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À Davos, Félix Tshisekedi appelle à un partenariat minier équitable, et tourné vers l'avenir
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a lancé un appel en faveur d'un nouveau modèle de partenariat minier fondé sur l'équité, la responsabilité et la prospérité partagée. C'était lors de l'Afrique à la 56ème réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, organisée du 19 au 23 janvier autour du thème "Un esprit de dialogue".
Invité d'honneur à cette grand-messe économique mondiale, le chef de l'État congolais a plaidé pour une refondation des partenariats internationaux dans le secteur des minerais stratégiques.
Intervenant lors de la session consacrée au " Partenariat stratégique sur les minerais et investissements ", Félix Tshisekedi a rappelé que la transition énergétique mondiale ne saurait réussir sans une responsabilité collective, une équité réelle dans la chaîne de valeur et un engagement durable de tous les acteurs.
"J'appelle ainsi nos partenaires internationaux à travailler avec nous dans un cadre de collaboration fondé sur des partenariats mutuellement bénéfiques, respectueux de la souveraineté des États et porteurs de prospérité partagée afin de construire une chaîne de valeur minérale plus juste, plus durable et tournée vers l'avenir des générations futures", a-t-il plaidé.
Selon lui, la RDC entend désormais jouer un rôle central, non plus comme simple fournisseur de matières premières, mais comme acteur stratégique à part entière.
"L'Afrique n'attend plus seulement d'être entendue, elle est prête à bâtir. La République Démocratique du Congo est ouverte à ceux qui voient loin et acceptent de prendre des risques avec elle. Ensemble, transformons le défi minéral en un levier de prospérité universelle", complète-t-il.
Le président congolais a insisté sur la nécessité de bâtir des chaînes d'approvisionnement fiables, éthiques et responsables, fondées sur la diversification des sources et l'investissement dans la découverte de nouveaux gisements.
Pour Félix Tshisekedi, la sécurité des marchés mondiaux dépend directement de la robustesse et de la pluralité des approvisionnements, en particulier dans un contexte de forte demande en minerais critiques.
Au-delà de l'extraction, le chef de l'État a mis l'accent sur l'impératif de la transformation locale des ressources. Il a estimé que le temps de l'extraction pure est révolu et que la sécurité énergétique ne peut être dissociée de la sécurité économique.
Abordant la question de l'innovation financière et industrielle, le président de la RDC a souligné l'urgence de dépasser les modèles classiques pour attirer des capitaux à long terme, capables de soutenir des projets structurants et des corridors de développement industriel. Il a, à cette occasion, lancé un appel appuyé aux partenaires internationaux à s'engager dans des collaborations fondées sur des partenariats mutuellement bénéfiques, respectueux de la souveraineté des États et porteurs de prospérité partagée.
Cet appel survient quelques semaines après la conclusion, à Washington, d'un accord de partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis. Destiné à soutenir l'industrialisation du pays, à sécuriser l'approvisionnement en minerais critiques et à promouvoir le développement d'infrastructures majeures, cet accord ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de la classe sociopolitique congolaise. Tandis que le gouvernement y voit un renforcement de la confiance entre Kinshasa et Washington, certaines voix, dont celle de l'archevêque de Lubumbashi, Fulgence Muteba Mugalu, dénoncent ce qu'elles qualifient de bradage des intérêts nationaux.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO