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LIBERTÉ DE LA PRESSE EN RDC : Allemagne, Canada, France, Norvège, Pays-Bas et Suisse préoccupés par la détention continue du journaliste Stanis Bujakera
L’Allemagne, le Canada, la France, la Norvège, les Pays-Bas et la Suisse se disent préoccupées par « la détention continue du journaliste congolais Stanis Bujakera« . En témoigne la déclaration conjointe rendue publique hier jeudi 14 mars par l’ambassadeur helvétique à Kinshasa, à travers une plateforme dénommée « Média Freedom Coalition » (MFC).
« En tant que membres de la Coalition pour la liberté des médias, nous sommes préoccupés par la détention continue du journaliste Stanis Bujakera », ont déclaré les ambassades de ces pays accrédités en RDC. L’Allemagne, le Canada, la France, la Norvège, la Hollande et la Suisse demandent, à cet effet, aux autorités de la RDC d’assurer « un procès juste et équitable en accord avec le droit national et international« .
Par ailleurs, ces États disent affirment qu’ils suivent de près « les procédures en cours et sont prêtes « à soutenir la liberté d’une presse indépendante et pluraliste ».
Arrêté depuis le 8 septembre 2023, Stanis Bujakera, directeur de publication du journal en ligne « Actualités.cd » totalise six mois de détention à la prison centrale de Kinshasa.

Lors de l’instruction de son dossier, toutes les demandes de sa liberté provisoire introduites par ses avocats ont été systématiquement rejetées par le Tribunal de Grande instance de la Gombe. Tribunal a reçu, le vendredi 8 mars, les réquisitoires du Procureur Serge Bashonga qui a requis 20 ans de servitude pénale contre Bujakera pour « contrefaçon, faux en écriture, usage de faux, et propagation de faux bruits ».
Dans le cadre de cette dernière audience à la prison de Makala, l’un des points déterminants pour l’issue de ce procès, a été la remise du Rapport de l’Expert désigné par le Tribunal. Rapport qui démontre qu’il est impossible de déterminer que Stanis Bujakera est le premier émetteur du document attribué à l’Agence nationale des renseignements (ANR), qui imputait la mort du Député de l’opposition, Chérubin Okende, aux renseignements militaires. Ce Rapport contredit celui de l’Expert du Procureur sur lequel il fondait ses accusations.
Appelé également à s’exprimer à la barre, le journaliste Stanis Bujakera a, une fois de plus, demandé au Procureur d’apporter des preuves de ses accusations.
« Journalistes en danger » (JED) soutient cette demande et s’insurge contre ces graves accusations sans preuves. Alors que « ce procès injuste » tend vers son dénouement, JED attend de juges du Tribunal de Grande instance de la Gombe, qu’ils fassent montre d’un ultime sursaut d’honneur et d’indépendance, en ordonnant l’acquittement pur et simple de Stanis Bujakera.
Rachidi MABANDU