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François Beya enfin déféré devant la Cour militaire
* Des organisations de défense des droits de l’homme plaident pour qu’il lui soit réservé un procès juste et équitable.
Les dénonciations des organisations de défense des droits de l’homme ont finalement été entendues. L’ancien conseiller en matière de sécurité du chef de l’État, François Beya, a été déféré devant la Cour militaire, plus de trois mois après son arrestation. L’information est donnée par le « Collectif Free François Beya », un mouvement citoyen qui milite pour un procès équitable de ce haut responsable de la sécurité du pays. Cette organisation rapporte que François Beya a été déféré devant la Cour militaire par l’auditorat général des FARDC.
Maintenant que le parquet militaire a transféré le dossier auprès des juges de la Cour militaire, il appartient désormais à cette dernière juridiction de fixer l’affaire afin que l’opinion tant nationale qu’internationale sache précisément les faits pour lesquels le désormais ex-patron de la sécurité de Félix Tshisekedi a été arrêté et en somme de lui garantir un procès équitable.
Le collectif Free François Beya appelle la Cour militaire à réserver à François Beya Kasongo un procès équitable et juste, à l’image de l’Etat de droit cher au président de la RDC. Il met en garde contre toute influence politicienne sur cette affaire, d’où qu’elle vienne. Au regard des écrits du coordonnateur de ce mouvement citoyen, « Le collectif s’inquiète de l’instrumentalisation de la justice par les proches du président de la République et dénonce« . François Beya a été arrêté à son domicile le 5 février dernier alors que le président Tshisekedi se trouvait au sommet de l’Union africaine où il remettait la présidence de l’institution qu’il avait occupée pendant un an à son successeur, le Sénégalais Macky Sall.
Il sera retenu, deux mois durant, dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), sans le moindre mandat d’arrêt, pour une suspicion d’atteinte à la sûreté de l’État. Ce, avant d’être transféré au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), l’ex-prison centrale de Makala.
Plusieurs autres arrestations ont été annoncées par la suite dans les services de sécurité et parmi les hauts gradés de l’armée congolaise.
Finalement, seuls quatre de ses proches collaborateurs seront placés en détention quelques jours plus tard (son directeur de protocole et un de ses assistants, son secrétaire personnel et un garde du corps) et transférés le 4 avril à la prison militaire de Ndolo.
L’arrestation de ce « securocrate XXL » a suscité plusieurs réactions dans le pays. Des organisations de défense des droits de l’homme ont crié à une arrestation arbitraire. Le député national Claudel Lubaya, a pour sa part, dénoncé le non-respect de la Constitution congolaise qui, en son article 18, prévoit notamment que « toute personne arrêtée doit être immédiatement informée des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle… »
De l’exil au bercail
Ancien des services de sécurité sous le maréchal Mobutu, formé en partie en Israël, François Beya a connu quelques mois l’exil européen au début de l’ère de Laurent-Désiré Kabila (1997), avant de revenir au pays et de reprendre sa carrière dans la sécurité, comme directeur de cabinet de l’administrateur général des services de renseignement (ANR) Didier Nyembwe.
Il a été conseiller à la sécurité du vice-président de la République (1+4) Arthur Z’ahidi Ngoma, avant de décrocher le poste de directeur général adjoint, puis directeur général de la Direction générale de migration (DGM).
Vieux routier de l’espace congolais, François Beya a participé activement à la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Felix Tshisekedi en janvier 2019. Ce dernier va finalement le nommer conseiller spécial en matière de sécurité, poste qu’il conservera jusqu’à son arrestation. DON