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La pression s’accroît, l’étau se resserre autour du Rwanda
Les jours à venir seront difficiles pour le régime de Kigali. Entre Européens, le consensus ne s’est pas dégagé le déblocage d’un nouvel appui financier à l’armée rwandaise pour son intervention à Cabo Delgado au Mozambique. Selon des sources, Bruxelles serait sur le point de d’infliger de nouvelles sanctions contre le régime de Kigali pour son soutien à la rébellion du M23.
Pour de nombreux observateurs, le gel de cette nouvelle aide militaire de 20 millions d’euros de l’Union européenne en faveur de Kigali est un signal sans ambiguïté au gouvernement rwandais. Un gouvernement accusé par les Nations unies et plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme de soutenir les rebelles du M-23 qui sévissent dans l’est du pays. Avec la suspension de l’aide de l’UE, c’est l’étau qui se resserre davantage autour de Kigali.
La requête formulée par Kigali visait à obtenir une deuxième enveloppe de 20 millions d’euros via la Facilité européenne pour la paix (FEP). Cette aide devait financer les unités de la Rwanda Defence Force (RDF) déployées depuis juillet 2021 pour combattre l’insurrection jihadiste dans le nord du Mozambique. Bien que soutenue ardemment par le Portugal et la France, cette nouvelle tranche d’aide n’est plus du goût de tous les Etats membres. A l’instar des Pays-Bas, l’Allemagne et la Suède, qui ont exprimé leurs réticences, insistant sur la nécessité de contreparties.
L’appui militaire de Paul Kagame à la rébellion du M23 dans l’est du pays ne passe pas inaperçu. Il est d’ailleurs constamment rappelé à haute et intelligible voix par nombre de diplomates. Le tout dernier rapport du groupe d’experts des Nations Unies, rendu public le 19 juin dernier, met en lumière la présence massive d’éléments de la RDF aux côtés des rebelles du M23. Face à ces informations, l’UE semble désormais émettre des réserves.
D’après des sources, le COAFR, dont l’unanimité est requise pour débloquer l’aide de 20 millions d’euros, a préféré reporter sine die son examen. Par ailleurs, les membres du COAFR ont convenu de la nécessité d’élargir les sanctions de l’UE contre les responsables rwandais impliqués dans la guerre menée par le M23. Jusqu’à présent, seul le capitaine Jean-Pierre Niragire, dit Gasasira, de la RDF, est visé par ces sanctions, en vigueur depuis juillet 2023. Les Européens doivent encore déterminer les noms des responsables supplémentaires susceptibles d’être ajoutés à cette liste.
Ce n’est pas tout. On note également un changement de cap côté américain qui, annonçant la trêve humanitaire a indexé expressément le Rwanda et non le M23.
Cette décision marque un tournant dans la politique européenne vis-à-vis du Rwanda, signalant une prise de position plus ferme face aux implications du régime rwandais dans les conflits régionaux.
Côté congolais, c’est la prudence. Les autorités du pays sont plus que déterminées à poursuivre des actions sur tous les fronts pour le retour de la paix, la condamnation du Rwanda pour les crimes internationaux commis en RDC et l’obtention des réparations aux victimes de cette agression criminelle.
FDA