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Goma: L’OIM à la recherche des fonds d’urgence pour répondre à la crise humanitaire
Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction hier lundi 3 février, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) est profondément préoccupée par les centaines de milliers de civils déplacés ces derniers jours à Goma, dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Une recrudescence des affrontements et de la violence au cours des derniers jours a forcé les populations - dont certaines avaient déjà été déplacées - quitter leurs maisons, fait remarquer son organisation internationale. Le plan actuel de réponse aux besoins humanitaires de la RDC pour 2025 fait appel à 2,5 milliards d’USD, dont au moins 50 millions d’USD sont nécessaires d’urgence en raison de cette nouvelle vague de déplacements, afin d’augmenter l’aide humanitaire vitale et d’éviter de nouvelles souffrances, évoque l’OIM. Compte tenu de l’ampleur de la crise, l’OIM appelle à une réponse globale dans les secteurs de l’humanitaire, du développement et de la paix, en renforçant les partenariats et en plaçant les communautés au centre des interventions, poursuit-elle. C’est ainsi que l’OIM lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle prenne conscience de l’ampleur de la crise et qu’elle apporte une réponse aux besoins humanitaires des personnes déplacées."Des millions de personnes ont déjà été déplacées à cause des années de conflit dans l’Est de la RDC, et les besoins humanitaires sont énormes. Avec la recrudescence alarmante des affrontements, une situation déjà désastreuse s’aggrave rapidement», a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l’OIM.
«L’OIM se joint à l’appel du Secrétaire général des Nations Unies pour une cessation immédiate des hostilités et un accès humanitaire total, afin que nous puissions rapidement intensifier notre réponse et faire en sorte que l’aide vitale parvienne à ceux qui en ont besoin».
Par ailleurs, plusieurs sites de déplacement, y compris à la périphérie de Goma, où plus de 300.000 personnes déplacées ont trouvé refuge, ont été partiellement ou complètement vidés par les familles fuyant les combats. Les personnes déplacées ont un besoin urgent d’abris, de nourriture, d’eau potable, d’assistance médicale et de services de protection pour les femmes et les enfants. Les produits essentiels tels que les couvertures, les nattes et les ustensiles de cuisine font également l’objet d’une forte demande, souligne la source.
L’OIM apporte son soutien aux communautés déplacées et hôtes de Goma et des environs en fournissant des abris d’urgence, de l’eau, des services d’assainissement et d’hygiène, des services de coordination et de gestion des camps, et en surveillant les mouvements de population par le biais de sa matrice de suivi des déplacements.
Cependant, l’Organisation et d’autres partenaires humanitaires s’efforcent de répondre aux besoins urgents des communautés déplacées dans un contexte d’insécurité et de financement limité. L’escalade de la violence a forcé l’OIM et d’autres organisations humanitaires à suspendre leurs opérations dans les zones les plus touchées, coupant ainsi l’aide vitale à des milliers de personnes.
Sans accès humanitaire immédiat et sans financement supplémentaire, les efforts de réponse seront paralysés. À la fin de l’année 2024, seuls 51% du plan de réponse humanitaire 2024 avaient été financés pour répondre au conflit prolongé, martèle la source.
Pour rappel, le 23 janvier, des affrontements intenses ont éclaté entre le groupe armé M23 et les forces gouvernementales à Goma et dans la ville voisine de Sake, ainsi que dans des villes du Sud-Kivu telles que Minova. Les combats se sont déroulés près des camps densément peuplés abritant des dizaines de milliers de personnes déplacées, dont des femmes et des enfants.
Mathy Musau