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Chercheurs et institutions médicales se mobilisent pour la prise en charge des virus respiratoires
Réunis le week-end dernier dans l’amphithéâtre de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), des chercheurs et des représentants des institutions médicales de Kinshasa ont échangé sur l’émergence des virus respiratoires et sur le risque pandémique en République démocratique du Congo. La journée de réflexion organisée à cet effet a permis de faire le point sur la prise en charge efficace des pathologies liées aux infections respiratoires.
Une cinquantaine environ, les participants ont consacré la journée du vendredi 17 avril à mettre à jour leurs connaissances sur les données techniques disponibles à ce jour à l’échelle continentale. Les différents intervenants qui se sont succédé sur le podium se sont attelés à analyser les leçons des pandémies passées, à évaluer les risques d’émergence de nouvelles pandémies respiratoires et à renforcer les stratégies de préparation et de réponse.
Les panélistes sont partis d’un constat : «Les virus respiratoires ont été à l’origine de plusieurs pandémies qui ont profondément marqué l’histoire de la santé mondiale. De la grippe espagnole de 1918, qui a causé des dizaines de millions de décès, aux pandémies plus récentes, telles que celle liée au virus de la grippe A(HIN1) en 2009 et la pandémie de covid-19 en 2019, ces agents pathogènes ont démontré leur capacité à émerger, à se propager rapidement et à perturber les systèmes sanitaires économiques et sociaux à l’échelle mondiale».
6 millions d’enfants affectés
A ce jour, les experts s’accordent à reconnaitre que de nouvelles pandémies d’origine respiratoire sont inévitables. Ce, au regard de l’intensification des interactions entre les humains, les animaux et l’environnement, combinée à l’évolution génétique constante des virus. Ce qui favorise l’émergence de nouveaux agents pathogènes potentiellement dangereux.
Aux dires de Dr Fabrice Mambu, chercheur congolais qui intervenait depuis le Japon, les risques de contamination sont devenus plus denses dans des zones à forte démographie, amplifiés par les comportements et les habitudes alimentaires. A ce jour, environ 6 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent des infections respiratoires aigües, atteste-t-il faisant plus allusion à la RDC, au Niger, au Kenya… et à l’Ouganda.
Remédier à l’insuffisance des données
En général, s’accorde nombre de chercheurs, l’Afrique fait face à une insuffisance de données épidémiologiques et virologiques sur les infections respiratoires, ainsi qu’à des systèmes de surveillance encore limités. Ce qui réduit la capacité de détection précoce et de réponse rapide face aux menaces émergentes.
Intervenant à ce propos, Dr Justus Nsio, Directeur pays d’Africa CDC en RDC, a soutenu que des effors sont présentement menés pour aider le continent à être plus résilient et plus indépendant dans la prise en charge des épidémies. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’en 2025, 45% de recherches dans le domaine de la santé ont été élaborées par des Africains grâce à Africa CDC, assure-t-il.
Nécessité des fonds de recherche
«En République démocratique du Congo, malgré l’existence des laboratoires et de programmes de surveillance des infections respiratoires, les activités sont souvent menées avec des moyens techniques, logistiques et financières limités. Ce qui peut affecter des dispositifs de surveillance», atteste le Professeur Stève Ahuka, le Coordonnateur national de la Plateforme de recherche internationale en santé mondiale en RDC (PRISME) et président du comité d’organisation de la journée.
Le Professeur Ahuka a profité de l’occasion pour lancer un appel aux autorités du pays afin qu’elles se mobilisent pour apporter un appui financier à la lutte contre les infections respiratoires. Un plaidoyer que soutient le Professeur Jean-Jacques Muyembe, Directeur de l’INRB, qui a participé activement à cette journée scientifique, organisée grâce au concours de l’INRB, de PRISME et du Laboratoire des Virus émergents (LVE).
Yves KALIKAT