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Le CALCC et le MILAPRO menacent de regagner la rue
* »Tout porte à croire que le pouvoir en place est déterminé à faire fi de tous les appels aux réformes électorales consensuelles, pour des élections crédibles et apaisées en 2023″
Les laïcs catholiques et protestants menacent de regagner la rue dans les tout prochains jours. C’est du moins le message qui transparait de la déclaration conjointe de ces deux branches des confessions religieuses, diffusée hier dimanche 24 avril à Kinshasa.
Dans le communiqué de presse publié ce week-end, le Conseil de l’Apostolat des laïcs catholiques (CALCC) et le Ministère des laïcs protestants (MILAPRO) fustigent les dérives du Pouvoir qui vont croissantes au fur et à mesure qu’approche le délai des élections. Les deux plateformes se disent »profondément préoccupées par la situation du pays après les dernières revendications populaires de novembre 2021 ».
« Le pouvoir en place se distingue de plus en plus par une insensibilité telle, face aux cris de détresse de la population et à la précarité grandissante, mais aussi par des restrictions accrues des libertés, marquant ainsi un recul dangereux de la démocratie si chère payée en République Démocratique du Congo et la fragile cohésion nationale« , fustigent les signataires de la déclaration.
Non à l’instrumentalisation de la justice
D’après en effet Jean-Bosco Lalo Kpasha et Jeef Pambi Mabudiga, respectivement président du CALCC et Secrétaire national du MILAPRO, les laïcs catholiques et protestants de la République démocratique du Congo condamnent fermement »l’instrumentalisation de la justice pour museler toutes les voix dissidentes et emprisonner les non-alignés ».
Ils déplorent particulièrement »la répression sanglante, l’usage excessif et disproportionné de la force, l’usage des balles réelles qui ont causé des blessures graves et la destruction méchante du siège du parti politique ECIDE, lors de leur récente manifestation pacifique de sit-in devant le Palais du peuple le vendredi 22 avril 2022 à Kinshasa’‘.
Vivement une enquête indépendante
Dès lors, ‘‘le CALCC et le MILAPRO exigent l’ouverture d’une enquête indépendante pour établir les responsabilités et déférer devant la justice, les auteurs de ces violences gratuites ».
Déterminés à freiner cette dérive, les porte-étendards des laïcs catholiques et protestants appellent le peuple congolais, partout où il se trouve au pays et à l’étranger, »à la vigilance tous azimuts, à la mobilisation et à ne pas céder aux manœuvres dilatoires des politiques qui ne visent que leurs intérêts personnels, et à se tenir prêt à répondre à leur appel pour des manifestations publiques, en cas de persistance de la situation actuelle ».
Eviter d’endormir le peuple
Le MILAPRO et le CALCC informent, par ailleurs, le public »qu’ils procèdent dès à présent, aux consultations des forces sociales et politiques de la nation, pour les redynamiser et planifier les actions à entreprendre dans un avenir proche ».
De l’avis des signataires de cette déclaration conjointe, « tout porte à croire que le pouvoir en place est déterminé à faire fi de tous les appels aux réformes électorales consensuelles, pour des élections crédibles et apaisées en 2023 ».
Cette conviction prend en effet corps « après, selon eux, la modification à priori politiquement motivée de la Cour Constitutionnelle en violation de la Constitution et des lois pertinentes et, subséquemment, le passage en force par l’Assemblée Nationale dans le processus de mise en place des nouveaux membres de la CENI, au mépris total de la loi par elle-même votée, et malgré le chapelet des bonnes intentions miroité pour endormir le peuple« . Yves KALIKAT
