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Proposition de révision de la constitution : Le CALCC indexe le prof Isidore Ndaywel
M. Isidore Ndaywel, une des grandes têtes pensantes de la RDC, et membre influent du Conseil de l’Apostolat des laïcs catholiques du Congo (CALCC), vient de jeter le pavé dans la marre en proposant la révision de la constitution actuelle du pays. Réagissant aussitôt après les propos tenus par l’un de ses membres influents, lors d’une conférence tenue dernièrement au collège Boboto, le CALCC n’est pas allé par le dos de la cuillère pour manifester son opposition à l’idée de la révision de la Loi fondamentale telle qu’émise par le prof Ndaywel.
La révision souhaitée par ce dernier concerne le mandat du président de la République qui serait proté à 9-10 ans non renouvelable.
Dans un communiqué de presse rendu public le mardi 29 août dernier, le CALCC qualifie d’affront contre le peuple congolais, ce projet de révision constitutionnelle.
Selon cette structure de la société civile très proche de l’église catholique romaine, ce projet a déjà été proposé par le parti politique « Vent de l’avenir » lors de son congrès, avant d’être relayé par le prof Isidore Ndaywel, lors d’une conférence qu’il a animée au Centre culturel Boboto, dans la commune de Gombe.
Pour les membres du Bureau du CALCC, les organisateurs de cette « aventure » politique doivent se rendre compte que leur ballon d’essai a choqué la conscience de plus d’un Congolais. Ils sont priés de ne plus revenir sur ce sujet sensible, surtout dans le contexte actuel d’un processus électoral très mal engagé dont on n’est pas encore sûr qu’il va aboutir.
À ce sujet, d’aucuns se demandent pour quelle raison cet éminent intellectuel s’est permis de soulever un tel débat, sachant que lors du mandat précédant celui de l’actuel chef de l’Etat, la ville de Kinshasa a connu trois journées chaudes avec mort d’hommes, à la simple évocation de lier l’organisation des élections à la fin du recensement de la population.
A cette époque-là, Isidore Ndaywel faisait partie du CALCC dont il était l’un des brain trust. Qu’aujourd’hui il vienne toucher à cette question qui a toujours mis les nerfs des Congolais à rude épreuve, il y a lieu de se poser sincèrement la question de savoir si la RDC a réellement une élite qui défende des idéaux objectifs, et non les hommes.
À ce propos, nous sommes en droit de nous rappeler le principe selon lequel les gens excellents discutent sur les idées, tandis que les médiocres discutent sur les hommes.
Cette proposition du prof Ndaywel émane-t-elle de lui-même ou d’une officine, qui voulait se servir de sa notoriété pour lancer son ballon d’essai ?
Rien n’est moins sûr d’ autant plus que l’histoire récente de la politique rd congolaise nous en dit long sur le manque de cohérence de notre élite. Pour preuve, lors des débats sur la question de la souveraineté ou pas de la Conférence nationale dans les années 90, un enseignant de sciences politiques, de l’université de Lubumbashi s’il vous plaît, était monté sur le podium du Palais du peuple, pour déclarer sans gêne que le peuple belge n’était pas souverain. C’était en pleine journée, au moment où il était conscient que des millions de Congolais, parmi lesquels ses propres étudiants, étaient en train de le suivre. Il est évident qu’une telle prise de position n’a pas été faite pour défendre le droit en tant que science, mais elle a été faite pour des dividendes obscurs.
Au regard de la situation actuelle que traverse le pays dont la plupart des indicateurs sont au rouge, l’on peut mettre en place autant de Plans Marchall, nous n’avancerons pas si l’homme congolais, surtout ses cadres, ne se transforme pas fondamentalement. Car, le goût du lucre s’est incrusté dans son for intérieur au point où la raison n’a plus de place dans ses réflexions. Muke MUKE