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A l’hôpital Saint Joseph, les grévistes redoutent d’être suspendus à la prochaine évaluation
A l’hôpital Saint Joseph de Kinshasa, les médecins ne se soustraient pas au mot d’ordre de grève donné depuis le lundi 12 juillet par le Syndicat libre des médecins, le Syndicat des médecins du Congo et le les médecins membres du Syndicat national des médecins (SYNAMED). Les activités se déroulent au ralenti dans cet établissement médical qui est un des centres de traitement de riposte contre la Covid-19 de la capitale. » Nous nous sommes conformés aux modalités de la grève « , atteste un médecin expliquant que les grévistes sont suspendus à la prochaine évaluation prévue le vendredi 16 juillet.
A l’entrée du site hospitalier, tout est calme. Vers les services des urgences, un homme habillé en blouse blanche est debout devant l’entrée. A la question de savoir si la grève des médecins est effective à Saint Joseph, il s’empresse de nous répondre « oui, d’ailleurs sur 10 médecins commis aux urgences, il n’y en a que 2 qui sont là pour assurer la prise en charge des cas extrêmes« . A quelques mètres de là, un groupe de personnes est debout en train de tailler bavette. Ce sont les membres du SYNAMED venus se rassurer qu’il y a effectivement grève.
L’atmosphère de la grève est visible à Saint Joseph. Un nombre réduit des médecins peu visibles dans la cour de l’hôpital s’occupe des cas graves, abandonnant un grand nombre de malades. Quelques rares services sont opérationnels notamment les banques du sang. » On organise un service minimum avec des modalités suivantes : sortie précoce des malades hospitalisés, gestion accélérée des malades en post opératoire, annulation des actes électifs programmés, suspension des consultations externes, prise en charge des urgences extrêmes uniquement « , soutient un infirmier requérant l’anonymat.
Visiblement les médecins œuvrant à l’hôpital Saint Joseph sont en colère. Ils s’estiment lésés. Ils réclament auprès du Gouvernement central le paiement de la prime de risque, l’inscription sur les listes de paie des médecins » nouvelles unités « . Ils revendiquent également la suppression de l’impôt sur le revenu professionnel (IPR) prélevé sur la prime de risque professionnel mais aussi la réactivation des rubriques immunisées de la rémunération, notamment le transport et le logement devront être payés aux médecins. « S’il n’y a pas satisfaction aux revendications posées, la grève va se poursuivre et risque de se radicaliser. Comme il y a une instruction consistant à demander aux médecins des assemblées générales, ils vont se retrouver, ils vont se réunir et émettre l’avis définitif et on verra la suite « , promettent-ils.
Rachidi MABANDU