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Droits de l’homme : Kabuya sort l’artillerie lourde contre Kabila : « Qu’il réponde de son bilan ! »
Assassinats de journalistes, opération Likofi, violences politiques : le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS renvoie l’ancien président à son bilan. Une charge frontale qui ravive le bras de fer entre Joseph Kabila et le camp présidentiel.
La bataille politique entre Joseph Kabila et le pouvoir de Félix Tshisekedi prend un nouveau tournant. Samedi 10 octobre, à Limete, Augustin Kabuya a vivement répliqué aux critiques de l’ancien président sur la situation des droits de l’homme et la sécurité des journalistes en République démocratique du Congo. Pour le numéro un intérimaire de l’UDPS, Joseph Kabila ne peut dénoncer les atteintes aux libertés sans répondre aux controverses qui ont marqué ses années au pouvoir.
« Il n’est pas un modèle pour parler des droits de l’homme », a-t-il martelé, accusant son adversaire de vouloir réécrire l’histoire du pays et de chercher un repositionnement politique.
JOURNALISTES TUÉS, OPÉRATION LIKOFI...
Pour appuyer son réquisitoire, Augustin Kabuya a rappelé les assassinats des journalistes Bapuwa Muamba, tué le 8 juillet 2006, et Franck Ngikie, assassiné avec son épouse Hélène le 3 novembre 2005, laissant cinq orphelins.
Il a également dénoncé les violences liées à l’opération Likofi, menée contre les kuluna à Kinshasa, évoquant une cinquantaine de jeunes tués et 33 disparus. Il a enfin pointé les violences enregistrées entre 2015 et 2016 sous la présidence de Joseph Kabila.
« Il ne peut pas effacer l’histoire de tout un pays. Qu’il laisse les Congolais porter leurs problèmes », a lancé le dirigeant de l’UDPS.
Les chiffres avancés et les responsabilités évoquées appellent toutefois à être confrontés aux rapports documentés sur ces événements.
Dans sa contre-attaque, Augustin Kabuya a défendu le bilan de Félix Tshisekedi. Il a affirmé que des jeunes autrefois considérés comme des délinquants participent aujourd’hui à des initiatives de construction nationale.
« Les mêmes jeunes qu’il avait envoyés à la mort servent aujourd’hui le pays avec Félix Tshisekedi. Ils sont appelés aujourd’hui bâtisseurs », a-t-il déclaré.
Le responsable de l’UDPS a également mis en doute les motivations de Joseph Kabila, estimant que ses prises de parole viseraient à maintenir son existence politique.
« Pour son existence politique, il doit faire des bruits », a-t-il ironisé, avant de conclure : « Son discours est un non-événement parce que nous savons ce qu’il a fait dans son régime. »
Cette passe d’armes relance le débat sur le bilan des gouvernances successives en matière de droits humains et de liberté de la presse. Au-delà des invectives, une question demeure : qui peut prétendre défendre les libertés sans accepter que son propre bilan soit soumis au même examen ?
Jérémie ASOKO