publics (I.N.B.T.P) où une vidéo montrant les ébats des étudiants gays a été publiée. L’affaire a fait grand bruit. Humiliés, traités de tous les noms par leurs collègues, les concernés n’ont pas eu d’autres alternatives que fuir le site universitaire pour échapper aux supplices que leur faisaient subir la communauté estudiantine.
En marge de la journée du 17 mai, consacrée à l’homophobie, une équipe de reporters de Forum des As est descendue sur les lieux pour en savoir davantage sur ce qui s’était réellement passé. Une source qui a requis l’anonymat, a indiqué l’adresse de l’une des victimes du nom de Kingenge Lubela. Sur le place, le père de King, dans une espèce de colère contenue, a non seulement refuser de se confier aux journalistes, mais a laissé entendre qu’il n’avait pas de nouvelles de son fils depuis la révélation de son orientation sexuelle…
Il sied de préciser qu’à la différence d’autres pays de la région comme l’Ouganda et le Kenya, la RDC n’a jamais pénalisé l’homosexualité. Mais l’acceptation sociale des LGBT demeure un défi dans le pays de Lumumba.
FDA