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Ba trop sur bafaza mokate". Cette phrase n'est pas du lingala pur, mais plutôt du lingala argotique. Ce que le langage populaire des habitants de Kinshasa surnomment le "kindoubill" ou l'argot de Kinshasa mélangé à des expressions typiques.
Un langage caractérisé par…
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Denis Mukwege appelle à isoler Kigali après les sanctions américaines
Le ton est grave. Dans une déclaration rendue publique hier mardi 3 mars, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege salue les sanctions américaines visant quatre responsables rwandais et les Forces de défense rwandaises, tout en avertissant : ce n’est qu’un début.
«Nous aspirons à ce que la décision de Washington contribue à une modification du rapport de force sur le terrain. Ces sanctions du Trésor américain sont nécessaires mais non suffisantes», déclare-t-il ce mardi 3 mars, appelant à aller au-delà des gestes symboliques.
Pour le médecin congolais, la crise qui ensanglante l’Est de la République démocratique du Congo ne se résoudra pas par des mesures isolées. Il plaide pour un sursaut collectif et coordonné : reconsidérer les relations diplomatiques avec Kigali et mettre en place des sanctions internationales pour «isoler politiquement, diplomatiquement et économiquement le régime agresseur».
Au cœur de son argumentaire : l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, la fin du soutien au M23 et le démantèlement des administrations parallèles installées dans les zones occupées.
«Tant que ces injonctions resteront lettre morte, la spirale de violence se poursuivra», avertit Denis Mukwege, rappelant que la crédibilité du droit international est en jeu.
Au-delà des sanctions américaines, le Nobel congolais appelle à la formation d’un véritable front diplomatique mondial, capable d’envoyer à Kigali un message clair : l’impunité ne peut plus être la règle.
Dans une région meurtrie depuis des décennies, sa voix résonne comme un appel à la responsabilité collective. Non seulement pour protéger la souveraineté congolaise, mais surtout pour rendre justice aux populations civiles, premières victimes d’un conflit qui semble sans fin.
Jérémie ASOKO