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Après dix mois d’emprisonnement : Salomon Kalonda quitte enfin la prison
* La Cour militaire a accordé une liberté provisoire au conseiller de Moïse Katumbi pour des raisons médicales.
La cour militaire de Kinshasa vient enfin d’accorder la liberté provisoire à Salomon Kalonda, le conseiller spécial de l’opposant Moïse Katumbi. La nouvelle a été annoncée hier mercredi 27 mars lors de l’audience tenue à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa.
La liberté provisoire accordée à SK Della intervient après plusieurs demandes reformulées. Notamment à travers des plaidoyers de ses avocats et des défenseurs des droits de l’homme qui ont brandi la détérioration de la santé du prévenu, incarcéré depuis près de dix mois.
La liberté provisoire a été accordée pour des raisons humanitaires, dans le but de permettre à Salomon Kalonda, député provincial du Maniema, de recevoir des soins médicaux appropriés, conformément aux recommandations médicales.
une liberte conditionnee
Après plusieurs demandes de mise en liberté provisoire rejetées auparavant, la cour a finalement répondu favorablement aux plaidoyers en faveur de la santé de Kalonda. «Ce que je peux vous dire, c’est que nous avons réussi à démontrer que M. Salomon Kalonda était malade. Après avoir fait cette démonstration, la Cour a finalement accédé à notre demande.
« La liberté provisoire est toujours assortie de plusieurs conditions, par exemple, pour sortir du territoire, il doit en informer la juridiction qui lui a accordé la liberté provisoire et se présenter chaque fois que la justice aura besoin de lui», a fait savoir Maître Laurent Onyemba lors de «Spaces», une fonctionnalité permettant d’avoir des conversations audio en direct sur le réseau social X.
Motif d’accusation
Salomon Kalonda est poursuivi pour «intelligence avec l’ennemi» et deux autres chefs d’accusation : détention illégale d’arme et incitation des militaires.
Lors de son arrestation, les autorités l’accusaient notamment d’entretenir des contacts avec la rébellion du M23 et le Rwanda dans le but de renverser le régime. L’auditorat général a finalement écarté l’accusation de port d’armes illégal.
Un procès de la honte ?
Depuis, ses avocats contestaient avec force la légalité de la procédure, pointant du doigt des irrégularités. Ils dénonçaient un «procès de la honte» motivé par des raisons politiques. L’état de santé préoccupant de M. Kalonda, confirmé par plusieurs médecins, semble avoir fait fléchir la Cour militaire.
Cette libération, même provisoire, marque potentiellement un tournant dans cette affaire qui était dénoncée comme « politique » par la défense. En effet, M.Kalonda est un proche de Moïse Katumbi, figure de proue de l’opposition au président Tshisekedi. Son arrestation en mai dernier, alors qu’il s’apprêtait à regagner Lubumbashi, après un court séjour dans la capitale congolaise, était largement perçue comme une manœuvre visant à affaiblir Katumbi.
Cette mesure est un pas en avant, offrant un certain soulagement à ses partisans et à ceux qui ont appelé à sa libération. Cependant, il est important de noter que la liberté provisoire ne signifie pas l’abandon des charges pesant sur le prévenu. Christian-Timothée MAMPUYA