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Interpellation du ministre Gisaro: les députés placés devant leur conscience
Suite à l’état de délabrement très avancé des infrastructures routières et du flou dans la gestion des fonds disponibilisés à cette fin par le trésor public, un député a adressé une question orale avec débat au ministre d’État, ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITPR), Alexis Gisaro.
C’est lors de la session de septembre 2024 que cet élu avait introduit sa question au bureau de la chambre basse du parlement. En principe, selon le règlement d’ordre intérieur de cette institution législative, ce point aurait dû être débattu quarante-huit heures après son dépôt au bureau de l’Assemblée nationale. Mais contre toute attente, les membres du bureau n’ont pas respecté le texte qui régit leur organe.
Vu que la dégradation des routes surtout dans la capitale devient de plus en plus préoccupante et constitue l’une des causes majeures des embouteillages monstres que connaît la population, le citoyen lambda pensait que ce point allait figurer en pôle place dans le calendrier de la session ordinaire en cours. Mais malheureusement, tel n’est pas le cas. Les membres du bureau ont apparemment l’intention de ne pas aligner, comme en septembre 2024, ce point à l’ordre du jour.
Ce comportement sent l’odeur de la complicité avec ce membre du gouvernement dans les soupçons de détournement qui pèsent sur lui. Sinon, comment comprendre que le speaker de l’Assemblée nationale et ses collègues du bureau tiennent à renvoyer cette question aux calendes grecques ?
Face à cette impasse vers laquelle nous mènent les têtes d’affiche de la chambre basse du parlement, les députés qui sont censés représenter et défendre les intérêts de la population, sont invités à prendre leurs responsabilités en main. La plénière se situe au-dessus du bureau. Cela veut dire que les élus ont le pouvoir de faire tomber ceux qu’ils ont choisis pour diriger leur organe. Dans un passé récent, nous avons vécu pareil scénario catastrophe. À moins que la majorité de la représentation nationale soit impliquée dans ce dossier qui sent le roussi à mille lieues.
L’interpellation des membres du bureau s’impose
Dans l’une de nos précédentes parutions, nous avons stigmatisé la léthargie de l’Assemblée nationale dont les plénières se tiennent à compte-gouttes. Comme pour répondre à notre critique, le bureau de cette institution a vite fait d’organiser une plénières au cours de laquelle le président Vital Kamerhe a avancé les raisons pour lesquelles l’Assemblée nationale ne se réunit pas régulièrement. Les frais de fonctionnement conséquents font défaut, a-t-il argué. Son argument a été balayé d’un revers de la main par le ministre des Finances.
Une importante institution nationale telle que l’Assemblée nationale, antre de notre démocratie, ne doit pas naviguer à vue comme c’est le cas actuellement. En conséquence, c’est l’ensemble de l’État qui est en danger. Il sied donc que, devoir de redevabilité oblige et pour respect à ceux qui les ont placés là où ils se trouvent, les députés puissent interpeller leur bureau pour savoir les raisons pour lesquelles la question orale avec débat adressée au ministre d’État, ministre des ITPR n’est pas à l’ordre du jour, alors que l’état des routes en RDC est catastrophique. En tout cas, le peuple congolais n’aimerait pas vivre un scandale à ce niveau de l’État comme ce fut il y a quelques années avec l’affaire de la minorisation des recettes de la Direction générale des impôts (DGI) dans laquelle étaient impliqués certains élus.
Muke MUKE