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Eve Bazaiba : » Nos ressources ne sont pas des ornements pour les contempler «
* « Le fait que le monde s’agite au sujet de cette exploitation, prouve à suffisance ce que nous représentons pour l’humanité », renchérit Muyaya
Réagissant aux critiques des Ong environnementales, notamment Greenpeace, farouchement opposées à la vente des blocs pétroliers et gaziers, estimant que leur exploitation serait un désastre pour la biodiversité et le climat mondial, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Environnement et Développement durable, Eve Bazaiba, renvoie les pays pollueurs à leurs engagements non tenus, au lieu de condamner la RDC qui est résolument engagé vers le son développement socioéconomique. Elle a l’a dit fait cette au cours du briefing de presse organisé samedi 30 juillet, à Kinshasa, et animé conjointement par les ministres des Hydrocarbures, Didier Budimbu et Communication et Médias, Patrick Muyaya.
» En tant que ministre du Développement durable, j’ai une responsabilité, une rédevabilité envers le peuple congolais. Je ne pense pas que Greenpeace qui fustige l’exploitation de nos ressources ait une rédevabilité ou une quelconque responsabilité devant le peuple Congolais « , a déclaré la Vice-premier Ministre Eve Bazaïba.
La ministre de l’Environnement ne s’explique pas que l’on empêche le pays d’assurer la survie de sa population tout en ayant des ressources. » Nous sommes un gouvernement. Nous avons la responsabilité d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030. Sinon, nous serons qualifiés de gouvernement irresponsable. Nous avons des ressources mais sommes incapables d’aider la population à lutter contre la faim. Pourtant, gouverner c’est prévoir« , dit-elle.
Eve Bazaiba explique que ça fait 50 ans que le Gabon exploite le pétrole et cela soutient son économie. Pourtant, il n’a que 10% des forêts. « Nous sommes importateurs pendant que les prix sont fixés, et imposés au peuple « , s’indigne-t-elle.
» Nous attendons du G20 le respect de leurs engagements. La Communauté internationale et les pays pollueurs ont pris l’engagement il y a plus de dix ans, de contribuer en raison de 100 milliards chaque année. Aucun pays n’a respecté son engagement sur le climat et les services rendus par nos forêts valent plus que ça « , fait-elle savoir.
A l’heure où des organisations internationales se montrent hostiles au processus des appels d’offres pour les 30 blocs pétroliers et gaziers, Eve Bazaiba invite les pays pollueurs à faire preuve d’éthique. D’après la VPM de l’Environnement, l’Afrique dans son ensemble ne pollue qu’à 4%. Les 80% sont le fait des pays du G20.
« Nous appelons les partenaires internationaux de la RDC à accompagner le pays-solution au problème de changement climatique plutôt que de le condamner « , a-t-elle indiqué.
Elle a par ailleurs rassuré que les études ont été menées en amont par les scientifiques et experts avant le lancement de ces appels d’offres sur les blocs pétroliers et gaziers. » Je voudrais rassurer l’opinion que nous n’allons pas travailler en sauvage. Notre objectif est tout à fait compatible. Ces appels d’offres ne gêneront pas l’humanité. Notre souci c’est de protéger l’homme et l’environnement« , fait-elle valoir.
A la question de savoir si cette exploitation du pétrole ne viendra pas allonger la liste des minerais exploités au pays sans changer la vie de la population congolaise, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya a répondu en ces termes, je cite : » On n’a jamais véritablement exploité le pétrole ici, pourtant nous avons le graben Albertine et le Tanganyika pour ça. Et, pendant ce temps, nos populations doivent aller à l’école, être soignées et vivre dans de meilleures conditions. Le fait que le monde s’agite au sujet de cette exploitation, prouve à suffisance ce que nous représentons pour l’humanité « .
Le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu, embouche la même trompette, insistant sur le fait que l’exploitation de ces blocs pétroliers sera bénéfique à la population congolaise.
» C’est une question de survie. Ce pays doit changer. La population doit vivre mieux. Ça, c’est d’abord au niveau du pétrole avec mon ministère. En ce qui concerne l’agriculture, il y a également des réformes au niveau du ministère. Un travail est en train d’être fait. Ceci, pour sortir la population de la pauvreté. Nous avons lancé la vente aux enchères de nos blocs et allons suivre la procédure jusqu’au bout « , a-t-il indiqué.
Une pétition lancée au début du mois de juillet, signée par plus de 100.000 personnes, et remise le 25 juillet dernier par des militants de Greenpeace Afrique au cabinet du Président de la République, demandait au Chef de l’Etat Félix Tshisekedi de mettre fin à l’exploitation de nouveaux champs pétroliers et gaziers dans le pays.
Pour un projet qui vise à augmenter la production nationale des énergies fossiles et à améliorer les recettes de l’État, le pays a naturellement ignoré la prise de position de Greenpeace sur cette vente aux enchères et lancé, le jeudi 28 juillet dernier, les appels d’offres de 27 blocs pétroliers et 3 gaziers. Ceci, dans le souci d’améliorer les conditions de vie de la population.
La VPM Eve Bazaiba a rappelé dans la foulée que depuis la signature à Glasgow de l’accord entre la RDC et le fonds CAFI, par le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi et le Premier ministre britannique Boris Johnson, aucun décaissement n’a encore été fait. Cet accord prévoit le décaissement de 500 millions de dollars sur 5 ans, en faveur de la RDC pour financer la préservation de ses forêts. Didier KEBONGO