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Le Gouvernement a annoncé l’interdiction, à partir du 15 novembre 2026, de la navigation des baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents, les autres cours d’eau ainsi que les lacs.…
interdire les baleinières en bois sans alternative : le pari risqué de Jean-Pierre Bemba ?
Le Gouvernement a annoncé l’interdiction, à partir du 15 novembre 2026, de la navigation des baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents, les autres cours d’eau ainsi que les lacs.
Le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, justifie cette décision par la recrudescence des naufrages et des accidents mortels.
Si l’objectif affiché est de renforcer la sécurité des passagers et réduire les naufrages peut être compris, cette décision soulève toutefois une question majeure : comment assurer sa mise en œuvre dans les territoires où la baleinière en bois constitue pratiquement le principal moyen de transport des personnes et des marchandises ?
Dans plusieurs provinces, notamment dans l’espace du Kasaï, les voies fluviales jouent un rôle essentiel dans le déplacement des populations et l’acheminement des produits commerciaux. La question n’est donc pas seulement de savoir s’il faut interdire les embarcations jugées dangereuses, mais également de déterminer quelles alternatives concrètes à proposer aux commerçants, aux transporteurs et aux populations riveraines.
Le Gouvernement affirme avoir demandé à l’Onatra de déployer ses unités flottantes disponibles péniches métalliques, pousseurs et barges et de prioriser les axes connaissant les plus importants flux de passagers et de marchandises.
Mais une interrogation demeure : ces moyens sont-ils suffisamment nombreux et accessibles pour couvrir l’immense réseau fluvial du pays ?
Le problème pourrait également se poser sur le terrain du contrôle. La mesure prévoit l’implication de la Police et de la Force navale, avec la possibilité d’intercepter et de saisir les embarcations en infraction.
Entre impératif de sécurité et réalité socio-économique,
l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre la protection des vies humaines et la continuité du transport fluvial, particulièrement dans les zones enclavées.
Une interdiction sans période de transition suffisamment préparée pourrait, selon les observateurs, perturber le commerce local et la mobilité des populations. La réussite de cette réforme dépendra ainsi moins de l’annonce elle-même que de la capacité de l’État à fournir des alternatives fiables, accessibles et sécurisées.
La question qui se pose désormais à Kinshasa est simple : peut-on interdire un moyen de transport très utilisé sans avoir préalablement garanti une solution de remplacement à la hauteur des besoins du pays ?
Le débat mérite d’être posé, particulièrement dans les provinces où le fleuve, les rivières et les lacs constituent encore les principales voies de communication.
César IPOKA

