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Budget 2025 : Revoir à la hausse le budget du ministère du Développement rural pour réduire l’exode rural
La cheffe du gouvernement, Mme Judith Suminwa Tuluka, vient de donner des assurances au speaker de l’Assemblée nationale sur le dépôt à temps du projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2025. Cette nouvelle a été saluée avec beaucoup d’enthousiasme par plusieurs Congolais qui voient là une certaine avancée dans la gouvernance du pays. Adieu donc la période où le gouvernement s’acquittait de cette obligation pourtant constitutionnelle au forcing.
Des fois, il a été organisé des sessions extraordinaires au mois de janvier, parce que les députés, distraits par d’autres sujets non moins importants, n’ont pas été en mesure de voter le budget durant toute la session de septembre.
Dans cette ambiance obscure, il est arrivé que les élus nationaux exigent des prébendes pour voter le projet de budget, signe de vote de confiance du gouvernement.
Tout en félicitant l’équipe Suminwa dans le cas où elle respecterait son engagement, les citoyens lambda se posent la question de savoir si cette fois-ci le gouvernement a prévu une allocution appropriée au secteur du développement rural.
Car, il sied de reconnaître que tant que les milieux ruraux continuent à vivre dans des conditions de précarité telles que c’est le cas aujourd’hui, nous ne pouvons nullement envisager le développement de l’ensemble du pays.
À ce propos, il est important de souligner que, selon l’Accord de Maputo (Mozambique) auquel la RDC a librement souscrit, chaque pays africain devrait réserver au moins 10% de son budget national au secteur du développement rural et agriculture. Malheureusement, les différents gouvernements antérieurs à celui de Suminwa ne se sont jamais alignés sur cette exigence. Grave encore est le fait que, quand bien même ce pourcentage n’a jamais été atteint, la modique part du budget allouée à ce domaine capital de la vie nationale, n’a jamais été effectivement et entièrement décaissée.
À peine a-t-on atteint les 5%. Donc, tant que pareille pratique se poursuit avec la relégation au second plan d’un secteur porteur des richesses, le mot développement ne sera que leurre pour notre pays.
Tenir compte des préoccupations principales de la population
Les députés qui votent les lois notamment celle des finances (budget) ne doivent pas perdre de vue les priorités à privilégier dans cet exercice qu’ils font. À ce propos, nous nous attarderons sur trois axes qui constituent les principaux piliers de la promotion des milieux ruraux. Il s’agit des routes de desserte agricole, de l’hydraulique rurale avec les forages et l’habitat rural.
Il existe au ministère du Développement rural l’Office des voies de desserte agricole (OVDA) dont la mission est l’entretien et /ou la construction des voies destinées à faciliter l’évacuation des produits agricoles de leurs centres de production vers les agglomérations de consommation.
Faute de moyens financiers et matériels substantiels, cet office qui a succédé à l’ex-Direction des voies de desserte agricole (DVDA) ne remplit pas correctement ses prérogatives. La conséquence se fait voir à travers le délabrement total des routes d’intérêt local, destinées à faciliter l’évacuation des produits agricoles de consommation courante. Dans pareilles circonstances, comment la RDC peut-elle assurer la sécurité alimentaire à sa population ?
Consommer l’eau potable et dormir dans des conditions décentes
Au sein du ministère du Développement rural, il existe aussi l’Office d’hydraulique rurale (ONHR). Il a remplacé l’ex Service national d’hydraulique rurale (SNHR). Comme son nom l’indique, son rôle est de construire les forages d’eau pour permettre aux paysans de s’approvisionner en eau potable, pour éviter les maladies d’origine hydrique.
Comme l’OVDA, cet office ne fonctionne pratiquement pas pour les mêmes motifs. Pourtant, il dispose des directions provinciales et des antennes à travers tout le territoire national.
Cette absence préjudiciable de l’ONHR sur le terrain a favorisé l’implantation des forages par les privés fortunés. À Kinshasa, ce système commence à prendre de l’ampleur pour suppléer au déficit de la Regideso. Étant donné que les fortunés ne se trouvent pas partout, la conséquence est que dans plusieurs coins du pays, les populations recourent aux sources et aux eaux de pluies, avec tous les risques possibles sur leur santé.
Un autre service important est l’habitat rural. Le Service national d’habitat rural (SENHARU) a été créé pour mettre en place un modèle d’habitation moderne permettant aux populations des milieux ruraux de vivre dans des conditions décentes et non dans les bivouacs comme c’est le cas de nos jours.
À ce propos, si nous nous référons aux cas des maisons autrefois appelées maisons de fonds d’avance qui ont été construites par les colons, et qui ont disparu avec l’usure du temps, nous nous rendrons compte que si le ministère du Développement rural disposait de tous les moyens nécessaires pour faire fonctionner en plein régime tous ses services, nos milieux ruraux n’auraient pas été désertés suite à l’exode massif dû à la précarité des conditions de vie dans l’arrière-pays.
Muke MUKE