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LEVEE DU MORATOIRE SUR LA PEINE DE MORT : Théophile Mbemba demande au Gouvernement de commencer par réorganiser la justice
La levée par le Gouvernement du moratoire sur l’exécution de la peine de mort ne cesse de susciter des réactions de tout genre. La dernière en date est celle de Théophile Mbemba, président national de l’Alliance pour l’alternance et le progrès (AAP). Dans une conférence de presse tenue dernièrement, le patron de AAP est revenu sur le diagnostic fait dernièrement par le président de la République sur la justice comme quoi « la justice de notre pays est malade ». Aussi s’est-il insurgé contre la décision du Gouvernement de lever le moratoire sur la peine capitale. Il estime qu’en le faisant, le Gouvernement « vient de donner » à « la justice malade le droit de tuer ». Par conséquent, il propose au Gouvernement de réorganiser d’abord la justice selon le diagnostic du président de la République. Cette réorganisation passe notamment par l’amélioration des conditions de travail et de vie des magistrats ainsi que des auxiliaires de justice. FDA
Point de vue du Président National de AAP sur la levée de moratoire sur l’exécution de la peine de mort en RDC
Dans son point de presse du 23 février 2024, le Président de la République n’y est pas allé par 4 chemins déclarant lui-même, je cite : « la justice de notre pays est malade » ; ceci veut seulement dire que la justice pose problème, soit par ses décisions rendues soit par son organisation.
Notre inquiétude est que par la note circulaire N°002/MME/CAB/ME/MIN/J&GS/2024 du 13 mars 2024 relative a la levée du moratoire sur l’exécution de la peine de mort en RD Congo, suite à une décision prise en conseil des ministres, le gouvernement vient de donner à cette même justice malade, le droit de tuer.
Nous ne pensons pas qu’en l’espace d’1 mois net, la justice malade ait été » guérie » de sa maladie jugée chronique au point de garantir les Congolais qu’elle prendra désormais des décisions justes sur leur vie.
Par ailleurs, la Constitution de notre pays, en son article 16 disposant que: » La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger ». Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique ainsi qu’au libre développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit d’autrui et des bonnes mœurs…Nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant… « , la levée du moratoire serait une énième violation de la Loi fondamentale de la RDC.
Il est vrai que notre pays traverse un moment difficile d’insécurité recrudescente, de trahisons de ses fils et filles, d’infiltrations, de vols et détournements de biens publics… mais il est aussi important de souligner que nous traversons un moment où la justice est souvent injuste. Il n’y a aucune garantie sur le bon déroulement de la justice jusqu’au prononcé du droit, et le cas de notre compatriote Okende Chérubin est flagrant.
L’important à ce jour serait de réorganiser la justice ou mieux de guérir la justice selon le diagnostic du président de la République.
A ce jour, le premier pas à faire était de rendre la confiance à la population vis-à-vis de la justice par l’amélioration des conditions de travail de nos magistrats, l’amélioration de leurs émoluments et aussi des auxiliaires de justice , de doter le pays d’un pouvoir judiciaire irréprochable et qui sécurise tous les citoyens congolais, avant de leur donner une arme chargée, l’exécution de la peine de mort. Autrement , il y a lieu de croire que le souci majeur de cette note circulaire est celle de faire taire les opposants politiques comme nous avons commencé à le voir en les écartant par voie de tricherie électorale.
La prison à vie à la quelle était muée la peine capitale est déjà une très bonne sanction pour tous ceux qui vont se compromettre vis-à-vis de l’Etat. Il est importait de donner plus de moyens à nos services de sécurité et aux magistrats pour traquer les délinquants pour les faire passer à la barre.
Ça serait un grand recul pour la RDC que s’ouvrir une voie qui risque d’amener les Congolais à revivre dans notre pays, la pénible histoire des Evariste KIMBA, Gérôme ANANY, Emmanuel BAMBA, Alexandre MAHAMBA de triste mémoire.
Théophile Mbemba, Président national de l’Alliance pour l’alternance et le progrès (AAP)