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CPI : les victimes congolaises appellent à préserver les acquis judiciaires malgré les turbulences au sein du parquet
Les turbulences qui secouent actuellement la Cour pénale internationale (CPI) commencent à susciter des réactions en République démocratique du Congo, particulièrement parmi les organisations qui accompagnent les victimes des crimes relevant de la compétence de cette juridiction internationale.
L'Association nationale des victimes du Congo (ANVC) a réagi hier mardi 28 juillet 2026 aux récents développements intervenus au sein du bureau du procureur de la CPI, après la perte de confiance exprimée par plusieurs États membres à l'endroit du procureur Karim Khan.
Pour cette organisation de défense des victimes, cette situation institutionnelle ne devrait pas avoir pour conséquence de ralentir ou d'interrompre les procédures judiciaires déjà engagées devant la Cour. L'ANVC estime que les avancées obtenues dans certains dossiers doivent être maintenues afin de garantir la continuité du travail judiciaire engagé depuis plusieurs années.
" Au regard des avancées significatives enregistrées dans certains dossiers et conformément au principe de continuité des institutions, l'ANVC demeure opérationnelle et disponible à poursuivre sa collaboration avec la Cour pénale internationale ", a déclaré la Coordonnatrice nationale de l'organisation.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulier pour la CPI, appelée à assurer la continuité de ses activités alors que le bureau du procureur traverse une période de transition. Pour les organisations représentant les victimes, l'enjeu principal reste la poursuite des enquêtes et le traitement des affaires liées aux crimes graves, notamment celles concernant les victimes congolaises.
L'ANVC rappelle que la coopération entre la RDC et la CPI s'inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs années. Le pays avait saisi cette juridiction internationale au début des années 2000, notamment pour des crimes commis dans l'est du territoire du pays. Plusieurs procédures ont depuis été ouvertes et ont abouti à des condamnations, même si certaines affaires restent encore en cours d'examen.
Au-delà de la situation interne à la CPI, les associations de victimes congolaises considèrent que la stabilité de cette institution demeure essentielle pour garantir l'accès à la justice aux personnes affectées par les violences et les violations graves des droits humains.
L'ANVC souhaite ainsi voir le prochain responsable du parquet de la CPI poursuivre les démarches engagées, afin que les enquêtes en cours et les dossiers déjà transmis à la Cour puissent aboutir dans des délais raisonnables.
Pour cette organisation, le maintien de la coopération entre les institutions congolaises, les victimes et la justice internationale constitue un élément important dans la lutte contre l'impunité et dans le renforcement de l'État de droit en République démocratique du Congo.
Félix MULUMBA