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Malgré sa condamnation à six mois par le tribunal : Stanis Bujakera quitte enfin la prison ce mardi !
Stanis Bujakera, directeur de publication adjoint d’ACTUALITE.CD, est condamné à six mois de prison. Les accusations portées en son encontre remontent à la publication d’un article sur les circonstances du décès du député Cherubin Okende. Le journaliste a été accusé d’avoir fabriqué une note attribuée à l’Agence nationale des renseignements (ANR), bien qu’il n’ait pas rédigé cet article en question.
Malgré des preuves présentées en faveur de son innocence, les juges ont déclaré Stanis Bujakera coupable de toutes les infractions qui lui étaient reprochées, soulignant qu’il s’agissait d’un concours idéal d’infractions. La peine prononcée est de six mois de servitude pénale et une amende d’un million de francs congolais.
Cette peine de 6 mois, prononcée par le tribunal est largement inférieure aux 20 ans de prison ferme requis par le parquet. Elle correspond, en réalité, au temps déjà passé par Stanis Bujakera en détention préventive depuis son arrestation le 8 septembre dernier. Par ailleurs, sa condamnation, assortie de circonstances atténuantes, va lui permettre de quitter la prison de Makala dès ce mardi.
LA DÉFENSE PROMET D’INTERJECTER
Maître Jean-Marie Kabengele, avocat du journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, n’est pas satisfait de la décision rendue ce lundi par le tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. S’exprimant devant la presse après le prononcé du jugement, le conseil a annoncé son intention de faire appel.
L’avocat déplore que » tous les moyens de défense déposés n’aient pas été correctement examinés par les juges « . Selon lui, le tribunal a » pris partie » en prenant en compte de manière erronée les échanges entre son client et le journaliste Romain Gras, intervenus après la publication de l’article dans Jeune Afrique, pour les interpréter à tort comme antérieurs.
« C’est une dénaturation des faits« , dénonce Me Kabengele. Il estime que les magistrats n’ont pas analysé objectivement tous les éléments du dossier qui prouvent l’innocence de Stanis Bujakera.
» Nous allons interjeter appel contre cette décision surprenante, car tous les moyens de défense déposés n’ont pas été correctement examinés par les juges. Nous guiderons notre client sur la marche à suivre. Le tribunal a pris partie en prenant en compte les échanges entre notre client et monsieur Romain Gras, intervenus après la publication de Jeune Afrique, et en les interprétant comme antérieurs à l’article » , a déclaré à la presse Me Jean-Marie Kabengele.
Par cet appel, La Défense entend laver l’image du journaliste, dont l’arrestation et la détention préventive pendant près de sept mois ont été vivement critiquées comme une atteinte à la liberté de la presse.
ACTUALITE.CD ENCOURAGE LES AVOCATS À FAIRE APPEL DE LA DÉCISION
Dans un communiqué diffusé le même jour, ACTUALITE.CD estime que son confrère est innocent. Le média est convaincu que « tous les moyens de défense n’ont pas été correctement examinés « . Il exprime, par ailleurs » sa profonde gratitude » pour le soutien reçu durant cette épreuve qualifiée de « difficile », qui constituait selon ce média en ligne, une atteinte à la liberté de la presse en RDC.
ACTUALITE.CD appelle fermement les avocats du journaliste à interjeter appel de cette condamnation qu’il juge injustifiée. Le média réaffirme son engagement indéfectible en faveur de la liberté de la presse, valeur fondamentale qu’il continuera à défendre dans l’exercice de sa mission d’information.
JED ET UNPC CROIENT À L’INNOCENCE DU JOURNALISTE PEU IMPORTE LE VERDICT
Cette issue, qui met fin à près de 7 mois d’incarcération, devrait soulager les défenseurs des droits humains et de la liberté de la presse en l’occurrence Journaliste en Danger (JED) et l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC)qui à la veillent de ce verdict, ont eu tenu une conférence de presse.
Pour Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l’organisation Journaliste en Danger (JED), qui était à l’initiative de l’appel à la mobilisation, « il est établi que Stanis est innocent de toutes ces accusations ». Il s’attend donc à son acquittement mercredi.
En cas de condamnation, même légère, M. Tshivuadi appelle les journalistes congolais à se lever comme un seul homme pour défendre la liberté de la presse.
» Puisqu’il est établi que Stanis est innocent de toutes ces accusations, nous n’attendons rien d’autre que son acquittement. Si jamais il était condamné à 6 mois ou moins que ça, nous devrions, en tant que journalistes, nous lever comme un seul homme pour résister à cette tentative de musèlement de la presse, de confiscation de nos libertés. Il ne s’agit pas seulement de défendre Stanis mais de défendre un des fondements même de la démocratie qu’est la liberté de presse, liberté d’expression « , a déclaré M. Tshivis.
» Nous avons suivi les accusations du ministère public et les plaidoiries des avocats. Jusqu’à la clôture de ces plaidoiries, le ministère public n’a pas été en mesure de démontrer preuve à l’appui ses accusations. Il n’a pas apporté des preuves de tout ce dont il accusait Stanis d’avoir fabriqué des faux documents ou d’avoir falsifié des documents officiels « , rappelle Tshivis Tshivuadi.
Abondant dans le même sens, le président de l’Union nationale de la presse congolaise et internationale a consacré une tribune pour exiger la libération de Stanys Bujakera.
» Suite à l’arrestation que nous jugeons injuste de notre confrère Stanislas Bujakera, dont le verdict risque d’être prononcé ce mercredi 20 mars, au nom de la presse de Kinshasa, y compris les correspondants des médias internationaux, je vous invite à une grande mobilisation dès maintenant pour soutenir Stanis Bujakera (…) Quelle que soit l’issue, Stanis Bujakera est innocent « , a conclu Jean-Marie Kasamba, le président de l’UNPC. Christian-Timothée MAMPUYA