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Bombardement meurtrier du camp des déplacés de Mungunga : les États-Unis accusent le Rwanda qui nie
Les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Rwanda ne sont plus au beau fixe après une attaque meurtrière du camp de déplacés de Mugunga à Goma chef-lieu du Nord-Kivu par les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda. Les États-Unis ont accusé le Rwanda d’être à l’origine de ce bombardement, une accusation rejetée catégoriquement par Kigali.
Dans un communiqué officiel publié le vendredi 03 mai courant, le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, a condamné vivement l’attaque perpétrée par les forces armées rwandaises et le mouvement rebelle M23, qui a entraîné la mort d’au moins trente-trois personnes et a blessé 33 autres, pour la plupart des femmes et enfants.
«Les États-Unis condamnent fortement l’attaque (…) des positions des forces armées du Rwanda et du M23 sur le camp pour personnes déplacées de Mugunga», a déclaré Matthew Miller, porte-parole du département d’État américain.
Les États-Unis se disent également préoccupés par l’avancée récente des forces armées rwandaises et du M23 dans l’est de la RDC, qui a entraîné le déplacement de plus de 2,5 millions de personnes.
«Nous sommes gravement préoccupés par la récente expansion des FDR et du M23 dans l’est de la RDC, qui a contribué au déplacement de plus de 2,5 millions de personnes, et appelons les deux parties à respecter les droits de l’homme et à adhérer aux obligations applicables en vertu du droit international humanitaire», ont-ils écrit.
Les États-Unis et la République démocratique du Congo ont depuis longtemps affirmé que le M23 bénéficiait du soutien du Rwanda. Cependant, l’accusation directe portée par Washington contre Kigali est une nouveauté. Le communiqué souligne également l’importance du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque État.
«Il est essentiel que tous les États respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun et tiennent pour responsables tous les acteurs des violations des droits humains commises dans le conflit dans l’est de la RDC», a martelé Washington.
En réponse à cette accusation, le gouvernement rwandais a, dans un communiqué, nié son implication comme il en a l’habitude. Il exige une enquête au pays de Joe Biden afin d’identifier les responsables.
«La tentative du Département d’État américain, dans sa déclaration du 4 mai 2024, de rejeter immédiatement et sans enquête la faute sur le Rwanda pour les pertes en vies humaines dans les camps de personnes déplacées, est injustifiée. Le Rwanda n’assumera pas la responsabilité du bombardement des camps de personnes déplacées autour de Goma. Une enquête et une vérification crédibles doivent d’abord être menées afin d’établir ce qui s’est réellement passé», a-t-il protesté.
Ces dernières accusations et contre-accusations ont exacerbé les tensions entre Washington et Kigali. La situation sécuritaire dans l’est de la RDC reste préoccupante, avec des affrontements entre différents groupes armés et des milliers de personnes déplacées. La communauté internationale appelle à une résolution pacifique de la situation et à un dialogue entre les parties concernées.
Tim MAMPUYA