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APRES L’HORREUR DE LA PRISON DE MAKALA : Moïse Moni Della plaide pour la libération de Mike Mukebayi et Jean Marc Kabund
Ancien prisonnier de Makala, Moïse Moni Della lance un cri de cœur au lendemain du massacre qui a fait 129 morts dans cette prison centrale de Kinshasa. Un message qu’il lâche au moment où la stupeur règne dans la ville et où des réactions d’indignation et de condamnation fusent de partout. Président de Conservateurs de la nature et démocrates (CONADE) – son parti politique d’opposition – et coordonnateur de la Ligue internationale pour la défense des prisonniers (LIDEP), cet habitué de l’établissement pénitentiaire de Kinshasa a décidé de sortir du silence.
En effet, c’est dans les années 80 qu’il a été arrêté et transféré à la prison centrale de Makala pour la première fois. Pendant la dictature du maréchal Mobutu, encore étudiant, Moïse Moni Della est alors l’un des porte-étendards de la jeunesse qui anime le parti de l’opposition UDPS, alors en clandestinité et dont les leaders sont en relégation aux quatre coins du pays.
Il est arrêté et envoyé à la prison de Makala où il se retrouve avec plusieurs têtes couronnées du combat de l’UDPS tels que Omer Kamba, futur gouverneur du Kasaï Oriental ; Gilbert Kankonde, qui sera le vice-Premier ministre honoraire de l’Intérieur sous Félix Tshisekedi ; l’ancien directeur de cabinet du président Kibassa Maliba, Matthieu Mulaja ; ou encore l’un des meneurs de la Direction politique rénovée de l’UDPS, Joseph Sita.
Moïse Moni Della a connu également la détention dans divers cachots des services de sécurité et de la police nationale, avant de retourner à la prison centrale de Makala pendant les régimes de Laurent-Désiré Kabila comme de Joseph Kabila. C’est donc une personne qui maîtrise bien les conditions carcérales de ce que le journaliste Stanis Bujakera appelle »l’antichambre de l’enfer ». C’est donc cet homme qui a décidé de donner de la voix après le carnage qui a fait 129 morts à Makala.
J’exige…
« …J’exige, doit-il, une enquête internationale au nom de la Ligue internationale pour la défense des prisonniers (LiDEP), que je coordonne. En attendant les résultats de l’enquête, le gouvernement, par l’entremise du ministère de la Justice, doit prendre exceptionnellement des mesures humanitaires pour améliorer les conditions et libérer plusieurs prisonniers qui sont mentalement et psychologiquement sous le choc, suite à l’hécatombe qu’ils ont vécu. Je pense particulièrement aux prisonniers politiques que sont Mike Mukebayi et Jean Marc Kabund« .
Le coordonnateur de la LIDEP justifie sa demande par le fait qu’il s’agit de personnes dont on ne peut craindre la fuite. « Ancien pensionnaire de cette prison à plusieurs reprises, j’essaie de m’imaginer ce que ça veut dire qu’être prisonnier dans cette prison aux conditions habituellement catastrophiques, et se retrouver sans courant électrique, sans eau pour boire, se laver et pour les toilettes, sans nourriture, et avec des visites interdites. C’est terrible comme tableau« , a-t-il déclaré à Finance-cd.com.
C’est pour ces raisons que Moïse Moni Della lance ce cri de cœur, dans l’espoir d’être entendu par ceux qui tiennent les rênes du pouvoir.
FDA