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Le premier chantier de Daniel Bumba : fixer les tarifs des transports en commun à Kinshasa
Le passif dont vient d’hériter Daniel Bumba à la tête de la ville de Kinshasa n’est vraiment pas heureux. Il se trouve en face de plusieurs défis à relever, les uns aussi délicats et importants que les autres. De l’indiscipline des chauffeurs à l’insécurité grandissante due au phénomène kuluna, en passant par l’insalubrité, le nouveau patron de l’Hôtel de ville a des choix cornéliens à opérer.
Vu l’importance capitale des déplacements que les Kinois sont obligés à parcourir chaque jour pour se rendre aux lieux de leurs d’activités et pour en venir,, il importe que le gouverneur Daniel Bumba commence par remettre l’ordre dans le secteur des transports où la délinquance des conducteurs surtout des bus et taxis-bus a dépassé les limites du tolérable. Outre le non-respect du code de la route qui est à la base des embouteillages indescriptibles observés dans nos routes et de maints accidents, ils se distinguent par la fixation anarchique des tarifs des itinéraires. Ils agissent selon leur bon vouloir, en complicité avec les inciviques connus sous l’appellation des chargeurs. Ils fixent les prix selon l’heure de la journée. Avant 6 heures, après, à partir de 12 h, avant 16 h et après, les prix varient. Dans ce désordre, ils opèrent avec le système dit de demi-terrain. Ce comportement inadmissible se passe sous les yeux et la barbe des agents de la police de circulation routière (PCR). Selon eux, le contrôle des prix et des itinéraires ne relève pas de leurs prérogatives.
Pour que cet incivisme des chauffeurs cesse, le nouveau gouvernement provincial de Kinshasa doit impérativement déterminer, par un arrêté du gouverneur, les tarifs des différents itinéraires. Cela ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Il faut un suivi en collaboration avec le commissariat provincial de la ville de Kinshasa.
À ce propos, il importe de rappeler qu’à l’époque d’André Kimbuta il ne se posait pas de soucis dans ce domaine. C’est le gouvernement provincial sortant qui s’est illustré par un laisser-aller que les chargeurs ont mis à profit pour se comporter comme dans une jungle. Pourtant la loi est dure mais c’est la loi. Le gouvernement provincial de Ngobila n’a pas du tout fait le suivi de la décision fixant les prix de transports en commun. À ce propos, il n’a pas fait preuve d’autorité. C’est pourquoi, l’UDPS Daniel Bumba est invité à se comporter autrement pour montrer qu’il sort d’une autre école.
Concernant l’insalubrité, la tâche du futur exécutif provincial est ardue tant il faut commencer d’abord par engager une forte campagne de changement de mentalités, car sans avoir franchi cette étape, il sera difficile de vaincre les mauvaises habitudes qui se sont installées dans l’esprit des Kinois. Un ancien président de ce pays a reconnu n’être pas parvenu à changer l’homme congolais. Le Kinois Bumba parviendra-t-il à réussir là où les autres ont échoué ? Ses millions d’administrés attendent voir ses actions avant de le juger. Mais pour réussir, il faut qu’il soit d’une fermeté à l’exemple du Sphinx de Limete dont il se réclame un des héritiers.
Un autre combat lié à l’insalubrité est relatif à l’évacuation des épaves des véhicules disséminés partout à travers la capitale. Depuis des lustres, les prédécesseurs de Daniel Bumba ont annoncé qu’ils redonneraient tant soit peu à la capitale rd congolaise sa physionomie d’antan, en la débarrassant notamment de toutes sortes d’immondices. Mais aucun d’eux n’y est parvenu. Ils ont laissé Kinshasa dans une crasse totale. Il est vrai qu’il faut beaucoup de sacrifices et de temps pour que Kinshasa redevienne Léopoldville ou Kin-la-belle. Mais avec beaucoup de bonne volonté et de rigueur dans la gestion, en 10 – 12 mois, on peut percevoir les premiers signes de la renaissance de Kinshasa.
Lutte contre les pollutions sonores
La capitale congolaise c’est aussi les pollutions sonores diurnes et nocturnes. En cette matière, les débits de boissons rivalisent d’ardeur avec les églises dites de réveil. Pourtant, il existe une loi qui pénalise les auteurs de cette infraction. Ici aussi, aucun suivi n’est fait ni par la justice ni par les services de l’ordre public. En conséquence, on assiste à des tintamarres du matin au soir et ce, au grand dam des enfants qui ne peuvent pas répéter leurs leçons après les cours et des malades qui sont privés de leur repos.
À ces maux, il faut ajouter l’envahissement de la voie publique par les vendeurs pirates et les dames qui ont installé les restaurants de fortune appelés « malewa ». Ces dernières causent d’énormes préjudices à la ville au regard des ordures qu’elles déversent sur la chaussée et dans les caniveaux.
Face à tous ces problèmes, le nouveau patron de l’Hôtel de ville se trouve devant des travaux d’Hercules. Il est appelé à fondamentalement innover la gestion de la ville pour sortir des sentiers battus. À défaut, les Kinois n’auront que des larmes pour pleurer comme avec les précédents dirigeants.
Muke MUKE