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Procès tentative coup d’État : le ministère requiert la peine de mort pour 50 des 51 accusés
Le procès de l’affaire du coup d’État manqué suit son cours. À l’audience du mardi 27 août, devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe, l’officier du ministère public, le lieutenant-colonel Innocent Radjabu Bashiru, a pris ses réquisitoires et demandé la peine de mort pour 50 des 51 personnes poursuivies.
Selon le ministère public, les 50 accusés sont coupables «d’association des malfaiteurs, d’attentat, de terrorisme, de meurtre et de tentative d’assassinat» en lien avec leur tentative de renverser le régime du président Félix Tshisekedi. Seul le prévenu Tikimo Gunuma Makulu a été reconnu malade mental après expertise médicale, et l’organe de la loi a demandé son acquittement.
Pour les autres accusés, le lieutenant-colonel Innocent Radjabu a demandé aux juges d’appliquer l’article 7 du Code pénal militaire et de prononcer «une peine unique, celle-là plus forte, soit la peine capitale». Il a également requis la confiscation et restitution de biens saisis lors des investigations.
Concernant les demandes en réparation, le ministère public a indiqué que l’action civile déposée par la République démocratique du Congo et six victimes civiles devrait être jugée recevable et fondée. Il a donc demandé aux juges de condamner les prévenus au paiement de dommages et intérêts à leur profit. En revanche, il a estimé irrecevables les demandes en dommages et intérêts formulées par certains prévenus dont l’auberge Momo,se constituant également parties civiles.
«Vous allez recevoir l’action civile et la déclarer fondée, uniquement celle des parties ayant réellement subi les préjudices et non de celles qui ont une double casquette; de condamner en conséquence les prévenus au paiement des dommages et intérêts au bénéfice des vraies parties civiles, nous citons Kevin Tamba, Shako Chiko Amba, Kasongo Kambimbi Paul, Stephie Elonga, Shako Clovis, Esther, Kalala Jackson. Pas celles-là qui sont comme des chauves-souris. Vous allez les condamner au paiement des dommages et intérêts à la hauteur des préjudices subis par chacune des parties civiles et à toute autre peine que votre Tribunal estimera en bonne justice. Vous aurez rendu justice», a-t-il indiqué.
Face à la gravité des accusations et à la sévérité des peines requises, les avocats de la défense ont demandé un report de l’audience.
«Nous sollicitons une remise en vue de mieux préparer notre plaidoirie, étant donné la gravité des peines requises par le ministère public», a déclaré Me Richard Bondo, président du collectif des avocats des prévenus.
Après ces réquisitions, la parole sera donnée aux avocats de la défense lors de la phase des plaidoiries. Le Tribunal se retirera ensuite pour délibérer et rendre son verdict dans les délais légaux. Ce procès, toujours en cours, vise à établir les responsabilités dans cette tentative de coup d’État survenue dans la nuit du 18 au 19 mai dernier.
Les 51 personnes poursuivies sont accusées d’avoir orchestré une attaque contre le Palais de la Nation, bureau officiel du président, ainsi que contre la maison de Vital Kamerhe, alors ministre de l’Économie nationale au moment des faits. Ces actes sont qualifiés de terrorisme, de détention illégale d’armes, et de financement du terrorisme.
Christian-Timothée MAMPUYA