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« Le Cardinal n’a pas de tribu », dixit Augustin Kabuya
On craignait qu’il jette de l’huile sur le feu, lors de la matinée politique de l’UDPS hier mardi 3 août alors que les tensions ethniques étaient montées d’un cran à la suite de l’attaque de la résidence du cardinal Ambongo à Limete par des jeunes gens non autrement identifiés. Plus de peur que de mal, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, a déjoué tous les pronostics en livrant un message de paix, empreint de beaucoup de sagesse.
Devant les militants et cadres de l’UDPS, Augustin Kabuya a déclaré : « le cardinal n’a pas de tribu. Vous ne pouvez pas ternir l’image d’un cardinal de cette manière. Il est le cardinal de tous les Congolais. Nous avons été contre la position du cardinal, mais évoquer le problème sous l’angle tribal, c’est immoral. S’il y a des divergences de vues entre le cardinal et un Congolais, ce n’est pas de cette manière qu’il va vous applaudir « , a réagi le numéro 2 du parti de la 11ème rue du quartier résidentiel de Limete, rappelant que 90% des membres de l’UDPS sont catholiques.
Lors de cette manif, Augustin Kabuya a dénoncé des discours « à caractère ethno-tribal « déversés sur les réseaux sociaux par des personnes se réclamant proches du cardinal Fridolin Ambongo.
Depuis quelques jours, les relations ne sont plus au beau fixe entre les dirigeants de l’UDPS et ceux de l’Église catholique de la République démocratique du Congo. Sans présager la suite des événements, la réaction du Secrétaire général de l’UDPS tombe à point nommé. Ces propos auront le mérite de faire retomber la fièvre et calmer tant soit peu les esprits.
Car, dans ses précédentes sorties médiatiques, Augustin Kabuya n’avait pas ménagé l’archevêque métropolitain de Kinshasa qu’il accusait de rouler pour le leader de » Ensemble pour le République « , Moïse Katumbi Chapwe.
On rappelle qu’à la suite de ces propos d’Augustin Kabuya, le dimanche dernier, un groupe de jeunes surexcités non autrement identifiés a pris d’assaut la résidence du cardinal au Centre Lindonge à Limete, lançant des projectiles et proférant des injures au chef de l’église catholique de Kinshasa. Faits condamnés à l’unanimité par l’ensemble de la classe politique congolaise.
Si le parti présidentiel, par la voix de son SG, a démenti être derrière ces actes de violence, nombreux y ont vu un lien avec les dernières déclarations pyromanes du numéro 2 de l’UDPS. Au point que dans son point de presse le lundi 2 août, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) s’est dite consternée par les propos tenus par Augustin Kabuya, dans une vidéo partagée sur la toile le week-end dernier, à l’endroit du cardinal Fridolin Ambongo et son secrétaire général, l’abbé Donatien N’Shole.
Le désamour de l’UDPS à l’endroit de l’archevêque métropolitain de Kinshasa part du désaccord persistant entre l’aile CENCO – ECC et les 6 autres confessions religieuses sur la désignation du futur président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
La CENCO dit n’avoir rien contre l’un des candidats en lice, en l’occurrence Denis Kadima, qui aurait des compétences avérées en matières électorales. Mais les Catholiques et les Protestants émettraient des réserves simplement parce que son indépendance vis-à-vis du chef de l’Etat poserait problème à cause de sa proximité avec ce dernier.
En 2013, la CENCO avait désavoué feu Malumalu, un prêtre catholique, pour les mêmes raisons, semble-t-il.
Crispin BILE, stagiaire Ifasic et Didier KEBONGO